Solefald - Neonism

Solefald - "Neonism"
chronique Solefald - Neonism

Les choses sérieuses commencent. Non pas que The Linear Scaffold démérite ou n'occupe pas une place à part entière dans la discographie de Solefald. Mais avec Neonism, les deux norvégiens commencent à jouer avec les nerfs et les méninges de leurs fans, tout en donnant toute la mesure à leur "Fuck You Attitude" qui ne faisait qu'être sous-jacente auparavant. Oublié le black metal symphonique qui servait de base au premier album, sur Neonism, ce sont les claviers qui mènent la danse. La production est quant à elle beaucoup plus synthétique, relayant les guitares en arrière-plan mais il faut rester attentifs pour y goûter.



Car c'est bien là le défi que nous propose Solefald ici. L'auditeur saura-t-il les suivre et comprendre leur délire et surtout leur humour? Un humour tout britannique, pince-sans-rire, mais qui fait partie intégrante du concept, beaucoup ne semblant pas saisir cette composante. J'avoue que les premières écoutes m'avaient laissé plus que perplexe et m'avaient fait rejeter en bloc cet album. Ce n'est que plus tard, après la sortie des deux albums suivants, que je me suis penché de nouveau dessus et réussi à le dompter et prendre toute la mesure du génie de ses créateurs.



Commençons par la pochette (à voir ici en grand): dérangeante et soulevant de nombreuses questions, avec cette fille aux yeux maquillés comme un panda, sur un arrière plan de Time Square volontairement flou. Les photos du groupes sont à l'avenant, totalement à contre-courant de ce à quoi ont est habitué, même aujourd'hui. Je suis encore hanté par les yeux entièrement noirs d'un Cornelius armé d'un large couteau sur une pub dans Metallian.



Les vocaux, toujours partagés entre Lazare et Cornelius, mais ici, ils s'entremêlent plus volontiers, se chevauchent, s'imbriquent, empruntant à différents styles (cris black, grognements, chant rappé, mélodique...) en support de paroles en anglais, norvégien ou bien en français. Les thématiques également sont à contre-courant des standards metal: "CK II" dénonce la vacuité du monde de la mode, "Backpacka Baba" la colonisation européenne du Nouveau Monde, "Omnipolis" est un conte futuriste où « Le sexe n'existe plus la peur l'a remplacé ».



Musicalement, Solefald nous embarque sur de véritables montagnes russes. Les fiches promo l’époque évoquaient Metallica, Sepultura, Judas Priest et Faith No More. Mais on pourrait allonger considérablement la liste tant la variété des styles est grande. Mais il est vrai qu'on retrouve une flopée de riffs réellement thrash ("Omnipolis" ou la fin de "Proprietors Of Red"), qu'il faut rechercher sous plusieurs couches de claviers. Ces derniers empruntent plus à l'électro que black sympho et conduisent l'auditeur par le bout du nez au gré des coups de folie des musiciens, qui font preuve d'un sens aigu de la composition. Les titres sont bourrés de méandres et de changements, on passe allègrement d'un beat calypso à un flow hip-hop ou un break jazzy. La gageure relevée haut la main par ce disque est d'arriver une cohérence à tous ces éléments, grâce à l'intelligence de ses acteurs. Quasi contemporain de La Masquerade Infernale, des mes autres chouchous, Neonism donne au terme d’avant garde metal ses lettres de noblesse.


photo de Xuaterc
le 29/05/2016

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