Societer - Confiner

Chronique CD album (50:03)

chronique Societer - Confiner

C’était en juin 2020. Le premier confinement était derrière nous depuis un bon mois. On se projetait enfin dans les vacances d’été à venir – moins loin que prévu, certes, mais en conservant ces constantes qui font les congés réussis: la balade au soleil le matin, la lecture digestive à l’ombre l’après-midi, et l’apéro dînatoire en terrasse le soir. Un bonheur simple, mais un bonheur vrai, sans toux contaminante, ni tube dans la trachée, ni autorisation de sortie. C’est en juin, donc, que sur la page Facebook du très bon mais trop peu actif Chenille s’affichait ce message:

 

Get your shot of nonsense metal with the album "Confiner" by Societer,

featuring Baptiste on three songs.

 

Autrement dit – traduisons, puisque certains s’obstinent à regarder les films en VF – si ce sacré luron de Baptiste Bertrand (M. Chenille) n’a toujours pas sorti de successeur à Samen, il a par contre trouvé le temps d’aller traîner ses bottes dans une autre formation productrice, elle aussi, de musique Nawak-friendly. Et la chose avait de quoi titiller activement l'imagination. Pour commencer le nom du projet – Societer, donc – fleurait bon l’envie de jouer (non?). Et puis, bizarrement, la page Bandcamp associée référençait un autre groupe: Detoxoid – ce qui semblait indiquer un goût certain pour SYL ainsi que pour les coups en 2 bandes. Pour finir, l’objet du délire s’intitulant Confiner, tout ça sentait fort le projet sans limite ni lendemain, pur produit de l’enfermement contraint et de la soif de laisser une muse frustrée s’exprimer enfin. En un mot: il était hors de question de ne pas essayer ce matos, et de ne pas en faire profiter les coreandcopains.

 

On s’enflamme on s’enflamme, pourtant la situation était sans équivoque: du Metal débridé produit par un zigoto qui s’emmerde entre quatre murs, sans contraintes ni attentes d’une fan base fiévreuse… Le risque était grand de se retrouver avec entre les oreilles du Blague Carambar Metal, façon cahier de brouillon d’Ultra Vomit. Ou – si vous préférez la référence – du Nawak Metal US tout rigolard et débraillé comme savent trop bien en produire les Crotchduster, Psychostick, Something Involving A Monkey et autres zouaves du même acabit…

 

Et forcément, ça n’a pas loupé!

 

Car ce genre d’exercice est malheureusement bien souvent limité dans ses ambitions, ce qui en réduit fatalement la durée de vie à peau d’zob. Et en effet, bien que j’aime ce genre de délire free style, soyons réaliste: qui a envie de réécouter ces courtes pistes inutiles qui, au mieux, font vaguement ricaner lors de la première écoute – cf. « Contre », « Patriute » et « Une Campagne Super » (exercice classique – Zappa s’y est déjà essayé – où la guitare reproduit la dynamique d’un discours), « Gruik Gruik », « Blagatex » ou encore « Perte »? Qui – alors qu’il est sobre, la précision est d’importance – s’éclate vraiment sur des nounouilleries Nawak Pop Metal comme « Un Trou Dedans » ou « Nique »? Qui mettra sur ses playlists persos des morceaux n’existant uniquement que pour donner vie à des jeux de mot génialement foireux – cf. « Tot 0))) » (clin d’œil à Sun 0)))), « Niccolò Paganelli » (qui mélange Metal néo-classique, coucou Paganini, et foot, coucou Laurent), « Smaïn Young Gad » (qui confirme l’attrait des zigs pour SYL et le one man show made in France), et « Sexion Tasseaux » (plus Bricorama que Gims et Booba). Ca n’est pas avec ce genre de blagounettes qu’on marque les esprits, d’autant moins quand le nawakophile qui vous prête ses oreilles goûte peu les morceaux synthétiques façon Lounge planant (heureusement qu’on y retrouve parfois un arrière-goût de Devin Townsend comateux, cf. le début de « Tout Va Lenb »).

 

Mais tout ne nous glisse pas non plus dessus comme mucus vaginal sur costume en latex. Ainsi, avec sa version Death du tube de License IV (Aaaa-lleeez, viens boire un p’tit coup à la maison…) et sa réinterprétation de la trop célèbre sonnerie Skype, « Santer » nous donne-t-il envie de lever notre verre aux Dieux du Metal et du Houblon. A mi-chemin des répertoires de Pryapisme et Ultra Zook, « Cardiaquent » s’avère sympathiquement foutraque, tandis que le Djent soft mâtiné de Funk Rock old school proposé par « Djenty NYC '37 » a le peps des petits matins démarrés au Benco. Tout aussi rond et câlin – parce que centré sur une thématique féline, décidément il y a du Pryapisme là-dedans! – « Purry Furry » est la preuve qu’il y a du level derrière cette guitare. Rien d’incroyable à signaler au-delà, à part une version Synthetic Black Metal instrumental du « Petit Vin Blanc » à la fin de « Patriute », ainsi que des exercices de mimétisme plutôt convaincants – un tour du côté de The Algorithm sur « Buh Eternal », un autre chez Meshuggah à l’occasion de « Disrupt Engage Import » (!).

 

Alors? Plutôt « Con » ou plutôt « Finement » cet exercice de style coronawak? Malgré la sympathie que je porte à ce genre d’entreprise, vous aurez compris que Confiner aurait eu du mal à trouver son chemin dans les Tops de fin d’année cuvée 2020. N’empêche, cette grosse blague est bricolée avec suffisamment de savoir-faire pour qu’on n'ait pas envie d’en dire trop de mal. A consommer sous chloroquine, donc, lors d’un apéro Skype avec les copains du fan club d’Ultra Vomit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: pour faire court, Confiner c’est un peu PFIZER Surprise! (mais si, vous savez: Ultra Covid) dans une version vite-fait-bien-confiné. L’album est un peu trop porté sur les blagounettes sans lendemain et manque trop souvent de consistance, mais il permet d’attendre le vaccin avec le sourire.

photo de Cglaume
le 01/03/2021

1 COMMENTAIRE

Detoxoid

Detoxoid le 01/03/2021 à 09:36:55

Je suis ravi qu'une autre que personne que ma pauvre femme ait compris plus de la moitié des blagues (que j'ai du expliquer pour la plupart). 

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