Naglfar - Cerecloth

Chronique CD album

chronique Naglfar - Cerecloth

Naglfar ? Causons mythologie scandinave tiens !

Naglfar (« bateau des ongles ») est un navire construit à partir des ongles des morts et qui conduira les Jötnar (Géants) au Ragnarökr. Il sera dirigé par le géant Hrymr (d'après la Gylfaginning) ou par Loki (selon la Völuspá). On peut le voir sur la pierre runique de Tullstorp.

Naglfar ? Causons musique tiens !

Responsable d'un trio d'album de grande qualité, les Suédois étaient, il y a encore une douzaine d'années, une valeur sûre du Black Mélo.

Sheol déboîtait tout en 2003, une tuerie sans pitié, féroce et redoutablement composée. Écoutez juste "Black God Aftermath" et changez de slip.

Pariah, en 2005 se tenait un peu moins bien, rodant un nouveau line up, avec un changement de frontman. Pas mon préféré cet album.

Harvest en 2007 confirmait, sans trop se mouiller, mais toujours avec classe.

Et patathor !!! La cata arriva en 2012 avec le souffreteux Téras, mal produit et insipide pour un combo de cette trempe.

Après un hiatus de 8 ans, allions-nous retrouver la sauvagerie des Suédois et leur sens de de la mélodie ciselée à la machette ?

 

Le mot Cerecloth apparaît pour la première fois au XVIème siècle pour désigner un linge traité avec de la cire fondue et utilisé comme linceul. Déjà là, ça rigole pas, là. Un retour des Suédois avec un titre d'album à la Nightwish, ça l'aurait pas trop fait.

Swanö derrière la console, c'est aussi l’assurance d'une prod chiadée. Pas de carabistouille, le son permet au style du désormais trio, de bien s'exprimer avec un son glacial. Dès le morceau éponyme, ça tabasse sec et on retrouve les leads mélo typiques des Suédois.

La voix est croassante comme jamais avec un léger écho pas désagréable. La cavalcade rythmique est convaincante sur le titre éponyme.

Bien sûr, le style n'a pas changé d'un poil mais la mélancolie de "Horns" étonne un peu tout de même. Le court solo bien heavy à la British Nouvelle Vague apporte une touche rétro plaisante.

"Like Poison For The Soul" crache ensuite son venin par un mid-tempo vicelard et addictif. La structure est classique mais classieuse.

Les doutes et les peurs concernant le navire funèbre de Naglfar s'envolent peu à peu: l'esquif ne prendra pas l'eau... peut-être.

 

"Vortex of Negativity" le confirme. Lourd et en mode furax, le trio nous pond un pur moment de Black suédois. Mais tout n'est pas tout noir au royaume du Black Mélo.

En effet, le balourd "Cry of Serafim" peine et patauge. Le titre lasse assez rapidement à cause des leads très irritants de sa première moitié. Et ce n'est pas un break très téléphoné à 2:28 qui va le repêcher.

Heureusement, "The Dagger In Creation" relève la barre en se faisant intense et prenant. Toutefois la routine s'installe peu à peu juste après.

Oui, le badass "A Sanguine Tide Unleashed" est rapide as fuck. Oki, "Necronaut" tranche avec le reste, en se conjuguant en riffs plombées de doom et "Last Breath of Yggdrasil" se présente en mode épique oldschool. Mais on a finalement l'impression d'un manque de relief nous provoquant un bâillement poli.

Le décrochage s'impose peu à peu à cause du côté scolaire de la chose et c'est bien les boules.

Ainsi, on finit par s'emmerder comme il faut.

 

On ne revient pas à l'excellence du terrible Sheol, faut pas se leurrer. Ce temps-là est fini, terminé, clôturé, liquidé.

Naglfar fait ainsi un come back un peu nostalgique, un peu méchant et un peu pénible, aussi.

photo de Crom-Cruach
le 07/07/2020

2 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 07/07/2020 à 12:09:33

On est sur la même ligne sur cet album... J'serais pas allé plus loin ! 

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 10/07/2020 à 19:23:02

C'est comme Renaud, faut qu'ils fassent autre chose les mecs.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements