The Generals - To Hell

Chronique CD album (38:57)

chronique The Generals - To Hell

Du Death à la dégaine old school. Des Suédois. Une prod effectuée aux Studios Sunlight. Et par là-dessus un blaze explicite : The Generals. Les Généraux. Les patrons quoi… Bref, facile de deviner de quoi il va retourner : encore un all-star band constitué de vieilles gloires rappliquant en mode Bloodbath pour donner une leçon de Swedeath historique à des p’tits jeunes qui revivalisent trop souvent dans la choucroute. Allez, avec un peu de chance il n’est pas impossible que la chose dépote gentiment…

 

Ah mais attendez voir : c’est quoi ce label ? Black Zombie Records ? Et vous me dites que le line-up n’a pas bougé d’un cheveu depuis ses débuts en 2002 ? Pas une once de Rogga Johansson ni de Peter Tägtgren dans la marmite, même en featuring ? On (les apparences, du moins) m’aurait menti ?

 

En effet. Si To Hell a bien été fini à la HM-2 – Tomas Skogsberg oblige –, et si le Swedeath apparait bien dans l’arbre généalogique du groupe, nulle resucée de Left Hand Path au programme… Parce qu’en fait – hum ** le volte-face n’est pas si radical ** – ce 3e album donne plutôt dans une version très mélodique de Wolverine Blues. D’ailleurs, à ses débuts, The Generals avait les deux bottes plantées bien profond dans la flaque Death’n’Roll. Et sur ce nouvel album on trouve encore de ces ralentissements horrifiques qui rappellent le morceau « Hellraiser » (… au sein de « Evolution of the Flesh » par exemple). Mais l’âge venant et les barbes poussant, le groupe a durci le ton pour s’orienter petit à petit vers un Death plus velu – tout en conservant ce bon vieux groove qui-vient-de-là-qui-vient-du-Blues. Les toutes premières secondes de « Faith In Fire » sont claires à ce propos : une main Rock’n’Roll dans un gant de saturation HM-2, telle est leur devise. Car si leur vaisseau joue aujourd’hui du canon comme nombre de convertis à la religion Swedeath, le whisky de Motörhead coule encore et toujours dans leurs veines. Et ce même si c’est un cousin de Lars Goran Petrov qui remplace Lemmy Kilmister derrière le micro (… en espérant que les 2 trinquent ensemble à l’heure qu’il est).

 

Mais on causait « mélodie » quelques lignes plus haut. Et l’on faisait bien attention de distinguer The Generals de l’abondante armée des Entombed-wannabes qui encombrent les bacs (… on dirait plutôt « les playlists Spotify » aujourd’hui). Il y a une bonne raison à cela : To Hell déborde de ces mélodies véloces mais poignantes qui firent le sel des débuts du Melodeath. Il est clair que c'est les darons d'At The Gates qui montrent le Nord ici (cf. le refrain de « No Atonement », le début du morceau-titre – les exemples pullulent). Par ailleurs le démarrage de « Evolution of the Flesh » s'avère être un modèle du genre (… avant, il est vrai, d’obliquer vers le Punk et les blasts). Quoique parfois le sucre guitaristique préfère couler dans le lit de la rivière Edge of Sanity (de faux airs de « Black Tears » sur le refrain de « Deadlock »), voire souffler dans les voiles d’Amon Amarth (cf. « Faith in Fire » et « Undying Death »), quand il ne se cristallise pas en de puissantes bourrasques Death/Black (« Evolution of the Flesh », « Demonic Trait »).

 

Par ailleurs rassurez-vous, The Generals a pris bien soin de programmer son régulateur de vitesse : du coup pas de baisse de régime en 40 minutes, ni sur la qualité, ni sur la vélocité ! Certes un « Locate Decapitate Incinerate », situé à mi-parcours, aura un léger air de redite. Mais globalement l'« homogénéité » est ici synonyme de « chapiteau inamoviblement dressé », les morceaux forts ne manquant pas, que ce soit sur les 3 premières pistes – position stratégique s’il en est – ou sur leurs 3 jumelles en fin de course – parmi lesquelles « Bombardment » joue le rôle du Mars qui permet de repartir de plus belle, et « Undying Death » celui de l’ultime agitateur de foulard. Alors si, plutôt que de vous enquiller l'un après l'autre une virée démoniaque à dos de moto Swedeath’n’Roll, une rafale sucre-glacée de Melodeath, puis une épopée viking à la Amon Amarth, vous préférez siroter un savant cocktail mêlant tous ces divins nectars, To Hell est définitivement fait pour vous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: l’armée menée par The Generals est faite de régiments Death’n’Roll maniant la pédale HM-2 comme à l’époque de Wolverine Blues, de divisions early-Melodeath canardant les oreilles en mode At The Gates, ainsi que d’escadrons de légionnaires vikings maniant la hache sous l’étendard Amon Amarth. Et loin de se tirer la bourre, ces troupes avancent en parfaite intelligence pour convaincre les indécis et mater toute résistance. Alors un conseil : obéissez sans moufter à l’injonction qui vous est adressée via le titre de leur 3e album, ou c’est eux qui se chargeront de vous envoyer sans sommation griller sur le barbecue du père Lucifer !

photo de Cglaume
le 08/10/2021

2 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 08/10/2021 à 11:43:25

Oh oh oh: encore vivants ceux-là ? Je vais y jeter une esgourde.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 08/10/2021 à 18:25:27

ça grignote les tongs de The Crown, ça fait pousser les poils sur les nichons.

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