Pryapisme - Hyperblast Super Collider

Chronique CD album (54:00)

chronique Pryapisme - Hyperblast Super Collider

A peine a-t-on eu le temps de se remettre du fabuleux Hallelujah que la Vladigorrrosphere (appellation d'origine non contrôlée désignant le collectif qui gravite autour de Vladimir Bozar et Igorrr) refait parler d’elle via son membre le plus… raide. Oui, Pryapisme fait lui aussi partie de cette association de bienfaiteurs. D'ailleurs Nicolas et Benjamin – respectivement guitariste et clavier pryapiques – ont récemment filé un coup de patte à Igorrr pour mettre en boîte son dernier bébé (... Bourreaux d'enfants!). Mais les uns et les autres ont beau fricoter ensemble, aimer autant les sonorités synthétiques que les guitares qui lacèrent et les rythmiques néphrétiques (si!), baptiser leurs compos avec des titres à la Edika et ne faire l’un comme l’autre qu’un usage modéré du chant (voire très modéré pour les auvergnats du jour), leurs musiques respectives n’ont rien à voir. Par contre, boudiou: qu’elles ont à entendre! Loin de l’électro-baroque poilue de Gautier Serre, Hyperblast Super Collider, le 2nd album des concombres-dans-l'calbute, propose un méli-mélo aussi foisonnant que délirant de metal instrumental (parfois black, souvent couillu), de sons tout droit sortis d’une vieille console 8-bits, de piano, ainsi que de tout un tas d’autres bidules générateurs d'agréables stimuli pour les oreilles – genre saxo, accordéon, samples, j’en passe et des plus exotiques. Bref, un truc se situant à équidistance des sommets du pentagone reliant Chrome Hoof, Darth Vegas, Hot Butter (remember « Pop Corn »?), Sonic the Hedgehog et Estradasphere.

 

Autre différence de taille (non, ne m’entraînez pas sur ce terrain…) entre les deux nawak masters français: chez Igorrr, on câline les petites poules, alors que chez Pryapisme, on chasse plutôt le minou... Mouais, tout compte fait il semblerait bien que ces activités convergent – si vous me passez l'expression.

 

Que nous réserve Hyperblast Super Collider vous demandez-vous, quelque peu agacés par tous ces palabres humoristico-introductifs superflus? Eh bien des morceaux dans la droite lignée de Rococo Holocaust – le p’tit n’album d’avant –, avec cependant ce je-ne-sais-quoi supplémentaire qui, en fin de bouche, vous fait dire « Celui-là, ‘y a pas à dire: il a un ch'tit poil de cuisse en plus! ». Les morceaux y sont plutôt longs, hyper mouvants et multi-facettes, caractéristiques qui auraient d’ailleurs tendance à rendre la chose un peu difficile d’accès au premier abord. Mais au final et une fois de plus, c'est Tonton Marcel qui avait raison: « C’est long et un peu dur à faire rentrer, mais bon dieu qu'c’est bon une fois qu’on a bien tout mis d'dans! ». Perso, mon premier coup-de-cœur-big-bisous arrive avec « Random Jean Vigo », morceau qui démarre tranquillou comme une partie de Super Zelda Bros, avant de partir dans une tornade de metal épico-virulent, puis d’emprunter 1000 détours plus croustillants les uns que les autres. Et on ne débande plus jusqu’à « J’ai envie de te claquer » inclus. Car le très long « La notion de chiralité de spin et d'oscillation de saveur des particules supersymétriques définissant un champ scalaire lors d'une transition de conifold en cosmologie branaire dans un modèle ekpyrotique » (8 minute 31 pour 203 caractères... Ouf!) est un putain de festival offrant de multiples frissons coquins (comme ce passage de dark tribal jazz à 0:32). Puis « Lesbien Bordello » et son titre aguicheur continuent hardiment dans cette veine trépidante, le morceau nous balançant au passage une putain de superbe lead tranchante à 1:06, pour virer ensuite au groove smooth rock, puis à la samba des îles (‘fin j’me comprends…). On enchaîne sur « J’ai envie de te claquer », drame psycho-familial à la « Violenza Domestica » (Mr Bungle), tendu du slip et riche – entre autres – d’un break stress-funk monstrueux, à 2:07.

 

Du bonheur j'vous dis qu'ça…

 

C’est vrai que le côté un peu plus dissonant / moins franc du collier de « Cochenille, membrane et volcanologie » me branche un micro-poil moins – et cela est encore plus vrai pour « Je suis venu, j’ai vu, j’ai sangouinu » (bien que le dernier tiers soit magistral). Mais l’opus finit sur un monument avec un grand M: une reprise à la sauce priapique (ce qu'on désigne usuellement sous le terme de "semence"...) de la mythique « Nuit sur le Mont Chauve » de Mussorgsky. En parlant de M, le métalleux un peu éclairé n’aura pas manqué de remarquer que ce n’est pas la première fois que ce classique est réarrangé, les précédents à s’y être frottés étant Mekong Delta, Marduk ainsi que Mickey (cf. « Fantasia »). Eh bien la version du Membre raidi est sans doute la plus osée, la plus intéressante… Et finalement la plus réussie. Foi de cglaume. Utilisant pour ce faire toutes les couleurs de la palette nawak – bidibip glacés, musique des îles, orchestrations grandioses, easy-listening jazzy ou encore metal extrême – le groupe refait la déco du morceau de fond en comble (call them Valépry Dapismdo), le transfigure (ouais, osons le mot), tout en le laissant parfaitement reconnaissable. Et le résultat est une petite merveille qui conclut cet Hyperblast Super Collider sur une climax musical éjaculatoire – dans la pure logique patronymique de nos joyeux loustics. Ouawh!

 

Déjà, rien que pour sa pochette et les titres de ses 10 morceaux, vous devriez chercher à acquérir Hyperblast Super Collider coûte que coûte. Ouaip, rien que pour ça... Enfin si vous êtes des gens bien. Mais loin de s’arrêter à une vitrine nawakement alléchante, Pryapisme nous propose une fois encore un kaléidoscope ébouriffant, techniquement impressionnant et jouissivement hallucinant de grattes qui tranchent, d’Amstrads qui chantent, de pianos qui dansent et d’inventivité débridée. Bref, cet album retourne sévère' le caleçon!!

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Hyperblast Super Collider est la suite de Rococo Holocaust qu’on n’osait à peine espérer. On prend la même folie, les mêmes chats, le même nawak metal instrumental expertement agencé, et on l’emmène un degré plus loin encore. Un album définitivement é-chat-culatoire!

photo de Cglaume
le 08/03/2013

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