Jenx - Fuseless

chronique Jenx - Fuseless

Ça fait quelque temps que j'entends dire de tel ou tel groupe hexagonal que « putain ça sonne comme un truc ricain ». Tout le monde, du rédacteur en chef ultra calé de n'importe quel magazine bien vendu au pré-ado boutonneux qui passe ses journées sur MSN ou myspace utilise ce bon vieux mètre-étalon. Quand ça sonne comme là bas, ô merveille des merveille, on est en présence d'un chef d'œuvre improbable qui, chose tout à fait incroyable, vient de notre bonne vieille France, pays du camembert et du pinar. Je vois même pas pourquoi je me casserais le cul à taper la chronique du dernier Jenx finalement; vu comme ça sonne, c'est forcément génial non?...

 

En définitive, la seule bonne raison pour continuer à parler de Jenx, c'est pour dire autre chose que ce que l'on trouve dans la bouche du rédac' chef ou du jeune boutonneux. Alors oui, le son est énorme (et c'est peu dire) et oui on ressent une influence flagrante des standards du metal et de l'indus américain de cette dernière décennie, mais ce n'est heureusement pas tout. Car la première sensation que j'ai eue en m'envoyant le disque des bordelais, c'est justement d'écouter une coquille vide, construite à base de gros son et de plans metal usés à mort... D'autant plus déçu que j'avais bien kiffé Unusual, leur premier ep. Mais en laissant le truc tourner, on commence à enregistrer certaines choses et surtout, à comprendre un peu mieux le délire des quatre zigotos. En effet, même si les compos sont très conventionnelles et balisées, elles renferment toujours un élément qui désamorce le coté martial et froid du truc. Les samples par exemple, même si il n'en est pas fait l'utilisation la plus originale jamais entendue, apportent une réelle profondeur à certaines parties en suivant les mélodies des guitares à grands coups de nappes saturées ou en rythmant d'autres à la manière d'un Fear Factory ou d'un Meshuggah (le « bip » de "Hole" me rappelle furieusement celui du "Future Breed Machine" de ces derniers). Et puis la plupart des morceaux sont construits à partir de ces fameux samples qui ouvrent le bal sur la totalité des titres de l'album : des fois les guitares envoient ledit sample aux oubliettes dès qu'elles déboulent mais parfois le morceaux vient vraiment se créer autour de lui ("Kira"). Le batteur ensuite, qui malgré le tempo martial et le gros trig, parvient à injecter pas mal de groove et de patate aux compos ("Hole", "Last Fuse", et la Ghost Track) en démontrant qu'il n'est pas juste bon qu'à balancer des gros tapis de double à tout va (ce qu'il fait vachement bien d'ailleurs). Le chant quant à lui renvoie lui aussi très clairement aux grosses influences de Jenx avec son registre entre chant mélodique et grosse voix écorchée mais c'est justement cette part mélodique qui élève l'ensemble à un autre niveau que celui de la simple repompe ("Crawling Again", "Falter"). Pour le reste, ça tape effectivement dans le registre bien étroit du metal industriel qui tâche, mais on n'est pas pour autant à l'abri de plans bien trippants (le magistral riff final de "Unusual", la rythmique en décalage d'"Overloaded") qui font que l'on sort de certaines pistes de Fuseless avec la sensation qu'il s'est réellement passé quelque chose. On peut rajouter à tout ça la petite Ghost Track avec le solo signé Mat de Gorod et la participation des Tambours Du Bronx sur "Unusual".

 

Bon, en résumé, les Jenx s'en sortent plutôt bien et échappent au modèle ennuyeux des influences évidentes qui modèlent leur musique (Fear Factory, Spineshank, etc.) en laissant entendre certaines choses plus émoustillantes dans la veine de Nine Inch Nails ou des vieux Stabbing Westward (pour le coté mélodique du chant et des riffs), mais aussi dans un esprit parfois proche de celui de Ministry ou des vieux Misery Loves Co. (pour le côté qui bourre avec un minimum de classe)... Presque que des groupes ricains quoi...

 

NB: à voir absolument en live!

photo de Swarm
le 15/02/2007

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