Ill Tidings - Signa Tenebris

Chronique CD album (39:00)

chronique Ill Tidings - Signa Tenebris

Suite à l’annonce de la sortie pour 2021 du prochain opus de Der Weg Einer Freiheit, je me suis dit qu’il serait fort à propos de traverser le Rhin et faire un p’tit tour du côté de nos amis germains pour voir ce qu’il s’y passe. Bvoui, mais voilà… Tout fan de Black Metal fait face à la scène allemande comme un navigateur de haute mer fait face à l'Océan pacifique : comment gérer cette immensité qui s'ouvre devant soi ? Et, bien, la réponse est simple : c'est impossible ! Un petit jeu m’amène sur le site The Metal Archives : en tapant sur « Black Metal », « Germany » puis « Active », je tombe sur … 1844 entrées (chiffre bien sûr à prendre avec la mesure d'usage...) ! Oky, manquant clairement d’ambitions, je me replie alors sur la scène autrichienne - ben quoi la langue allemande doit aussi très bien s’y marier avec le BM non !? -. Résultats :  … 223 entrées ! Laaaaaaaà, c’est mieux.

 

En grattant quelques infos ici et là, notamment au sein de groupes privés présents sur la toile zuckerbergienne, j’ai pu me rendre compte de la qualité et la densité de la scène autrichienne. Inutile d’insister sur le dernier Abigor (Totschläger. A Saintslayer's Songbook), ce serait comme vouloir présenter la scène norvégienne, suédoise et finlandaise en s’attardant respectivement sur les tontons Mayhem, Marduk et Impaled Nazarene… Pas forcément pertinent. Or, il y a vraiment de la bonne came dans ce pays : Harakiri For The Sky et Karg of course, mais aussi Alastor, Anomalie, Aussichtslos, Gates of Sleep, Mondstille, Summoning, Waldschrat, … Récemment j’ai mis la main sur quelques supports sympatoches. Ainsi de deux projets solos : d’un côté, Ellende qui propose sur les trois titres de son album "Triebe" un Black mélodique de bonne facture (par contre l'artwork a été pompé grave sur celui de "Jusqu'à la mort" de Monarque) et, de l’autre, Ancient Mastery, dont le "Across The Mountains Of The Drämmarskol" nous offre un Black symphonique complètement décomplexé. Les orchestrations y sont flamboyantes, tellement 90's (voire parfois 80's comme sur "To Valdura") ! Un joli souffle épique vous parcourra l'échine...

 

Ellende, l’autre bonne surprise du Black Metal autrichien…

 

Mais je dois bien admettre que la plus forte impression parmi les sorties de la fin 2020/début 2021 a été celle donnée par une formation viennoise : Ill Tidings. Celle-ci a sorti le 15 décembre 2020, de manière indépendante (elle a rejoint depuis l’écurie anglaise de Cult of Parthenope), son premier album Signa Tenebris. Avant de se retrouver, ce quintet s’est forgé une première expérience dans divers groupes autochtones, que certains musiciens n’ont pas quitté d’ailleurs (Durkheim, Endless Depression, In Crucem Agere, Morgengrau, Vástígr, …).

 

Sans doute le reflet même de l’histoire du groupe et de la trajectoire des metalleux qui le composent, les marqueurs de ce Black Metal sont ici foisonnants et pluriels : tantôt rugueux, tantôt atmosphérique, tantôt black’n’rollesque, tantôt épique. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’Ill Tidings ménage ses premiers effets: on like dès les premières séquences de "Opus Magnum" (du bel ouvrage en effet). Ces Viennois valent spécialement le détour pour leur chanteur, Gabriel, dont la performance bigarrée (par exemple sur "Silent Leges Inter Arma") déstabilise dans un premier temps, avant de devenir une réelle plus-value. Le choix de conserver la langue de Goethe est payant !

 

Allez booooom, deux titres seulement et le décor est planté et les dynamiques structurantes sont posées !!! Les changements de rythme et d’ambiance seront la pierre angulaire de Signa Tenebris sur l’ensemble des 39 mn. Les pauses sont autant d’échos sincères et évidents à des influences nordiques, parfois très dimmuborgesques ("Entfesslung"), mais elles font de nombreux pas-de-côtés pour laisser place à des passages éruptifs et frénétiques (début de "The God from Elder Flesh", "Ill Tidings"). La seconde moitié de l’album, du morceau éponyme jusqu’à l’outro un peu convenue "Damnation", s’inscrit dans une ligne beaucoup plus atmosphérique et aérienne. Choix assumé, quitte à détendre le fil conducteur de cet opus. D’aucuns verront sans doute dans cette diversité une trop grande hétérogénéité, regrettant par ricochet un manque de direction et de cohérence : peu original n’est-ce-pas le riffing de "Chaos - Violence – Extermination", un peu frustrant également la place trop timide du chant choral à la fin de ce même titre ? Malgré tout aurais-je tendance à regarder au-delà d’une logique créatrice prétendument trop mouvante, pour ne retenir qu’une proposition riche de ses approches, une production soignée, un travail parfois élaboré duquel se dégage en tout cas une réelle honnêteté !

 

 

 

photo de Seisachtheion
le 15/04/2021

1 COMMENTAIRE

Seisachtheion

Seisachtheion le 12/05/2021 à 16:27:11

Comme annoncé, reissue le 28 mai 2021 sous le giron de Cult of Parthenope
https://cultofparthenope.bandcamp.com/album/signa-tenebris

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