Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär + Igorrr le 10/05/2012, La Java, Paris (75)

Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär + Igorrr (report)
Je ne sais pas vous, mais je n’avais jamais eu l’occasion de mettre les pieds à La Java auparavant. Coincée au 105 rue du Faubourg du Temple, entre les métros Goncourt et Belleville, cette salle est franchement sympathique, et carrément idéale (au vu de l'aménagement chouettos de ses espaces latéraux, et de l'accès pratique au bar - important ça !) pour accueillir des concerts de la trempe de celui de ce soir, à affluence moyenne. Certains membres reptiliens de la CoreAndCo team ont d’ailleurs suggéré à raison que l’endroit serait assez indiqué pour reprendre la relève de la Miroiterie – dont l’acte de décès ne devrait plus être trop long à tomber, malheureusement.

M’enfin l’affiche du soir n’avait que peu à voir avec les crust/grinderies égayant les soirées du repère à punks du 20e, quoique côté éclectisme et ouverture d’esprit, on pouvait aussi parler ici d’extrêmisme. C’était d’ailleurs – en ce qui me concerne du moins – l’une des grandes inconnues de la soirée : quelle allait bien pouvoir être la nature, qualitative et quantitative, du public interpelé par une telle affiche ? Côté quantitatif, à vue de truffe, je dirais que la Java s’est retrouvée – allez, soyons un peu généreux – presqu’à moitié remplie... Information à vérifier hein, vu que je n’ai pas franchement fait l’appel en début de classe. Contrastée, multiple, constituée de métalleux curieux, de bobos rigolos, d’électro freaks et de néo-punks (toi aussi invente des styles !), le public était globalement enthousiaste et acquis à la cause des 2 groupes, même si le gros de la troupe était manifestement venu pour Igorrr.

Mais c’est les Pedral boys & girl de Vladimir Bozar qui ouvrirent les hostilités, la tranche 22h-23h leur ayant été attribuée. Le public, curieux, se manifesta d’abord poliment, en configuration « cercle rapproché et attentif », puis se détendit progressivement l’élastique du slip, les déhanchés osés naissant au fur et à mesure que les sourires repeignaient les visages. Il faut dire que le groupe a balancé la quasi-intégralité de l’excellent Universal Sprache (mais – ouiiiiiiiiiiinn – toujours pas « Le grand Rabbi », qui aurait pourtant de quoi remuer les popotins des indécis… Question de droits ?), et qu’il commence à bien maîtriser son sujet. Au final, même bonne impression que lors du concert donné il y a plus d’un an et demi à l’Alhambra, avec toutefois une légère réserve : on sent que le groupe aurait encore les moyens de rendre ses prestations plus folles et plus vivantes, mais qu’il reste un petit truc, une dernière barrière à faire tomber… Ceci tient sûrement au fait que les Cyril, Mina & co ne se lâchent pas des masses, et que s’ils se laissaient un peu plus aller – à l’image du Pedral –, le groupe arriverait sans doute à foutre le feu encore plus fort, à la hauteur de la démesure de ses morceaux. Autre léger reproche : il m’a semblé que le chant était un peu en retrait, et parfois un peu dur à discerner… Les aléas du live me direz-vous, et ceci ne fut pas sensible sur l’ensemble du set. Gros gros plaisir par contre : les Vlads nous ont joué certains des nouveaux morceaux destinés à apparaitre sur leur futur opus – titres composés en collaboration avec messire Gautier de Igorrr pour la petite histoire, et toujours en cours de rodage, le test du live devant entre autre servir à les peaufiner. Le premier de ces morceaux – « The Last Waltz » – aura marqué l’assemblée, notamment par son final abrupt en faux air de « putain, on s’est vautré sur le finish ! » et de pied ne nez à l’attention de Gautier, qui manifestement n’est pas fan de reggae. Mais c’est surtout « Zouper Spector » (ou « Apothéose »... Gasp, je doute à présent que le concert est passé) qui m’aura personnellement emballé, ce nouveau titre étant immédiatement accrocheur bien que polymorphe – un futur classique du groupe, sans nulle doute!

Setlist Vladimir Bozar :
Rockabiloose
Super Mythoman
RSS Master
Panzoni pasta
Hector
GBS
The Last Waltz
Ocham
Cartus
Awesteritsumi
Gonzales
Zouper Spector
Apothéose

Mais 23h finit par sonner sur les téléphones portables (une quoi… Montre ? C’est quoi c'truc ?) de l’assemblée réunie en ces lieux, signe qu’il était temps pour Igorrr de prendre les rênes de cette fin de soirée. Et c’est donc le moment précis où il me faut confesser que pour le metalleux attardé que je suis, ce concert fut le premier du genre. Pas l’habitude des prestations live de one-man band électro le cglaume, et bien qu’au courant du comment de la chose, je fus, au début, un peu décontenancé par ce côté « set de DJ », surtout après le show des Vlads. Sauf que le gros son et l’extrême qualité des morceaux interprétés transforma cette seconde partie de soirée en un bonheur de déhanchement électro-métallique – ou de « headbang remue-popotin » si vous préférez. C’est sûr que cette configuration scénique ne permet pas la liberté extrême et la réinterprétation complète des morceaux que peut se permettre une formation rock classique – désolé de vous balancer cette évidence que j’expérimentais alors pour la première fois. Les titres exécutés restent forcément plus proches de leur interprétation CD. M’enfin Gautier m’aura quand même maintes fois fait mentir sur ce point, notamment lors du final de « Tendon », qui aura vu son final « country » se prolonger bien au-delà de ce à quoi nous avait habitué le morceau original. En tous cas le public – tout comme votre serviteur (ça c'est le côté « Bonjourrr Maîîître. Igorrr pour vous serrvirrr... » qui me contamine) – n'aura pas boudé son plaisir et aura laissé les corps s'abandonner au son de l'excellent « baroque-core du maestro ». La part du lion fut bien entendu accordée à Nostril – 'faut bien dire que les « Cruciform Dachshung », « Tendon », « Moldy Eye », « Half a Pony » et consorts vous retournent les tripes façon Flamby! –, mais on a eu également droit à 2 morceaux de Poisson Soluble et 3 de Moisissure (mais pas « Brutal Swing », snif...). A noter de plus la présence d'une nouveauté, « Damaged Wig », que – honte sur moi – j'avoue avoir pris pour un titre du premier opus, que je ne maîtrise pas suffisamment encore... Quoiqu'il en soit le panard fut grand! Et puis bordel, c'est beau quand même un « DJ » qui fait le « signe des cornes » du métalleux!!

Setlist Igorrr :
Fryzura Konika
Cruciform Dachshund
Mastication Numérique
Pizza aux Narines
Liquid Requiem
Squelette Reversssible
Excessive Funeral
Veins
Moldy Eye
Damaged Wig
Oesophage de Tourterelle
Melting Nails
Tendon
Double Monk
Half a Pony
Unpleasant Sonata

Bilan des courses: ce fut un vrai put*** de plaisir (« Plaisir » avec un grand Pet!) que de voir ensemble à la Java ces 2 membres éminents de la Vladigorrrosphère. J'avoue que je n'aurais pas été contre un petit Whourkr, ou un petit Pryapisme en première partie, mais ne soyons pas trop exigeants, d'autant que la présence dans la salle de Simon Fleury (des excellents City Weezle) constitua une bonne surprise finale, qui entraîna dès lors l'obligation de jouer les prolongations horaires et éthyliques au niveau du zinc de la salle... Santé à toute la joyeuse bande, et à très bientôt !
photo de Cglaume
le 21/05/2012

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