Cannibal Corpse - Violence Unimagined

Chronique CD album (42:48)

chronique Cannibal Corpse - Violence Unimagined

Cela fait maintenant bien 20 ans (grosso merdo depuis Gore Obsessed) que la découverte d’un nouvel album de Cannibal Corpse s’apparente plus ou moins à la participation au traditionnel réveillon de noël en famille, ou si ça vous parle plus au départ en vacances direction le camping municipal de la Grande Motte. Car pour beaucoup d’entre nous la perspective de cet événement aurait toujours plutôt tendance à nous mettre en joie, celui-ci restant quand même un moment spécial, la promesse d’instants heureux, l’occasion d’oublier les quotidiennes démarches administratives et/ou révisions, voire même – qui sait, certains millésimes s’avèrent parfois surprenants – un vrai gros kiff. Mais la répétition des mêmes lieux, des mêmes cérémonies, des mêmes habitudes, si elle peut avoir un côté rassurant, peut également finir par barber. Sans parler que l’on n’est jamais à l’abri d’une tirade du Tonton raciste au moment de découper la dinde / d’un coup de soleil vicelard qui non seulement endolorit les chairs mais en prime annule toute chance de séduire la petite Virginie – qui trouve que Redskins c’est grave trop ringard.

 

Alors pour faire simple, au réveillon Violence Unimagined il nous est servi la bûche et le saumon classiques, qualité « grande brasserie parisienne ». Pas le rôti d’antilope à la truffe sur son écrasé d’aubergine qui t’électrise agréablement les papilles auriculaires, mais pas non plus le plateau d’huîtres pas fraîches ni le foie gras ‎cirrhosé synonymes de visites incessantes aux toilettes de Mamie Jeannette.

 

Mais vous avez payé votre place (non?), alors on va vous en dire un peu plus. Pour commencer que la guitare de Pat O'Brien a atterri dans les mains de Erik « Hate Eternal » Rutan. Il faut savoir que le bonhomme s’occupe de l’enregistrement des albums de la bande à Alex Webster depuis tellement longtemps (ça a commencé avec Kill si je n’m’abuse) que tout ce petit monde a eu le temps de constater que le courant passe bien entre les uns et les autres, et que les doigts du Monsieur peuvent faire autant d’étincelles sur la console que sur les cordes. Autre anecdote qui n’a finalement pas d’impact sur le son de l’album: Alex vivant dorénavant à perpète, il a enregistré toutes ses lignes de basse dans son coin, sans avoir le plaisir de pouvoir respirer les vieux relents de sueur laissés par ses collègues au sein des studios Mana. Dernier point que l’on (« on » = le discours promotionnel officiel) nous somme d’indiquer: Paul Mazurkiewicz la joue cette fois un peu moins plan-plan que d’habitude. C’est vrai que sans être le Lars Ulrich du Death Metal, le gaillard n’a jamais été un virtuose du gravity blast. Mais il faut reconnaître que cette fois il a manifestement tartiné un peu de pili-pili sur ses baguettes afin de tenir plus régulièrement des tempos soutenus.

 

« Et cette brouette de 11 titres nouveaux, elle dit quoi alors? »

 

Eh bien on y retrouve ce Death massif, parfois-tortueux-souvent-frontal, déployant la puissance de l’auroch qui charge, auquel notre bon vieux ‘niboule nous a habitués depuis fort longtemps. Les quatre premiers titres sont d’une égale qualité, celle-ci étant légèrement supérieure à la moyenne, et l’on ne s’étonne donc pas que les deux premiers extraits officiels y aient été puisés (« Murderous Rampage » et « Inhuman Harves »). D’ailleurs si tout l’album avait été de cette trempe, celui-ci aurait bénéficié d’un bon demi-point de plus, voire aurait frôlé le 8/10 par en-dessous. Mais la suite s’avère plus inégale, un certain nombre de pistes s’avérant manquer un peu de sex-appeal et/ou peinant à marquer véritablement et/ou étant trop inégaux (« Surround Kill Devour », « Ritual Annihilation », « Follow The Blood » ou encore « Slowly Sawn »). Heureusement la balance penche parfois plutôt du bon côté, les petits plus faisant alors la différence. C’est le cas pour « Bound And Burned » par exemple, qui a ce petit je ne sais quoi qui fait surgir en 2 temps 3 mouvements un grand sourire de contentement sur notre faciès bovin. Mais là où le groupe remporte vraiment la mise cette fois, c’est au moment des solos. Comme celui à 2:36 sur « Cerements of the Flayed », avec à l'arrière un Paul qui tartine à la limite de la crise cardiaque. Comme celui – énorme – à 2:38 sur « Condemnation Contagion », accompagné de sa rythmique impériale. Ou comme celui qui se déploie sur une accélération fulgurante, à 2:10 sur « Necrogenic Resurrection »... L’effet Eric Rutan peut-être?

 

Donc violent, oui. Compétent, certainement. Plaisant, là encore, oui. Inimaginable / surprenant / innovant / démentiel, euh… non par contre. Pour reprendre la métaphore initiale, avec ce Violence Unimagined on passe un réveillon sympathique en profitant de cette bonne vieille bûche aux marrons que Mamie ne loupe décidément jamais. Du coup on est bien content d’avoir fait le déplacement cette année encore. Et ça nous redonne l’énergie nécessaire pour revenir la fois prochaine, en espérant – qui sait – que le menu sera encore plus appétissant.

 

 

 

 

 

 

 

                              

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Violence Unimagined est un 15e album certes routinier, mais pour autant pas emmerdant, plein de formules éprouvées qui ne surprennent plus mais ne déçoivent que rarement. Un album sympathique qui ne change pas la donne ni n’apporte de nouveaux tubes au palmarès du groupe, mais qui fait vaillamment le job (oui je sais, c'est peu vendeur... Mais c'est la vérité vraie gamin!).

 

photo de Cglaume
le 05/04/2021

4 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 05/04/2021 à 09:46:34

Yep, sur la même ligne. Pas plus... 

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 08/04/2021 à 19:00:54

J'adore la pochette.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/04/2021 à 13:41:36

Et il est bien sympatosh cet album au final.

cglaume

cglaume le 16/04/2021 à 15:00:53

De la très agréable routine dirons nous :)

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