Big business - Quadruple single

Big business - "Quadruple single"
chronique Big business - Quadruple single

Big Business ont sorti cet EP vinyle (douze pouces) par eux-mêmes, sur leur propre label Gold Metal, après être avoir été hébergés chez Hydra Head, pour la majeure partie de leur discographie.

Comment font-ils ? Comment font-ils pour trouver le temps, entre les répètes melvinsiennes, apprendre des dizaines et des dizaines de morceaux, les tournées quasi-incessantes et les disques des dits Melvins ? (Dois-je rappeler que Coady et Jared jouent avec eux depuis 2006?) Comment font-ils pour trouver le temps de composer pour leur propre groupe, d'enregistrer, de tourner aussi, et de, en plus de tout cela, monter leur propre label et sortir leur nouveau disque eux-mêmes ? Franchement, faudrait leur demander...

 

Après Head For The Shallow, le passionné Here Come The Waterworks et le très progressif (mais légèrement moins passionnant) Mind The Drift, voilà donc un EP 4 titres riche et débordant de créativité, d'enthousiasme.

C'est bien ça qui m'a posé problème lors de mes 13 premières écoutes. Nom de dieu, où veulent-ils en venir, avec toute leur sauce épaisse de hard-rock-prog-pop mutant sous double (quadruple?) Big Muff, humour absurde (« Guns are better than anything else » répété à l'envie et seules paroles du dernier titre « Guns ») et chants outre-outrage ?

Et ça continue de me poser problème aujourd'hui, mais un peu moins.

 

Si « Ice-Cold War » repart sur le terrain seventies héroïques-fantaisiennes dégagé lors du précédent disque, « Always Never Know When To Quit » démarre en trombes avec la batterie folle de Coady Willis (pas franchement un manchot derrière les fûts, celui-là!) et les vocaux possédés de Jared Warren. Cela dit, il y a déjà des leads de guitares partout. Remarquons alors que le groupe, parti comme un duo basse-batt-chant, est désormais équipé, si j'ai bien suivi, de DEUX guitaristes. Toshi Kasai (de Altamont et ingé-son studio des Melvins... et Big Business) et le nouveau venu Scott Martin de 400 Blows. Si vous êtes allergiques à la chantilly guitaristique, vous allez être servis. Sans parler qu'ils en rajoutent dans le sucré avec le final Pop Queen-isant (mais toujours renforcé d'un gros mur de disto ample, hein, on n'est pas chez Arcade Fire... Tiens, je me dis qu'y aurait pourtant presque une certaine ressemblance !). Stoner n'a jamais rien voulu dire, mais Stoner Kitsch, vous saisissez ? Nan ? Toujours pas ? (A noter que ce disque fait tout de même un peu moins dans le rococo-genesis que son – néanmoins intriguant – prédécesseur Mind The Drift).

 

Revenons à « Ice-Cold War » qui essaie d'être grandiose, avec des guitares partout, qui se transforment presque en nappes d'orgues (à carreaux, les nappes), et des chœurs harmonisés. Un vrai putain de mille-feuilles. Pour sûr, c'est plutôt original et personnel tout ça, c'est du pur Big Business, immédiatement reconnaissable. Mais il y a peut-être bien TROP d'harmonies, trop de tout : partout, ça dégouline, ça colle. C'est dense. C'est bourré de calories. Tellement que, selon l'humeur, ça pourrait en devenir écœurant, là où Here Come The Waterworks était toujours émouvant dans sa générosité.

Sur cet EP, ça en devient parfois gênant.

 

Heureusement que « City Ham » est là pour contrebalancer le tout avec des arrangements (un peu) plus mesurés et de belles lignes de voix, qui apportent la touche douce-amère si appréciable chez nos big bisounours d'Amérique. Et il faut bien dire que ça joue, mais quelque chose de grave !

 

Soudainement, je me dis : tout cela est quand-même vraiment original, oui. C'est un nouveau genre de Metal. Bravo les gars, voilà le B.B. Metal. Appellation ridicule, je suis d'accord, les étiquettes, c'est pas trop mon truc.

 

Et l’histoire fini bien : avec des armes à feu ! « Guns » est un excellent titre fanfaronnant et militaire, lourd et enlevé, hargneux. Un rien stupide, aussi, mais il faut se méfier des apparences, Jared jouait auparavant dans un groupe qui s'appelait Karp, K.A.R.P. comme dans « Kill All Redneck Pricks ». OK, vu ?

Très bon morceau de clôture que ce « Guns ».

 

Alors je suis un peu emmerdé. Ce disque mérite des écoutes renouvelées, ce disque ne se comprend pas forcément instantanément. Mais qu'y a-t-il à comprendre là-dedans ? Qu'y a-t-il à prendre, à part la profession de foi indiscutable de musiciens talentueux et généreux (j'y reviens), enthousiastes (aussi), excessifs et créatifs ? A part cette originalité, cette personnalité atypique lyrico-humoristico-désenchantée d'un groupe qui ne cherche à faire que ce que bon lui semble : de la bonne musique.

C'est déjà énorme.

Peut-être le prochain sera moins confus, peut-être c'est juste qu'il y a désormais trop de guitare dans Big Business.

Peut-être c'est seulement que je n'aime plus autant la chantilly.

Burp.

photo de El Gep
le 19/12/2011

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements