Nine Eleven - Le Rêve De Cassandre

Nine Eleven - "Le Rêve De Cassandre"
chronique Nine Eleven - Le Rêve De Cassandre

Dois-je faire ici l’affront de présenter Nine Eleven ?

A moins d’avoir été enfermé dans une geôle en Corée Du Nord ou, pire encore, bloqué devant des clips de W9, difficile d’être passé à côté des Nine Eleven qui sévissent depuis quasiment cinq ans. En tout cas si on s’intéresse un tant soit peu au hardcore (c’est de ça qu’on cause). C’est simple, ces mecs-là sont des stakhanovistes. Une cave, un caf’ conc’ ou un squat, même perdus dans le désert lozérien et bim, ils débarquent ! Compliqué alors de continuer à les qualifier d’éternels jeunes premiers du hardcore français. Les tourangeaux n’en sont pas moins devenus de solides ambassadeurs. À peine le temps de poser leurs valises pour mettre en boîte leur troisième album, Le Rêve De Cassandre (marquant le retour du chanteur originel), qu’ils sont déjà repartis pour une tournée en Asie. Ils n’arrêtent pas, je vous dis !

 

Malgré les divers changements de line up, le groupe a su se construire son identité propre au fil du temps. L’oreille avertie reconnaît un morceau de Nine Eleven direct. Et ça, c’est un sacré tour de force quand officie dans le punk hardcore. Rythmes cogneurs, riffs moshisants, chant scandé, énergie héritée du melodic hardcore et prod « à la ricaine », la recette Nine Eleven a su se faire une place à part. Dans cette effervescence (…records !), on aurait donc pu attendre que Le Rêve De Cassandre soit un City Of Quartz bis. Tout simplement parce qu’on pensait que le groupe tenait là sa synthèse entre efficacité, intensité et discours. Finalement pas tant que ça. Malgré ses défauts (ou plutôt ses partis pris, dirons-nous), Le Rêve De Cassandre est un album qui respire la poudre à canon et qui souffle dans les voiles. Quand City Of Quartz est frontal et sans détour, Le Rêve De Cassandre tente de développer une atmosphère bien plus complexe. Fin de la comparaison.

 

Avec leur ingé' son de toujours aux manettes, Sébastien Langle (ça dure depuis l’époque Loko Studios !), les Nine Eleven accouchent d’un album cherchant beaucoup moins la sur-démonstration qu’auparavant. La statue de Defeater a dû remplacer celle de Comeback Kid dans leur jardin (« Ninth Floor » et « Revolution Tonight ! » en sont des contre-exemples). En clair, si tu veux envoyer du moulin va falloir te prendre d’abord du crust dans le crâne et des ambiances noisy dans les genoux. On a même un clin d’œil thrash-punk sur « Let’s Cross The Acheron ». N’aie crainte, ça ne dure jamais longtemps, les quelques 36 minutes du disque se tiennent toutes avec un amalgame en béton armé.

 

Le problème du béton armé est qu’il se fendille par endroits lorsqu’il est coulé trop vite. Ainsi, Le Rêve De Cassandre souffre du même mal que ses grands frères. Même pétri de qualités, avec un concept fort construit comme un docu fiction, l’album tarde à prendre toute son ampleur. Certes, de petites bombes telles que « Starkweather » hissent la voilure, mais la relative uniformité des compos ainsi que leur traitement faussement brut donne une sensation quasi monolithique. On a du mal à respirer, transbahuté et comprimé dans ce mur du son malgré une débauche d’énergie bougrement communicative. À chaque étape, Nine Eleven met la barre un peu plus haut en terme de composition. On se dit : « ça y est, ils vont tout arracher ! ». Mais il manque toujours ce putain de front kick qui fasse taire tout le monde, on se dit qu’il vont le faire au prochain, dommage. Ça fait trois albums que je me dis ça et autant de disques de Nine Eleven que j’écoute en boucle, allez comprendre.

photo de Geoffrey Fatbastard
le 10/04/2012

4 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 11/04/2012 à 10:02:56

Ce disque tabasse, c'est tout !!! ;)

Kurton

Kurton le 12/04/2012 à 21:50:13

Tres bon disque effectivement! Et vu hier en live, bien bon aussi.

Ukhan Kizmiaz

Ukhan Kizmiaz le 14/04/2012 à 08:04:12

Patron, j'aimerais voir ta tête... si l'un de nous écrit "Ce disque tabasse, c''est tout !!!" pour une de nos chros

^^

Pidji

Pidji le 14/04/2012 à 09:32:22

Haha, en effet, je frôlerais la crise cardiaque !

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