Die Apokalyptischen Reiter - All You Need Is Love

Chronique CD album (50:54)

chronique Die Apokalyptischen Reiter - All You Need Is Love

Coller une pochette mettant en scène les 4 cavaliers de l’apocalypse – quoi de plus normal, quand on s’appelle Die Apokalyptischen Reiter? – sur un album intitulé All you Need Is Love, c’est un peu comme porter la panoplie d’une Pussy Riot lors d’une visite officielle au Vatican, ou comme fonder une compagnie aérienne appelée Air Enclume: ça dénote un goût certain pour l’humour « poil à gratter ». Et cela est à ce point vrai dans le cas des espiègles allemands dont il est ici question – matez-moi cette touche « experts comptables boys band » et ce livret truffé de bouffonneries décalées – que s’ils s’étaient lâchés rien qu’un poil plus musicalement parlant, ils auraient allègrement mérité l’appellation ô combien oxymoresque de « nawak black/death ».

 

Mais revenons-en aux faits. Bien qu’ayant déjà 5 années d’activité au compteur, plus une démo, un EP et 2 albums dans leur cartouchière, ce n’est qu’avec ce 3e opus – porté par Hammerheart Records et produit par Andy Classen – que les Die Apokalyptischen Reiter ont commencé à vraiment faire parler d’eux de ce côté-ci du Rhin. À l'époque, les chroniques furent carrément enthousiastes, et le groupe eut la possibilité de venir tourner par chez nous, notamment à la Loco, lors d’un No Mercy Festival d'anthologie rassemblant Testament, Nuclear Assault, Pro-Pain, Darkane et j’en passe…  

 

C'est que manifestement, nos 4 coquins d’germains avaient enfin trouvé la formule du quarté gagnant: tapisser l’espace sonore de diverses nappes de clavier (oui, je sais: moi non plus ça ne me branche pas des masses à la base…), déchaîner un blizzard furieux lorgnant vers le black/death à la Dissection, ralentir la machine sur des plages de death/doom guttural à la pesanteur majestueuse, et détendre l'atmosphère avec de fréquentes touches de Youplaboum Teutonic Brother-In-Arms metal hyper accrocheur. Le résultat est ir-ré-sis-tible. Bon, OK, sur le très bon « Licked By The Tongues Of Pride », le groupe n’ose pas encore trop lâcher la bride à sa composante la plus festive. Mais dès « Unter Der Asche » (je ne vous avais pas dit qu’une bonne moitié des morceaux était chantée en allemand?), une fois passée l’intro au clavecin cheapos et la première bourrasque d’epic warrior metal, un excellentissime break tourbillonnant laisse enfin place à un chœur d’evil German thrashers. Imparable!

 

Certes, le clavier est parfois un peu casse-bonbons. Certes on aurait pu se passer des quelques douceurs en chant clair typés « Ach, du be banques dellement Guertroude » (cf. « Erhelle Meine Seele », ou la grosse faute de goût à 0:58 sur un « Reitermania » par ailleurs parfait) ainsi que de l’interlude « sieste au pays des naïades » proposé sur « Peace of Mind ». Mais bordel, ces fiers chevaliers sont tellement excellents dans leur domaine qu’on leur pardonne (presque) tout. "Et s’il ne devait rester qu’une poignée de morceaux?" demande l'amateur de best of. En dehors de « Unter Der Asche », il faudrait absolument garder « Reitermania », son intro à l’accordéon, son explosion de heavy thrash irrésistiblement speedé et sa lead lointaine de frost-bitten black/death (à 1:18). Impossible également de laisser sur la touche ce « Hate » aussi catchy que varié. Et pour le dessert, on se réservera « …Vom Ende Der Welt », magnifique vision de fin du monde instrumentale, terrible, majestueuse et inéluctable. Aaargh!

 

Bon, c’est vrai: parfois, quand le synthé quitte l’arrière plan pour s’imposer dans un mode singeant maladroitement le early-Amorphis, on se dit que cette touche « sympho » aurait pu être mise un peu moins en avant. OK, parfois on sent clairement poindre la manifestation d'une certaine « esthétique allemande » à laquelle on adhère plus ou moins... Mais il n'empêche que All You Need Is Love est ce genre d'album complètement jouissif et légèrement décalé dont on ne se lasse pas. Essayez, et adoptez! 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: avec All You Need Is Love, Die Apokalyptischen Reiter  propose un mélange aussi improbable qu’incroyablement accrocheur de sympho black/death furieux, de doom/death guttural et de happy folky heavy thrash à l’allemande. Wunderbar!

photo de Cglaume
le 28/10/2012

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