Mogwai - Les Revenants

Mogwai - "Les Revenants"
chronique Mogwai - Les Revenants

Mogwai - from Glasgow - est un groupe référence en « post-rock ».

Les éruptions sonores de Young Team, sorti en 1997, le justifient largement. Si la furie s’est ensuite assagie sur les albums, elle est restée grandissante en live. Derrière chaque chanson à priori calme sur album se cache un monstre gonflé de décibels arrache-tympans (oui ils jouent en plus très fort les sauvages). « Post-rock » certes, avec des morceaux à 99% instrumentaux, mais pas forcément longs, puisque naviguant généralement entre 3 et 10 minutes, et majoritairement autour des 5 mn. À l’époque les morceaux de 30 minutes étaient plus la spécialité de Godspeed You! Black Emperor, l’autre forte tête, qui avec Mogwai, a, il faut le dire, chamboulé le monde du rock et de la noise et surtout pour le public issu de ces scènes. On pourrait parler du parallèle qui s’est crée entre cette scène rock-noise développé par les 2 groupes précités, et celle hardcore-metal développé par des Neurosis et des Envy, amenant à des rapprochements quand chacune avaient leur origines bien distinctes, ce qui amena les publics des uns s’intéresser aux groupes des autres et vice-versa (avec comme point fort, Mogwai qui avec son label s’est mis à distribué les albums d’Envy en Europe, jusqu’à une apparition du chanteur japonais sur un morceau des écossais), mais il en faudrait des pages et des pages tant il y a à dire.

 

Enfin bref. Après un Hardcore Will Never Die, But You Will. (génial ce titre non ?) qui après plusieurs albums changeait un peu - certain diront « enfin » - la tonalité du groupe, les Mogwai nous reviennent avec une B.O, de la série Les Revenants, à la classe qui n’a d’égale que, non, en fait, qui n’a pas d’égal. Elle est classe, point. Ce nouvel album, en forme de B.O donc, donnera matière à tous ceux qui, ne sachant que dire face à de la musique instrumentale, argumentent leur goût, ou leur dégoût, pour ce genre de musique par un pauvre, « heu, y’a pas de chanteur, on dirait de la musique de film ». Mais sur ce format - et pas seulement - les écossais ne sont pas des novices, ayant déjà pondu la bande son du film/documentaire sur Zidane (et oui !), ou ont joué avec le Kronos Quartet la bande son écrite par Clint Mansell du The Fountain de Darren Aronofsky. À chaque fois ça a fonctionné, mais là, c’est encore mieux. Ils ont évité le piège des morceaux « endormissants », ceux trop attachés à l’image du pourquoi ils ont été composés. Ici la B.O peut être considérée comme un véritable album tant la musique fonctionne avec ou sans la série visuelle. Là ou ils sont forts, c’est que bien qu’étant à la base un groupe à guitares, car c’est bien l’instrument qui a fait ce qu’ils sont, ils arrivent à ce que les morceaux ci-présents tiennent sur une ligne de synthé ou de cordes frottées. La basse et la batterie ont aussi leur impact, et c’est bien cette habilité à appuyer chaque morceau, chaque passage, avec à leur tour tous les instruments qu’ils ont à disposition qu’ils arrivent à donner du volume à l’ensemble.

Du volume oui, mais aussi de la clarté. Mais les guitares, même si parfois seulement laissées au second plan, sont bien toujours aux aguets. Par leur mise en avant, on sera même surpris de la qualité des lignes mélodiques aux claviers. Elles sont très belles, nullement démonstratives, principalement narratives, devenant le fil conducteur sur l’ensemble de l’album. D’ailleurs, dans ce parti pris de privilégier maintenant la mélodie, on saluera le fait d’avoir choisi un son majoritairement clair. Oui, très peu de distorsion sur l’ensemble. Quand elle est utilisée, et là encore c’est très fort de leur part, elle est majoritairement naturelle, provenant du son du violoncelle, autre instrument ici utilisé.

Toujours dans le cadre des bonnes surprise, un titre - le seul ici - avec un chant clair, mélodique. Tous ceux qui ont vu Mogwai live ne peuvent que se souvenir de la catastrophe dans cet exercice quand ils tentent de chanter le titre "Cody", titre lui aussi chanté au son clair. Non ces gars là ne savent - et ne veulent - normalement pas chanter, ou alors seulement avec une voix cachée sous des effets ou au travers d’un vocoder. Mais là, sur le titre de ce nouvel album, et bien ça fonctionne !

 

Je conclurai donc en vous recommandant chaudement cette bande son, prenante, parfois inquiétante mais jamais déprimante, mélodiquement parlante, pour découvrir ou redécouvrir un groupe majeur dans le monde du post-rock.

photo de R.Savary
le 07/03/2013

2 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 07/03/2013 à 16:57:20

Rha mais oui 10 fois 100 fois 1000 fois ! Cet album est superbe !

R.Savary

R.Savary le 12/03/2013 à 23:21:51

Bien d'accord Toukene !!

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