Welldone Dumboyz - Tombé dans l'escalier

Chronique Vinyle 12" (34:04)

chronique Welldone Dumboyz - Tombé dans l'escalier

2072, le monde de l'entreprise termine sa besogne, le monde vivant à crédit depuis bien longtemps. Les mouvements populaires, actifs pendant 3 décennies, n'ont pas pu prendre le dessus sur la masse avachie qui se détend toujours sur ses réseaux sociaux, vieillots mais toujours appréciés.

Si on respire mieux, on vie moins longtemps,... les spécialistes de tous bords s'épanchent sur l'avilissement de l'espèce, qui se meurt d'ennui.

Il resterait donc la musique. Et Welldone Dumboyz...Et bla, bla, bla,... bon sang, c'est bien trop facile !

2072-2019, Welldone Dumboyz ne sera jamais ce superband qui va mettre tout le monde d'accord... ok, pour le reste, toute ressemblance...

 

Welldone Dumboyz revient avec son 3e opus, si l'on ne tient pas compte d'une poignée d'EP et des « volumes » K7 malicieusement intitulées Magnetic Hippie. Tout cela en une bonne dizaine d'années.

 

Première écoute, on retrouve toute la singularité du groupe en l'espace de cette grosse demi-heure. L'intensité, les riffs, les choeurs, la basse, les riffs, la voix gueularde, le stoner maltraité, la noise viscérale, les riffs,... Si le groupe se plaît souvent à se dépeindre comme un groupe un peu branleur, il n'en est rien au niveau des compositions. Savoureuses, déglinguées, introspectives, brutales, tendues, grasses, sales... le menu est riche.

Welldone Dumboyz ne perd pas pour autant ses habitudes, et ses marottes préférées entre Butthole Surfers et... les Melvins, bien sûr. « Pricks and pussy » et « Let's the whores work » sont là pour rassurer les fans de la première heure.

 

À mesure des écoutes, Tombé de l'escalier (ce titre!) offre des purs moments de création ou de recréation « The Hole », le déroutant « Tilkium », « Tombé dans l'escalier » où la rencontre rêvée entre Jim Thirlwell et Unsane, l'Hitchckokien « Black Space ».

 

Tombé dans l'escalier, comme l'exprime la couv' très cartoon, impressionne l'auditeur par son savoir-faire et son savoir-être, zéro calcul chez les géniteurs qui s'en mettent plein la panse en répét' pour mieux régurgiter, « Kim » parmi les nombreux exemples.

 

La neuvième écoute apporte toujours sont lot de fraîcheur et de surprises... mince, je pensais être en terrain connu. Mine de rien, la noise chahutée et le stoner balafré du trio a de la ressource. Ici, cette chorale (avec Sandman Preacher), là, ce couple basse-batterie en plein coït « Tilkium », ces notes égratignées sur l'intro de « Tombé dans l'escalier », la sortie de route trippée de « Bald Story »

 

Pas à une particularité près, Welldone Dumboyz énonce très clairement les thèmes de ses compos, dans le but pédagogique d'amener l'auditeur, là où il veut. « Quand le moindre son est étouffé par la forêt profonde » ; « Le trou dans le mur, pleure ses amours perdues » ; « Les jours dérivent, tous les mêmes, tous les mêmes, comme des pierres tombales » ; ... Achetez donc l'album pour voir les réponses (See inlay for details) !

photo de Eric D-Toorop
le 20/12/2019

2 COMMENTAIRES

el gep

el gep le 23/12/2019 à 11:24:17

Merci officiel à Eric, éhéh!
Petite note: les phrases en français dans l'insert du disque ne sont pas à vertu réellement pédagogique, on va pas s'expliquer non plus, hein faut pas déconner, mais c'est juste un bref résumé des textes pour les non-anglophones. Y-tout!

gulo gulo

gulo gulo le 26/12/2019 à 09:09:56

Une splendeur. Oui, le noise rock peut être beau, et toucher au coeur ; c'est pas souvent, mais les Boyz font partie des rares qui savent le faire (avec, voyons : les Melvins évidemment (parfois), Poino, qui d'autre ?).

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