Swallow The Sun - Emerald Forest and The Blackbird

Swallow The Sun - "Emerald Forest and The Blackbird"
chronique Swallow The Sun - Emerald Forest and The Blackbird

Amis de la poésie mélancolique bonsoir ! 3 ans après leur excellent « New Moon », les finlandais de Swallow The Sun reviennent avec un nouveau recueil d’un Doom/Death toujours aussi puissant, riche et bouleversant à la fois. Emerald Forest and The Blackbird est dans la continuité du précédent, on sent que le groupe se rapproche de plus en plus des eaux gothiques de My Dying Bride, un peu au détriment de l’aspect Death metal. C’est d’ailleurs ce qui a pu décevoir certains, mais comme pour chaque évolution artistique : on ne peut pas satisfaire tout le monde !

 

Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait dans cet album une quelconque forme de concession, les finlandais suivent leur inspiration et utilisent de mieux en mieux cette dualité entre Doom et Death, entre souffrance mélancolique et haine viscérale. Il n’est même plus question d’étiquette musicale. Swallow The Sun a son monde, la musique n’est qu’un outil pour nous plonger au cœur de leur univers nocturne : plein de légèreté, d’angoisse et de richesse créatrice. Si les maux de Beaudelaire devaient avoir une image musicale, je pense que la « forêt d’émeraude » de ces finlandais serait un bon reflet à ses « Fleurs du Mal ». Les mélodies flottantes et sinueuses des guitares couplées à la puissance orchestrales des nappes de claviers, illustrées par la prose douce et résonnante du chanteur, me font complétement décoller. Les morceaux comme l’éponyme ou « Cathedral Walls » se voient renforcer par un chant féminin, cette prestation donne presque vie aux ambiances et aux paroles du chanteur. Les finlandais nous offrent, encore une fois, une richesse harmonique très bien travaillée à tous les niveaux : que ce soit instrumental (guitares/claviers) ou vocal (les chœurs sont très présents, mais jamais exagérés). Alors que, jusque-là, je les voyais comme les élèves surdoués d’Opeth, je pense à présent qu’ils se sont clairement émancipés avec cet album.

 

Ils prennent ici un virage très axé sur l’orchestration au service de la poésie, on est plongé dans un univers clairement gothique. Je ne vous parle pas de l’univers gothique des pucelles de 14ans : larmoyant, faussement suicidaire et plein de niaiseries. Avec Swallow The Sun on se retrouve plongé dans l’esprit décadent d’un dandy sous opium, arpentant les rues sombres du vieux Londres préindustriel (« Labyrinth of London »). On se laisse charmer par les mélodies envoûtantes et légères, elles nous appellent comme la fée verte appelle l’écrivain en manque d’inspiration. Plus on les suit et plus l’atmosphère devient pesante… Et on croit tomber au pays des merveilles. Mais lorsque le gros break de batterie se fait entendre, suivi par la lourde voix gutturale du chanteur, on comprend que le soleil n’est pas prêt de se lever. La décadence s’accélère au rythme de la double-pédale, poussée par les gros riffs de gratte ; la douce voix chaude qui nous a menés jusqu’ici se transforme alors en cris écorchés et sadiques. On se retrouve alors entre les terres glaciales d’un Enslaved et la lourdeur du Death d’Opeth. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence s’ils ont sorti cet opus le 1er février…

 

Swallow the Sun c’est l’apologie de l’hiver, de la nuit et de la solitude. Comme je le disais plus haut, on n’a aucun mal à voir dans leur musique l’écho des textes de Baudelaire ou Nietzsche : avec toute la noirceur, la violence et la détresse qu’ils comprennent ; mais également leurs beauté, leurs légèreté et leurs richesse. Emerald Forest and The Blackbird est un excellent album qui garde, pour moi, toujours le même impact après des dizaines d’écoutes en boucle. La meilleure sortie 2012 à ce jour, en ce qui me concerne.

photo de Domain-of-death
le 02/05/2012

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