Daughters - Interview du 21/06/2019

Daughters (interview)
 

Lors de ce début d'interview, Alexis remarque mon t-shirt Comity et se souvient que leur premier concert en France fut avec eux. Il me demande s'ils existent encore, je lui réponds oui et non, vu que le groupe fait actuellement sa tournée d'adieux. Il hallucine d'apprendre que le groupe a toujours joué jusque là ! Ce qui nous amène à parler du concert joué quelques minutes auparavant...

 

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Votre concert était fantastique, un grand moment d'émotions, quelles sont vos impressions vu de la scène ?

Les festivals, c'est toujours étrange. Le public n'est pas toujours réactif, c'est toujours bizarre avec ces grandes capacités. Mais si on en prend juste le meilleur, on passe du bon temps.

 

Vous avez l'air tellement possédés quand vous jouez, vous ressentez vraiment le public, tu as l'air d'être comme ailleurs ?

J'essaie de mettre dedans. Je suis une personne très sensible, et je cherche à me connecter avec la foule.

 

Votre album You won't get what you want sorti l'an dernier a définitivement annoncé votre retour, pouvez-vous nous dire tout d’abord comment est venue l'envie de vous reformer ?

Même si Daughters était en pause, on a continué à jouer de la musique en dehors... Un jour, un ami nous a invités Nick et moi pour un dîner et presque immédiatement on a parlé de rejouer ensemble, c'était comme on avait juste à reprendre là où on en était...

C'était comme si on avait juste pas joué un petit moment pas comme si on s'était séparé et que l'on s'y était remis.

 

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Qu’est ce qui a duré si longtemps dans le processus d’enregistrement de ce nouvel album ? Car dès 2015 on avait eu des infos comme quoi vous étiez en studio, mais le disque n’est sorti qu’en 2018… ?

On a pourtant essayé de faire un disque qui ne nous prenne pas trop de temps... Mais on habite à divers endroit des USA et c'est compliqué de se retrouver au même endroit...

On a essayé de se forcer à enregistrer avec des dates butoirs et c'est ce que l'on a fait. Malheureusement, après une semaine de studio, les choses n'étaient pas totalement terminées, il y avait des trucs à compléter... Mais on devait retourner à la « vraie vie », et nos lieux de vie séparés, il a fallu trouver du temps pour y travailler. Le processus a été lent à cause de la distance... Internet nous a aidés à rester connectés en s'envoyant nos idées par e-mail. Ça aurait pu être mieux si on avait habité au même endroit, les choses seraient allées plus vite, mais on a fait ce que l'on pouvait.

 

Votre musique a changé avec nouvel album, comment a mûri ce virage musical  ?

C'est sûr si on compare avec Canadian songs, il y a un écart immense. Si on regarde chacun de nos albums, il y a un réflexion vis-à-vis de celui d'avant, ce n'est pas un virage à 180°  mais on a fait des albums différents à chaque fois et les gens s'attendent à ça. Ça nous permet de ne pas trop faire attention à la façon dont nous allons sonner, et se demander si ça plaira. On a écrit les chansons qui nous plaisaient... Et pour la première fois, à tout le monde de A à Z.

Car des fois, lorsque l'on réécoute ce que l'on a fait, certaines choses nous déplaisent... Quand je chante un morceau, je me dis même parfois « WTF à quoi je pensais quand j'ai écrit ces conneries » (rires), là on a été très contents même si on a pris trop de temps pour qu'il sorte.

 

Samuel joue dans Idolands (rock), Alexis, tu joues dans Fucking Invincible (hardcore, ça tue d'ailleurs) et as sorti un recueil de poésie. Sentez-vous un lien en tous ces projets, quelle place tient Daughters dans tout ce magma créatif ?

Être impliqué dans ces projets, même s'il n'y a pas de lien direct, c'est surtout des désir à satisfaire. Ce sont des choses séparées de Daughters. Écrire, pour moi, que ce soit des paroles ou de la poésie, c'est un processus créatif pour lesquelles j'utilise différentes parties de mon être. Écrire pour le groupe représente les personnes du groupe, pas seulement moi. Je n'écris donc pas des paroles dans lesquelles l'un des membres ne se reconnaîtrait pas. Je n'écrirai rien de politique, sur des croyances, idéologies ou quoi que ce soit, c'est vraiment narratif... La poésie c'est moi et seulement moi.

 

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Pour rester sur tes textes, on sent pas mal de trucs très forts dans les paroles de votre dernier album : de la colère, de la lassitude voire même un peu de haine ("the reason they hate me", notamment). De quoi tout ça parle réellement ? Y a-t-il un message clair derrière tout ça ?

J'essaie de raconter un histoire. Et je garde à l'esprit comme point de mire des parolier comme Leonard Cohen, Tom Waits, Neko Case qui est vraiment parolière géniale, et très intelligente, c'est une source d'inspiration... J'adore raconter des histoires et j'essaie de le faire dans nos chansons.

 

 

Votre nouvel album est sorti chez Ipecac, Comment avez-vous signé chez eux ? Sont-ils venus directement vous chercher ou autre ?

Nous avons joué avec Dälek en tournée. Nous étions en train de finir l'écriture de l'album, nous lui avons fait écouter et lui avons dit que nous n'avions personne pour le moment pour le produire. Il nous a dit que ça valait le coup de demander... Dälek a fait des retours positifs aux gens d'Ipecac, Mike Patton a voulu en savoir plus sur nous, voir si on n'était pas des connards... Et notre rencontre s'est bien passée, il a pu voir que nous ne l'étions pas ! (rires). Tu sais, il n'y a pas vraiment de contrat, on a juste fait ce disque avec eux. C'est d'ailleurs plus ou moins ce qui s'était passé avec Hydrahead à l'époque... On a fait le disque et tout le monde était content... On a essayé de garder les choses simples sans faire trop de business, tout ce côté est si déplaisant...

 

Vous avez joué au Roadburn et fait quelques détours en France, quel ressenti avez-vous de l'Europe ? Quelles différences avec les US ?

Oh c'est certain qu'on ne jouerait pas dans des festivals comme le Hellfest aux USA... Les gens là-bas qui veulent voir des groupes de metal, ne veulent voir que ça. Mais on se sent bien ici, même en étant un groupe qui ne sonne pas comme les autres présents ce week-end.

Par exemple, notre amie Emma Ruth Rundle joue ce dimanche je crois (NDLR : en fait elle a annulé quelques semaines auparavant...) : aux États-Unis notre groupe et Emma ne seraient pas à l'affiche d'un festival comme celui-là.

Pour revenir au Roadburn, c'était également une bonne expérience et on ressent un peu les mêmes sensations qu'ici, au Hellfest. J'aime venir en Europe, on devrait y revenir 3 ou 4 fois encore cette année.

 

Allez-vous voir quelques concerts ici ?

Non, nous rentrons chez nous dès demain, nous ne pourrons aucun concert. On reviendra en août pour de nouveaux concerts en Europe.

 

Peux-tu nous dire ce que tu écoutes en ce moment ? Des coups de cœur ?

Au collège j'ai beaucoup écouté Cannibal Corpse de manière quasi obsessive... Et pendant la dernière tournée, avec Chris notre bassiste, on les a beaucoup réécoutés et discutés.

Il y a aussi ce groupe qui s'appelle Bambara (https://bambara.bandcamp.com/) qui a joué avec nous, qui est de New-York et qui est un super groupe. Ils me font beaucoup penser à un vieux groupe australien des 70's, qui s'appelait The Scientists... On ressent un peu les même vibes qu'eux en les écoutant.

 

 

Et maintenant, quels sont les plans pour la suite ? Un nouveau disque dans 10 ans ? (rires)

Oh, mon plan principal pour le moment, c'est de rentrer à la maison et de tout nettoyer car nous déménageons...

Ensuite nous allons repartir en tournée cet été et l'an prochain, et si tout va bien, enregistrer un nouvel album l'an prochain. Je croise les doigts !

 

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photo de Pidji
le 05/09/2019

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 05/09/2019 à 18:48:45

Le seul vrai intervieweur n'est même pas sûr la photo!!

pidji

pidji le 05/09/2019 à 22:00:41

Haha je pouvais pas faire un selfie tout en l'écoutant :D

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