The Odious - That Night A Forest Grew

The Odious - "That Night A Forest Grew"
chronique The Odious - That Night A Forest Grew

Je vais vous faire une confidence: Between the Buried and Me ne m’a jamais retourné le slip plus que ça. À la fois technique et audacieux, et ayant réussi à créer un bon petit buzz en son temps, le groupe aurait en toute logique dû me happer corps et biens dans son univers un peu à part. Pourtant Colors, seule fenêtre que j’aie tenté d’ouvrir sur leur discographie – et must du must si l’on en croit les épanchements orgasmiques des amateurs – ne m’a pas donné envie d’en savoir plus. Mystère et boules de goûts & de couleurs… Tiens, et puisqu’on est parti pour tout se dire, sachez que j’ai également loupé le train de la scène deathcore technique, de l’écurie Sumerian Records et des Veil Of Maya, Born Of Osiris et consorts. Même pas honte.

 

Mais pourquoi donc viens-tu nous agiter The Odious sous le nez alors? Laisse ça à ceux qui apprécient l'exercice!

 

Ça tombe bien, c’est justement mon cas. Bah oui: le premier EP du groupe – voilà, c’est ça: That Night A Forest Grew, vous suivez, c’est bien – m’a carrément botté. Chat alors! Le truc c’est que, si The Odious possède en effet quelques-unes de ces caractéristiques propres à la scène US ci-avant mentionnée – voix extrêmes « teen-BM-core » doublées, mosh parts de série, effusions guitaristiques parfois aussi focalisées que les bulles d’un champagne ouvert au sabre –, le groupe fait par ailleurs preuve d’une grande maturité dans le travail d’écriture. Et ses longues compositions donnent l’occasion de riches voyages contrastés, ce qui change des interminables parties de flipper musicales dans lesquelles l'auditeur joue le rôle de bille non consentante – si si, c'est un peu l'impression que ça me donne d'habitude, et on cesse de ricaner au fond de la classe!

 

Si l’on essaie d’être à peu près exhaustif lors du recensement des différents visages que The Odious nous présente sur les 25 minutes de cet opus, en plus des références citées dans le premier paragraphe, il faudra évoquer Gorod pour l’intelligence mélodique de certaines parties, une version psyché-SF de Opeth pour ces passages prog appuyés d’orgues aux sonorités diverses et variées,  Spawn of Possession pour quelques fulgurances guitaristiques bien senties, et ne pas oublier de mentionner ces quelques pauses jazzy, ces saccades abrasives à la mode  math/djent, ainsi que quelques trainées de bave death… De ce pot pourri naissent toutes sortes de compositions bigarrées, parfois sympas mais sans plus – ceci du fait d’une certaine dispersion ou d’une accroche moins affirmée (cf. le début de « Contemplating Utopia », « Last Night a Forest Grew (Part One) »…) –, parfois carrément géniales – comme sur l’excellent « Threads », sur la fin de « Contemplating Utopia » ou sur le monumental « Last Night a Forest Grew (Part Two) » (… qui attend quand même la marque des 5:00 pour vraiment décoller). Mais le plus important est que le groupe réussit à nous impressionner durablement et à nous secouer bien fort par les bretelles en de nombreuses occasions, que ce soit à partir de 2:35 sur « Threads », quand le groupe entreprend une marche victorieuse qui passe par quelques détours prog’ particulièrement bien sentis, sur la mosh part « buzzer » qui conclut « Contemplating Utopia », ou sur les à-coups Meshuggiens lacérant « Last Night a Forest Grew (Part Two) » à mi-parcours, avant que le morceau ne finisse dans un climax de puissance et de mélodie particulièrement excellent.

 

Bref, si vous voulez vous réconcilier avec la scène d’jeune-tech US en écoutant un groupe qui prend le meilleur de ce monde et le marie brillamment (et avec audace) à des épices musicales empruntées à gauche et à droite, précipitez-vous sur le Bandcamp de ces jeunes canaillous (ou sur le player à votre gauche), et commencez la cure. Vous aurez d’ailleurs d’autant plus de raisons de vous réjouir que, en plus de cet EP et de 2 singles sortis par la suite en 2011 et 2012, le groupe nous dit être en phase de composition et d’enregistrement de son tout premier album. Wait and see…

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: du deathcore technico-progressif audacieux, capable de filer le sourire aux réfractaires à Between the Buried and Me.

photo de Cglaume
le 09/11/2012

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