The Smashing Pumpkins - Cyr

Chronique CD album (72:06)

chronique The Smashing Pumpkins - Cyr

Récemment, je vous partageais mon envie de violence gratuite. Fallait-il y voir une fausse confession, posée au détour d’une chronique dans l’unique but de vous divertir ? Il n’en est rien car, à l’instar du célèbre Martoni : Je ne bluffe pas. Jamais. D’autant plus lorsqu’il s’agit de musique et de violence. Donc, qu’on se le dise, ça va saigner !

 

Avant de s’attaquer au massacre en règle de la dernière production de ce qui fut pendant un temps mon groupe favori, posons toutefois un peu le contexte. Pour moi, les Smashing Pumpkins ont connu une apogée créative entre 1995 et 2000. Puis, inutile de rappeler l’histoire, mais en gros : séparation, reformation 7 ans plus tard avec seulement la moitié du line up, puis départ du mythique batteur Jimmy Chamberlin, réappropriation totale du projet par Billy Corgan devenu William Patrick Corgan Jr entre temps, albums foireux sur lesquels on ne reviendra pas, Tommy Lee à la batterie c’était quand même n’importe quoi, et enfin, ENFIN… La reformation tant attendue. Sauf que.

 

Si James Iha est bien de retour sur scène avec le grand chauve vampirique, tout comme le célèbre batteur cité plus haut, nulle trace de D’Arcy Wretsky ou Melissa Auf Der Maur… Ni même des autres bassistes l’ayant remplacé d’ailleurs. Désormais, à l’instar du club de beaufs mené par Aubert et Bertignac sous le nom des Insus, les Smashing Pumpkins sont devenus un truc de mecs, bien contents d’être entre couilles. Pourquoi pas tant que la musique est au rendez-vous ? Si Corgan est unanimement reconnu comme le compositeur principal du groupe, l’apport de ses compères de la grande époque s’est plus d’une fois montré décisif dans ce qui a fait le succès du projet donc… A 3 membres originels sur 4, il y avait fort à parier que tout se passe pour le mieux. Sauf que.

 

L’album précédent, Shiny and Oh So Bright Vol 1 : J’adore faire des titres longs pour me donner un air intelligent car je suis Mr Corgan, ne fut pas exactement ce à quoi tout le monde s’attendait pour un retour gagnant. Et pour cause : il semblait être la suite logique des années maudites post reformation, à savoir celle où les claviers kitsch dominaient les ambitions d’un Corgan visiblement un peu perdu dans ses influences 80. Ce fut bien dommage, mais si dommageable puisqu’après tout… Il fallait bien laisser aux revenants le temps de retrouver leurs marques. Sauf que.

 

Deux ans après ce retour manqué, on retrouve donc le ‘’groupe’’ (les parenthèses sont primordiales), pour un disque aux ambitions certaines. Long, présenté avec un dessin animé futuriste présentant une histoire liée, cette nouvelle livraison annonce clairement ses intentions : Faire oublier le ‘’minimalisme’’ de  l’album précédent et pourquoi pas, tenter de faire de l’œil aux fans de concept album audacieux. Un beau projet sur le papier donc, qui se solde dans les oreilles par un abominable échec de bout en bout, rien n’étant à sauver au long des 20 titres du machin. Oui, c’est un machin, rien de plus, et je tiens bien à préciser que ce n’est en rien la marque d’un passéisme aucun. Je suis même de ceux qui, parfois, préfèrent les artistes sur leurs fins que leurs débuts. Sauf que.

 

Pour préférer un travail artistique à un autre, encore faut-il qu’il possède quoi que ce soit d’artistique. Ce n’est malheureusement pas le cas ici, et je pèse mes mots. Si à son apogée, la richesse musicale du projet n’est plus à prouver, puisant autant dans le rock, le métal, le classique, le punk, le jazz, le grunge, et j’en passe avec une brio INCROYABLE, tout semble avoir disparu depuis. Cyr n’est qu’une rengaine interminable de mélodies sans inspirations, toutes teintées d’un électro tiède, faisant abstraction de tout ce qui avait pu faire le sel de la formation jusque-là. Par conséquent, une question se pose alors : Que reste-il de la formation aujourd’hui ? Est-ce que les autres étaient si importants à la formule ? Cela fait deux questions, certes, et on pourrait même les réunir en une seule… Sauf que.

 

En fait, c’est très simple : Billy Corgan n’est plus, William Patrick Corgan Jr l’a remplacé, et celui-ci ne laisse plus aucune place à personne dans ce projet. Peut-être est-ce la conséquence directe des humiliations publiques vécues depuis la première fin du projet, celles-ci ayant fait germer en lui une volonté de vengeance autodestructrices ? Ceci dit, ce n’est bien sympathique de faire tomber les copains avec ? A moins que ceux-ci soient revenus pour participer à cette sombre entreprise… Ne serait-ce pas la seule justification à l’absence totale d’implication d’Iha et Chamberlin, pourtant tous les deux très corrects dans leurs projets personnels ? Putain, merde, même Tinted Windows sonnait mieux que cet album, c’est dire !

 

Quoi qu’il en soit, et puisqu’il faut en finir, autant dire les choses comme elles sont : Cyr est un ratage infini, abyme de médiocrité faisant peine à voir dans une discographie s’enfonçant toujours un peu plus loin dans la déchéance. On en vient à même à craindre les rééditions à venir de MACHINA I et II, dont certaines pistes ont été apparemment réenregistrées et complétées. Pourquoi ? L’impossibilité d’un futur radieux ne suffit pas à ce vampire énergétique qu’est devenu Corgan ? Faut-il aussi qu’il détruise son passé ? Il faut arrêter cet homme avant qu’il soit trop tard !

 

Par conséquent, pour qu’il mette fin à son funeste projet, je propose donc que plus personne n’écoute cet album. Faisons comme si de rien n’était, ne le regardons pas, ça va l’encourager. Sa vision étant basé sur le mouvement, je pense qu’en agissant ensemble dans l’immobilisme, on peut arriver à l’arrêter… Qui me suit ? Quelqu’un l’avait dit un jour : Ensemble, tout devient possible. Donc, faisons-nous confiance !

photo de Domino
le 06/08/2022

6 COMMENTAIRES

Xuaterc

Xuaterc le 06/08/2022 à 10:42:28

Et pour rajouter au ratage, la pochette est particulièrement laide. On dirait un élève de troisième qui découvre Photoshop 2.0

8oris

8oris le 06/08/2022 à 11:34:43

C'est la première fois que je vois un 0/10!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 07/08/2022 à 12:10:23

La conclusion de la chro est juste géniale.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 07/08/2022 à 20:30:27

Ah Corgan ! y'a moyen de faire une thèse. 
Pour l'EP Lull en 91, cela se passe en groupe, pour Gish, l'album qui suit, il rejoue les parties de basses et ajoute des parties de grattes comme bon lui semble.
Sinon 91 jusque Adore et le reste n'est que déclin.

Sebathan

Sebathan le 12/08/2022 à 07:44:14

C'est assez incroyable la merde que sort ce mec depuis la fin des années 90.
La drogue a du lui bousiller une partie de la cervelle ...

Sebathan

Sebathan le 12/08/2022 à 07:45:41

Je me souviens encore de la grosse déception avec Adore, j'attendais cet album avec tellement d'impatience ....

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