Dr Zoydbergh - Handmade Songs

Chronique CD album (42:34)

chronique Dr Zoydbergh - Handmade Songs

Puisque ces dernières années c’te feignasse de Fée Nawak a décidé de débrayer pour assurer seulement le service minimum, il va nous falloir piocher dans la malle à vieilleries pour, tels les tremblotants auditeurs de Radio Nostalgie, vivre à nouveau ensemble ces émois que seule la descendance de Mr. Bungle sait nous procurer.

Et puisque le site rateyourmusic nous a récemment délivré la bonne parole du Sporkcore (pour en savoir plus à ce sujet, se référer à la chronique de Fabulosos Calavera), c’est via ce site ô combien précieux que nous sommes allés dénicher de quoi alimenter notre nawakophilie rédactionnelle.

 

Au programme du jour, on vous propose donc un tour dans le cabinet de ce bon vieux Dr Zoydbergh.

 

Ce praticien quelque peu iconoclaste s’est établi à Cracovie, Pologne, où il a commencé à pratiquer en 2002. Depuis dix ans en revanche, son compte Doctolib a dû être désactivé : en effet l’olibrius ne donne plus guère de consultation. Un EP, un seul album – Handmade Songs, donc – deux démos, une B.O… Et puis calme plat, comme s’il dormait depuis d’un profond sommeil d’Hippocrate. Et si des fois vous vous demandiez pourquoi ce blaze particulièrement médicool, il faudrait aller chercher la réponse du côté de Futurama, cartoon au sein duquel le fameux Docteur s’avère être un immigré homardomorphe issu de la planète Decapod 10.

 

« Cartoon ? Il s’agit donc de Cartooncore ? »

 

« Cartooncore », c’est-à-dire ? Une sous-chapelle du Nawak Metal sautillant dans l'univers des dessins animés ? Pas vraiment, non. Handmade Songs donne dans le pur Nawak Metal canal historique. Quand on l'écoute les yeux fermés, on est rapidement amené à visualiser un Mike Patton tout juste post-ado faisant le mariole derrière le micro d’un Mr. Bungle quant à lui déjà arrivé au stade de Disco Volante.

... On n’est pas à un paradoxe temporel près, j’espère que vous en conviendrez.

 

Allez-y, calez « Fear and Loathing in Vetlinas » entre vos oreilles… Cette débandade branquignole de forains dépressifs éméchés, ça vous évoque quoi ? Une nonchalance débraillée à la Vladimir Bozar ? OK, réponse validée. Sauf que ces vapeurs psychotiques grimaçantes rencontrées au bout de quelques grosses dizaines de secondes, elles sentent plus sûrement l’asile d’Eureka, Californie. Et puis cette voix, on devine clairement qui lui a conseillé de maximiser ses effets via l'adoption de contorsions fantasques…

 

Mais on croise également d’autres silhouettes connues en ces lieus.

 

Des états d’âmes de punks dilettantes en état d’hébétude avancé, tels qu’on a l’impression d’en avoir déjà croisés dans la discographie de Stanley Kubi (cf. « Johnnie The … »).

Si l’on reste encore un instant sur cette longue troisième piste, et qu’on se concentre plus spécifiquement sur sa partie centrale, on croira discerner des pitreries Math-schmurtz dignes d’un Ultra Zook.

En allongeant le pas jusqu’à « Slide » – puis « Fist of The Beast », sur lequel le constat est encore plus évident – on croisera un Primus ayant du mal à réprimer un autisme joyeusement handicapant.

Quant à « Techno », s’il ne s’était pas vautré en fin de morceau dans une nouvelle crise d’autisme nawakophone, il aurait pu postuler au poste d’hymne Waltarienne hyper-dansante.

 

Bon, vous allez sans doute dire que je ne suis qu’un sale fan de Pop, mais à l’identique d’un Disco Volante qui reste le moins chéri des albums de ma bunglothèque, ce Handmade Songs laisse des échardes pas toujours agréables sous mon épiderme auriculaire. Car ce satané Docteur pratique un peu trop souvent la coloscopie au hérisson de ramoneur : du coup il arrive que ça gratte désagréablement les chairs. Sur « Everything » tiens, où ce riffing Spontex et ce chant hostile nous agacent avec insistance les zones sensibles. Ainsi que sur « There’s No Song Without Lyrics », pantalonnade sans grand intérêt semblant interprétée par un disciple bas du front de Melt-Banana. Et le constat n’est pas loin d’être le même sur « That’s The Way », qui bluese, qui rocke, qui noise, mais dont l’ennawakification ne convainc pas franchement.

 

Heureusement, le constat s’avère globalement positif. Et l’on se repaît de « Fear And Loathing In Vetlinas », « Pea », d’un « A.S.S. » abrasif, de « Techno », et d’un « Second To None » démarrant timidement, mais offrant une seconde mi-temps bien plus catchy et emblématique du Nawak Metal que l’on aime.

 

Bref : même s’il utilise parfois son stéthoscope de manière peu orthodoxe, et qu’on évitera de faire appel à lui pour un examen gynécologique, le Dr Zoydbergh procure toutes ces délicieuses sensations que l’on éprouvait à l’époque de la découverte de la bande à Patton, Spruance, Dunn & co. Et rien que pour ça, on va le déclarer de ce pas comme notre médecin traitant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte : en Pologne, on croyait la scène Nawak Metal cantonnée aux agissements d’Orange The Juice. Penses-tu ! Sur son unique album, Dr Zoydbergh propose un Nawak Metal bunglien tout ce qu’il y a de plus old school et délectable… Même si 1) certaines saveurs piquent les tympans aussi sûrement que les pires exactions commises sur Disco Volante 2) on y respire également d’autres parfums, comme ceux de Vladimir Bozar, Stanley Kubi, Primus ou encore Waltari.

photo de Cglaume
le 25/02/2024

6 COMMENTAIRES

Xuaterc

Xuaterc le 25/02/2024 à 13:58:59

Why Not Zoidberg?

cglaume

cglaume le 25/02/2024 à 14:06:40

Plait-il ?

cglaume

cglaume le 25/02/2024 à 14:12:03

(... parce que Mark Zucker- n'était pas chaud)

Xuaterc

Xuaterc le 25/02/2024 à 14:32:20

https://knowyourmeme.com/memes/futurama-zoidberg-why-not-zoidberg

cglaume

cglaume le 25/02/2024 à 14:46:02

Ah ouais mais en fait je ne connaissais pas le cartoon avant d'écouter l'album 😅😅😅

Xuaterc

Xuaterc le 25/02/2024 à 15:19:10

 :holyshit:

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