The Great Old Ones - Al Azif

The Great Old Ones - "Al Azif"
chronique The Great Old Ones - Al Azif

 

Bon synchronisation des montres, retour en 2000 : le black metal devient sérieusement à la mode dans le microcosme des chevelus tant et si bien que l’éternelle gueguerre avec les death metalleux commence à sérieusement plus ressembler à une réunion d’anciens combattants arrosée à la bière. D’un autre coté, à cette époque, le phénomène était aussi très facile à identifier avec ses guitares BC Rich, ses amplis Peavey, ses thématiques satanistes (ou païennes), ses bracelets à clous et son indémodable maquillage de panda. Je parle même pas de ces tentatives plus ou moins réussies (selon les groupes) d’atteindre le summum de la noirceur et de la haine à travers leurs riffs à trois accords. Tout ça pour dire qu’en dix ans, le style s’est certes pas mal enlisé dans ses propres faiblesses (normal) mais qu’il a sacrément évolué et maturé à travers pas mal de groupes assez excellents. Plus noir et tordu avec Blut Aus Nord, plus expérimental et raffiné avec Arcturus, plus progressif et planant avec Enslaved, et j’en passe et des meilleurs. Plus récemment, le style se permet même de faire de grosses incursions hors des cercles de chevelus précités pour s’inviter sur des scènes nettement plus éclectiques (ouais, les albums de Wolves in the Throne Room sont chroniqués dans Noise Mag). D’ailleurs pas mal de BC Rich ont été revendues et beaucoup de musiciens font désormais des économies folles en maquillage (et démaquillant). On se demande même parfois si on écoute encore du black metal tiens.

 

Tout ce charmant petit laïus introductif pour aborder ici le cas des bordelais de the Great Old Ones. Quasi inconnus il y a quelques mois, voilà qu’on commence à se prendre des tartes en concerts et qu’un disque nous tombe tout droit dans les mains. A l’écoute de la galette, il est clair qu’il s’agit bien de black metal mais il y a quelque chose de plus, une impression assez insaisissable qu’il n’est en aucun cas question du diable, de la haine et des pandas (et pour cause, les bordelais préfèrent visiblement nous causer du panthéon lovecraftien, grand bien leur a pris). Même si l’on retrouve les fameux murs de grattes à trois accords et les longues plages blastées propres au style, TGGO ne se cantonnent pas au mètre étalon du genre, loin de là. Ultra progressives et nuancées, les compos des bordelais s’étalent souvent sur plus de 8 minutes en faisant preuve d’une richesse assez peu commune. En effet, entre deux longues plages de riffing épique, on se trouve pris dans une multitude de passages plus nuancés, plus calmes et plus contemplatifs.

 

Les 6 titres de ce disque ne se résument donc jamais en de simples montées en puissances mais se font plus volontiers tortueuses, changeantes, surprenantes. D’un autre coté, tout ici est incroyablement fluide et bien senti : on a souvent l’impression que les chansons se sont écrites toutes seules et que les musiciens se laissent simplement porter par le courant vaporeux de leur propre musique. Après, des impressions, on en a beaucoup au final parce que la richesse de ce disque ne se résume pas au simple aspect musical mais se retrouve aussi dans les ambiances, les textures et le son. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Cyrille Gachet, déjà responsable de l’enregistrement du dernier LP de Year Of No Light, se retrouve à la production. En effet, tout au long de ce disque, on retrouve ce son très particulier qui m’avait déjà pas mal fait cogiter sur Ausserwelt avec ses superpositions de textures à l’envi et cette reverb vaporeuse. D’ailleurs, la présence de 4 guitares (dont la basse) dans le line up du groupe n’est très certainement pas anodine à cet égard. Même remarque concernant ces deux chants qui se partagent entre colère primale et complainte inquiétante.

 

Au final ce disque s’avère être tout simplement monumental si l’on tient compte du fait que c’est un premier album, peut être un peu moins si l’on se penche sur le CV des mectons (avec des ex- Tormenta / Absurd / Day of the Fisherman) mais qu’importe, il ne s’agit pas forcément de faire un top 5 des meilleurs albums du genre sortis cette année (quelque chose me dit que ça serait vite fait d’ailleurs, non ?). The Great Old Ones sort ici un album ultra dense, avec une bonne grosse dose d’originalité et des moments sublimes à la pelle. Que demander de plus sérieusement ? Des pandas ?

photo de Swarm
le 22/08/2012

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 22/08/2012 à 18:30:39

Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn !!!!

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