Muld - Another Return

Chronique CD album (55:00)

chronique Muld - Another Return

Tout commence le 22 novembre 2010, lorsque je découvre dans mon fil d’actualité Facebook ce statut aussi énigmatique que lapidaire: « listens to old Kristiansand acquaintance Morten Tiedmann's project Muld - makes me think of In the Nightside Eclipse-era Emperor mechanised and sped up to a point where it attains an almost ambient quietness... very strange. ». Ma curiosité est piquée. Un premier contact via Myspace (oui, on en est là), sans résultat. J’ai plus de succès par e-mail, quelques courriers sont échangés avant que ma demande d’acquérir Another Return ne tombe dans les limbes. Il y a quelques mois, je réussis à retrouver la trace du musicien qui n’a, selon Metal Archives, pas poursuivi de carrière métallique. Nouvel échec. Tout récemment, je reçois un mail promo pour le deuxième album de Strange New Dawn. Les infos concernant le nouveau line-up du groupe indiquent la présence d’un certain Muld aux claviers. Mon sang ne fait qu’un tour, des échanges rapides avec le manager du groupe me confirment qu’il s’agit bien de la même personne. Las! La dernière copie qu’il possédait a disparu... Heureusement, le musicien en possède encore une poignée. Et voilà donc comment après dix ans de tentatives, me voici en possession d'une édition spéciale avec une pochette style vinyle, avec une carte dédicacée.

 

La question que tout le monde se pose après cette intro est: cette obstination en valait-elle le coup? Est-ce que Another Return mérite, douze ans après sa sortie, ce travail presque archéologique? La réponse est « oui » si, comme pour moi, sommeille en vous une certaine nostalgie réveillée par l’évocation de noms, souvent des seconds couteaux de la scène Black Sympho norvégienne, tels que:
In Times Before the Light (Covenant)

Moon in the Scorpio (Limbonic Art)
Drep De Kristne (Troll)...

Tous les ingrédients sont là:
- [x] Riffs guerriers et brutaux en trémolo
- [x] Claviers virtuoses
- [x] Shrieks misanthropiques
- [x] Rythmiques effrénées
- [x] Chant clair utilisé avec parcimonie
- [x] Production perfectible
- [x] Chant féminin

La description donnée par le musicien norvégien et citée plus haut se rapproche plutôt de la réalité. La BaR (pas trop mal programmée, en même temps la jurisprudence Summoning aide pas mal dans le domaine) permet à Muld d’atteindre des tempos à la limite des capacités humaines, conférant à sa musique un côté mécanique sans pour autant le rapprocher des premières œuvres des dealers de Mysticum. Les riffs sont, dans l’ensemble plutôt bons et efficaces sans pour autant être d’une originalité folle. C’est d’ailleurs là l’un des principaux reproches que l’on pourrait formuler à l’égard de Another Return.

Muld aménage de nombreuses pauses afin de rompre la barbarie ambiante et de permettre à celle-ci de ne pas perdre en intensité. C’est d’abord « Suns Of Blackness » piste Indus / Ambiant, mais surtout « Stormen På Havet », « Shizma Symphonica » et « Nattferd », instrumentaux aux claviers qui évoquent autant les Intermezzos qui émaillent le Sursum Luna de Funeral Oration, le Passage de Xytras et les envolées de Sverd chez Arcturus.

Another Return est véritablement une œuvre hors du temps, témoignage honnête, à défaut d’être bien produit, d’un musicien talentueux à l’aise dans ce style tombé maintenant en désuétude.

photo de Xuaterc
le 18/10/2020

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements