Saccage - Charogne

Chronique Vinyle 12"

chronique Saccage - Charogne

"Attentat de l'idiotie,
De la stupidité et des arriérés

Dégoût profond de tous ces colons
Engouffrés dans l'aliénation
Environnement et religion
Pandémie et guerre sacré"

 

Oui ça y est, j’y suis arrivé.

A devenir un influenceur. Bon, pas sur une plateforme originaire d’un état dictatorial (truisme) mais sur votre webzine préféré. Au bout de dix ans de bons et loyaux sévices, ici, c’est le minimum que j’attendais.

En effet, imposer Saccage en groupe du mois d’octobre alors que leur dernier EP date de juillet, n’est que du lobbying brutal et sans foi ni loi.

Car je dois l’avouer à toi ô lecteur, que si tu aimes la musique pleine de nuances, de sentiments en clair-obscur et d’ambiance cosy, tu ferais mieux de calter direct.

Saccage, c’est déjà un nom.

Un blase qui, depuis 2008, s’impose comme un des acteurs indispensables des bas-fonds de la musique crasseuse (sur)amplifiée. Ainsi, pour ma cinquième chroniques des Québecois, je ne ferai pas dans le demi-mesure : Saccage a enfin atteint la maturité.

 

La vache : que j’adore cette phrase !!!

Elle fait trop Télérama.

 

D’emblée, le morceau d’intro (un instru) pose le nouveau son du combo. Après une professionnalisation relative sur un Khaos Mortem qui manquait un poil de mordant, Saccage se dote enfin d’une prod qui rime vraiment avec carnage mais aussi tabassage et brutalissage (?). D’autant qu’un speech bien flippant (issu du chef-d’œuvre absolu de George Miller) résonne, en guise de seules paroles. Et machette que ce petit lead à 1:00 pile poil nous fait dresser notre fanion turgescent gravé d’un HUMUNGUS 4 PRESIDENT.

 

"L'avarice du gras, la crasse qui tuera
Production obèse
À mort le plastique qui décrisse pas
L'avarice du gras, la crasse qui tuera
Production obèse
L'ultime friture qui vous détruira"

 

On constate, après, rapidement, dans une avalanche de lipides, que le chant est de nouveau bien en avant et purulent. Le riffing scandicrust nourri au Skitsystem et Cie retrouve aussi le devant de la scène et la rythmique désanuse toujours les petits poussins avec du cambouis. Une constante ça, chez les gars.

Car pour eux, le mid tempo, c’est du pipeau.

Sur "Fumigation", la basse se fait même d’un totalitarisme fort d'à-propos… alors que la pression ne fait que monter et monter encore, pour culminer sur le totalement barbare "Tord-Boyaux". Construit comme le point d’orgue du seppuku que s’inflige en toute conscience la race humaine, ce titre est, en réalité, d’une redoutable intelligence.

Genre, la prochaine fois qu’un pote d’un pote te dit :

«Alors, moa, tu voas, j’écoute de tout ! » en soirée, tu lui passes ce dernier titre et il fermera sa mouille. 

Et s'il est vraiment con, il sera vaincu par les paroles faussement idiotes et totalement politiques.

Alors, quand on réécoute le pourtant féroce Vorace (2014), on se rend compte du chemin parcouru par la horde. Encore une phrase basique d’une chronique basique sur un groupe basique ? Absolument pas. Car Saccage ne fonctionne qu’à l’instinct. Et sans jamais écarter les cuisses à la Sharon.

 

Glacial, sale et sauvage, avec cette touche de démence qui manque à tant d’autres, Saccage remet les pendules à l'heure de tous les globulards de la musique de bourrins.

Z'écoutez 2000 chevaux de Porte Guerre boostés au Drunko Méthane.

photo de Crom-Cruach
le 18/10/2022

3 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 18/10/2022 à 11:06:36

“ écarter les cuisses à la Sharon”

Ariel ? C’est bien une remarque de haredim ça 🤣🤣

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 18/10/2022 à 14:11:36

T'es Stone ou quoi ?

cglaume

cglaume le 18/10/2022 à 16:18:30

Plutôt Charden en fait

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