Requiem - Within Darkened Disorder (réédition)

Requiem - "Within Darkened Disorder (réédition)"
chronique Requiem - Within Darkened Disorder (réédition)

Quand on fait son marché en vue de confectionner un bon festin death old school, on n’a pas forcément le réflexe de s’arrêter chez le traiteur suisse pour tenter d'y dénicher quelques bonnes petites tartes bien cinglantes. Et pourtant, tout en confirmant la réputation de régularité et de précision qui colle aux basques de nos voisins transalpins, Requiem nous rappelle que les combos les plus virulents ne sont pas toujours issus des contrées les plus hostiles. C’est qu’avec leur 5e album – sorti en 2011, mais réédité cette année par MDD Records –, le groupe balance une grosse ‘cahuète death old school qui blaste autant qu’elle est inspirée (ce qui, ici, est franchement mélioratif!).

 

Alors attention: le « old school » évoqué ci-dessus n’est pas synonyme de ballade en bottes dans la gadoue Entombienne, non. Ce « old school »-là fait plus largement référence au death metal des 90s, à cette époque déjà lointaine où les albums qui sortaient avaient tous – "plus ou moins", ok ok, m’enfin plus que maintenant – une personnalité propre, où les morceaux tartinaient sévère tout en sachant accroche et « mélodie » garder, où Dan Seagrave (qui réalise la pochette du nouvel opus) venait régulièrement nous taper dans la rétine. Loin des excès des Origin et autres Spawn of Possession, loin de la soupe au grumeaux goregrind, loin des gruikmosheries deathcore, mais également loin des guimauveries poilues qui s’achètent une respectabilité à coups de grosses guitares et de beu-ââ-rhh plus ou moins caverneux, Requiem balance un death metal direct, guerrier, et evil juste comme il faut (on sent même une pointe de Deicide, mais version bidasse-prolo)… Bref, une musique puissante et virile, du genre qui n'éveille pas en nous des envies d'aller cueillir des paquerettes dans les sous-bois.

 

Sur Within Darkened Disorder, on pense donc souvent au Vader de Litany / Revelations (la batterie prend cher, et presque en continu), un peu à Massacra (« Purified In Flames » réveille le fantôme de « Mortify their Flesh »), un poil à Napalm Death (sur « Solemn Sacrifice »), mais au-delà de la sympathique séquence nostalgie résultant de l’évocation des références ci-dessus, on retrouve surtout le plaisir que l’on éprouvait il y a 20 ans de ça, à la découverte d’une nouvelle galette de death. Car Requiem nous livre 10 morceaux ne trahissant quasiment aucune faiblesse, tous biscotos dehors, avec chacun leurs petits trucs bien à eux. Il faut dire que le groupe est aidé en cela par une production aux petits oignons signée Andy Classen, ainsi que par une maîtrise sans faille du riff, ceux-ci s’avérant certes sans fioriture excessive, mais tombant toujours pile-poil là où l’effet est maximum. Tiens, exemple parmi tant d’autres: esgourdez-moi donc cette attaque d’essaim furax, à 1:56 sur « Purified In Flames », qui vient dynamiser une avancée guerrière déjà imposante. Ou tiens, à 0:35 sur « Symbol of Nine », s’élevant au milieu d’un déluge de blast: il ne vous transporte pas haut dans l’œil du cyclone ce merveilleux riff semblant émaner directement d’un Grand Ancien?

 

Ils ont beau être teigneux tout plein – et sans doute mal rasés –, l’écoute répétée de Within Darkened Disorder nous donne envie d’aller faire de gros poutoux reconnaissants aux p’tits gars de Requiem. En effet cela faisait bien longtemps que l’on n'avait pas pris autant de plaisir à se glisser dans un album de death sans à aucun moment (...selon la catégorie de l'objet...) 1) soupirer devant le côté générique de la chose 2) gémir sous un avalanche de plans mal-de-cranophiles 3) soupirer lors de mélodies sucrées ou de refrains en chant clair 4) blêmir devant la liste des mosh parts deathcore et autres décalages djenteux auxquels il devient dur de couper. Et tout ceci sans même être affiliés à la vague du revival old school from Stockholm! Non franchement, chapeau et merci messieurs!

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Within Darkened Disorder  est un très bon album de death old school. Pas suédois pour un sou – non non –, le death de ces vieux routiers suisses est puissamment couillu, guerrier, juste evil ce qu’il faut, et surtout aussi convainquant qu’accrocheur. 

photo de Cglaume
le 13/12/2013

2 COMMENTAIRES

Keyser

Keyser le 01/01/2014 à 14:59:06

le Malevolent Creation européen. Leur meilleur album. Tuerie!

cglaume

cglaume le 01/01/2014 à 21:13:12

Je t'avais entendu parler de M.Creation européen à leur sujet, mais vu que je ne connais d'eux qu' "Eternal" (très bon), et que je ne l'ai pas écouté depuis un GROOOOOOOS bail, la comparaison ne me paraissait pas aussi évidente... :)

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