Ghost + All Them Witches le 18/12/2019, Zénith, NANTES (44)

Ghost + All Them Witches (report)

Il est temps en ce 18 décembre de clôturer un peu l'année concert. Une dernière ligne droite qui mise sur le « too much, too big ». Fini, les petites salles de plusieurs centaines de personnes venues voir des représentants de moyenne envergure. Bonjour à une tête d'affiche d'une toute autre envergure et qui n'en finit pas de croître, pour le plus grand bonheur des uns et l'incompréhension – dégoût ? – des autres, à savoir Ghost. Parce que oui, Ghost, j'aime bien, tellement que Prequelle a quand même figuré dans mon top 3 de 2018. Eh oui, ce n'est même pas un simple plaisir coupable, je l'assume pleinement. Par contre, ce que j'aime moins, ce sont les concerts dans les grandes salles. Mais bon, on va relativiser : il vaut mieux supporter « le bain de foule » d'un Zénith dans le cadre d'une presta complète plutôt qu'un stade pour s'en délecter en mode bouche-trou d'avant-concert de Metallica. Malgré tout, avant de voir le bout du nez de ce Zénith, il fallait se coltiner le taf placé sous le signe du karma – à comprendre, finir de bonne heure tous les jours SAUF celui où tu as quelque chose de prévu – et la route placée sous le signe de l'angoisse, non pas à cause de ces preneurs d'otage de grévistes mais bel et bien des non grévistes (à comprendre, bouchons, travaux et tout le tralala). Bref, le karma n'était pas de mon côté ce jour-là.

 

Ce qui nous amène à une heure d'arrivée sur les lieux : 19h40. Le Twilight-metal de Tribulation est donc déjà passé (début dès 18h30, pas le temps de moufeter). Parce que Zénith signifie « tout public » et « tout public » signifie « faut pas que ça finisse trop tard, faudrait pas qu'on aille coucher Mamie trop tard lorsqu'on rentrera ». A la place, je devrais donc me contenter des All Them Witches, déjà sur scène à mon arrivée. Une fois la petite foule de squatteurs de portes – sérieusement, pourquoi vous emmerdez le monde à bloquer l'entrée et surtout, pourquoi vous vous infligez le dur fléau d'être emmerder toutes les deux minutes pour laisser passer les gens qui rejoignent les zones plus ou autres avant-postes – bravée, un joli placement trouvé, il faut se rendre à l'évidence : ça ne faisait pas si longtemps que le combo est monté sur scène. Et je me suis installée bien trop rapidement. Dommage, j'aurais beaucoup plus de temps d'ennui à combler. Parce que bon, je n'ai rien contre le rock tendance bluesy/psyché mais il fallait admettre que la prestation n'avait pas grand-chose de bien séduisante. En plus d'être hors-sujet vis-à-vis de ce qui foulera les planches juste après. Car si Ghost, c'est de la légèreté poppesque et tubesque, All Them Witches, c'est plutôt les mecs qui se perdent dans les longueurs instrumentales quasi-jam – donc pas facile à appréhender quand on découvre – que l'on a déjà, de plus, eu l'impression d'avoir entendu mille fois durant les quarante dernières décennies. Peu de chant, pas de structure un tantinet calibré avec un potentiel refrain qui fait mouche. On rajoute à ça que les mecs sont statiques – par chance, la scène a été réduite pour cacher le décor de la tête d'affiche – et plutôt avares en communication. Au final, même si je partais avec les meilleures intentions du monde, j'ai eu tôt fait de lâcher prise par tant de mollesse et de convenu. Et à en voir autour de moi, en plus de divers échos, si certains semblaient accrocher un minimum, le plus gros du public semblait également prendre son mal en patience. Bon, allez, il paraît que le magazine Rolling Stone les a couvert de louanges. Vu que leurs journaleux ont fait leurs premières armes dans les heures de gloire du Festival de Woodstock, nul doute que ce genre de délire leur parle (et dans ce contexte, nul doute que ça m'aurait mieux parler). Mais dans le cadre de chauffer une salle avant un concert de Ghost, on repassera. Par chance, une fois All Them Witches sorti de scène, il y avait du AC/DC et du Alice In Chains en fond sonore, on ne partira donc pas complètement à froid. Ouf !

 

Bien que de fond sonore, on commence par de gentils classiques pour progressivement rentrer dans le doux monde des cantiques et autres ambiances grégoriennes (c'est Batushka, les vrais ou/et les faux, qu'il fallait inviter en première partie les gars, même qu'ils ne vous auraient pas fait d'ombre non plus, merde !). De quoi se préparer doucement pour la messe de minuit de la semaine suivante. Surtout que nous avons un Pape interprété par Tobias Forge pour nous balancer deux heures de sermon. Autant dire : de quoi faire passer Whoopi Goldberg et ses Sister Act pour des animateurs du rayon hostie de l'hypermarché d'en face. Surtout lorsque l'on finit par entendre « Ashes », introduction de Prequelle, dans les hauts-parleurs, suivi de « Rats » en véritable tomber de rideau. Manœuvre facile certes mais qui fait toujours des ravages en terme d'effet « Whaou ! ». Surtout qu'il y a pire choix en terme de mise en bouche. Mais bon, à ce niveau, Ghost a de la chance et il y a finalement peu d'autres combos qui pourraient s'en vanter : vu que quasiment tout est est tubesque au sein de leur discographie, ils peuvent bien faire la setlist qu'ils veulent, elle fera toujours mouche. Bon, ok, j'avoue avoir un petit pincement au cœur qu'il n'y ait pas le magnifique et orchestral « Pro Memoria » du petit dernier au programme mais au moins l'interlude instrumentale « Helvetesfönster » qui m'a également pointer les poils de bras sur disque a servi de change-tenue au maître de cérémonie, ça a compensé. Sans surprise, au vu de l'envie d'offrir un délire visuel (avec sa belle scène avec estrade, ce beau fond cathédrale aux lumières ravissantes et même ses quelques petits moments de pyrotechnie tonitruante), Tobias Forge nous la joue fashionista en changeant de costumes à plusieurs reprises (et à faire le pitre en revenant en tricycle avant d'entamer « Ghuleh/Zombie Queen »), laissant ainsi quelques petits moments de respiration où ses Goules s'en donnent à cœur joie en s'attaquant soit au registre instrumental, soit en s'octroyant un petit moment de bataille de guitares. Ces musiciens ont beau être masquées et totalement anonymes, j'ai été fort surprise de voir à tel point ils étaient loin de se contenter de faire de la figuration. Mention spéciale à la Goule qui tient la gratte noire, dotée d'une prestance scénique que j'ai même trouvé supérieure à celle du frontman, c'est dire ! D'ailleurs, niveau prestance du groupe dans son ensemble, on sent qu'il y a eu du boulot d'abattu et de l'expérience d'emmagasinée depuis que leur dernier passage au Hellfest en 2016. Jusqu'à finir par du final dévastateur en terme d'intensité de tube qui ravage tout et met tout le monde d'accord : « He Is », « Mummy Dust », « Kiss The Go-Goat », « Dance Macabre » et un « Square Hammer » qui balançait plein de grosses paillettes dorées dans les yeux (littéralement). De quoi bien faire chanter et danser en somme.

 

Enfin, encore fallait-il que le public chope le coche. Car si, j'émets quelques réserves sur le son que j'ai trouvé un brin brouillon (sur le chant, notamment), j'accorde sur ce point le bénéfice du doute que mon placement n'était pas spécialement optimal pour jouir de la meilleure mise en son possible. Mais là où clairement ça pêchait, c'était vis-à-vis du public. Les concerts dans les grandes salles, je n'aime pas trop et l'une des principales raisons ne tient pas forcément du bain de foule et d'être tassé comme un élevage de poules en batterie : j'ai souvent tendance à trouver que plus le cadre est grand, plus les gens se contiennent. Certes, ça tape dans les mains, ça lève les bras, ça secoue un peu la tête, ça répond bruyamment aux sollicitations du maître de cérémonie. Mais sans aucune folie : bougez, dansez et traversez la foule au bout de ses bras les gens ! Apparemment, le lendemain, les Toulousains ont beaucoup mieux mis le feu aux poudres dans la fosse, faut se décoincer un peu les Nantais ! Certes, je veux bien admettre que Ghost, ce n'est pas un produit purement metooooôl propice à la bousculade et aux rondes en petites foulées mais ce n'est pas Chantal Goyat non plus. Bref, la fièvre manquait autour de moi, m'empêche d'ailleurs de me lâcher complètement et par conséquent de se délecter du spectacle à sa juste valeur. Parce que là où j'ai entendu quelques personnes dire au retour des lumières que « c'était grandiose ! », moi, j'étais juste en train de me dire que c'était cool, vraiment, mais j'aurais bien un petit creux en fait. Pas de regrets toutefois, loin s'en faut mais définitivement, Steven Wilson ne sera pas détrôné dans la catégorie « meilleur concert en salle de 2019 ».

 

 

Setlist

 

  • Ashes
  • Rats
  • Absolution
  • Faith
  • Mary On A Cross
  • Devil Cross (Interlude avec duel de guitares)
  • Cirice
  • Miasma
  • Ghuleh/Zombie Queen
  • Helvetesfönster (Interlude)
  • Spirit
  • From The Pinnacle Top The Pit
  • Ritual
  • Satan Prayer
  • Year Zero
  • Spöksonat (Interlude)
  • He Is
  • Mummy Dust
  • Kiss The Go-Goat
  • Dance Macabre
  • Square Hammer
photo de Margoth
le 08/01/2020

4 COMMENTAIRES

Eurythmics83

Eurythmics83 le 08/01/2020 à 17:06:09

Vu dernièrement au Luxembourg et je suis ressorti vraiment frustré de la salle! Le son était quant à lui exceptionnel mais je n'ai rien ressenti de spécial durant tout le set et j'ai même fini par trouver le temps long à plusieurs reprises... Tout m'apparaissait si propre, lisse, asceptisé; exactement à l'image de leur dernier disque qui était spécialement mis à l'honneur. Et la foule n'y était pour rien dans tout ça; j'ai pu assister à Alice In Chains et A Perfect Circle dans les mêmes conditions et j'ai reçu deux claques monumentales! J'ai pris d'avantage de plaisir devant All Them Witches et surtout les excellents Tribulation!...

Seisachtheion

Seisachtheion le 08/01/2020 à 20:20:07

Tu m'étonnes Eurythmics83...
... Très bons en live les musicos de Tribulation.

8oris

8oris le 21/01/2020 à 09:09:10

Chantal Goya ne prend pas de "t" à la fin, comme dans "pas de talent"! ;)

el gep

el gep le 21/01/2020 à 14:44:33

Chantal GoyaT, GhosT, même combaT!

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