Jahmbi - Land of the lost tracks

Chronique CD album (35:16)

chronique Jahmbi - Land of the lost tracks

Les histoires d’amour finissent mal, en général. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les Rita Mitsouko qui le chantent. Et si cet axiome est ma foi carrément contestable, il s’est avéré vrai pour décrire ma relation avec le groupe Jahmbi. Car si les Américains nous avaient drôlement emballés (non seulement ma pomme, mais également les créateurs de la compilation Combat Nasal) avec un The Demetalizer carrément perché, la déconvenue fut rude quand son successeur fut venu – un Not Rated tout générique tout maigrichon. Du coup, comme il n’est pas très élégant de dire du mal de ses ex, j’avais décidé de zapper la suite. D’où l’absence de tout article consacré à Destruction of the Comic Book Universe (l’album de 2015) en ces pages. Sauf que j’espionnais encore les zigotos du coin de l’œil. D’où une bouffée d’espoir en apercevant la comm’ suivante sur leur page Facebook:

 

Vous le faites le calcul? Ancien groupe chouchou + nouvelle sortie + vieux morceaux jamais enregistrés + références à SOAD, Mr. Bungle et Dog Fashion Disco… Et le lapin de se muer subitement en loup de Tex Avery subissant une explosion thermonucléaire au niveau de la marmite crânienne!

 

Clic-clic: achat.

... claque-claque: semi-déception.

 

« En même temps tu espérais quoi, eh, banane? »

 

Déception, certes, mais pourtant soyons honnêtes: sur Land of the lost tracks on retrouve ce mélange de Nawakeries US à la Crotchduster et de Méli-Mélo-Math-Metalcore qui caractérisait les compos du groupe en cette époque où nos rapports n’étaient que roucoulades et interviews au coin du feu. Mais sur ce nouvel album (enfin… Des compos anciennes, mises en boîte en 2018 et ne sortant qu’en 2020, c’est moyennement nouveau) tout me semble rugueux et tiède…

 

Alors évidemment, certaines viles langues de belles-mères diront que c’est quasiment inhérent au genre, mais quand même: quel foutoir que cet album! Pas le genre kaléidoscope fourmillant, non, plutôt le genre gros boxon où, sous une chape grésillante de guitares grossièrement saturées, s’entrechoquent à la va-comme-j’te-pousse chœurs rigolards, riffs typé Néo joufflu, nappes de clavier de plus ou moins bon goût, mosheries grasses et élucubrations joyeusement hystériques. Evidemment, si l’on y farfouille superficiellement, on trouve dans cet album beaucoup (trop? sur quasiment la moitié des titres quand même) de témoignages d’amour pour Serj Tankian et Daron Malakian. Et ça a tendance à coller le sourire, notamment quand le résultat swingue autant que sur « Endurance ». Et puis on se laisse avoir par l’accroche de certains titres assez sympas comme « Buzzin’ Russian », « Sewer Moon light » ou encore « Tul ».

 

Mais l’impression finale reste vraiment super mitigée. Ce qui est dû pour beaucoup à l’emballage sonore. Car il faut bien le dire: on a carrément l’impression d’écouter les compos de P’tit Bruno, enregistrées dans sa piaule sur un vieux 4 pistes. Sans déconner, écoutez les débuts de « Buff Mustache », « Buzzin’ Russian » ou « Small Windows »: ce vieux plan « 1-2-3-4 » à la batterie, c’est pas un peu du démarrage de jean-foutre qu’a même pas fini sa compo? Et puis ce son noisy plein de paille de fer: s’il a peut-être bénéficié d’un mixage minimaliste, l'album n’est par contre clairement pas passé par la case mastering. Ou si c’est le cas il faut faire un procès au responsable de ce merdier. Si ce mélange Crotchduster / Skitarg / Nekrogoblikon du pauvre a quand même le potentiel pour provoquer la sympathie (quoique: ils sont où Mr. Bungle et Dog Fashion Disco?), le rendu final est tellement amateur que ça tue l'amour à même l'œuf. Et puis ok, le groupe mérite clairement son affiliation à la chapelle US Nawak Metal, donc il est libre de faire ce qu’il veut: mais pour autant était-ce vraiment judicieux de finir sur un morceau de Heavy judaspriestien, bien décalé par rapport au reste de l’album?

 

Bref, Land of the lost tracks est un gros boxon bénéficiant d'une finition typée "démo amateur"... Du coup il y a peu de chance que le lapin se remette un jour en couple avec Jahmbi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: avec Land of the lost tracks attendez-vous à un mélange Crotchduster / Skitarg / Nekrogoblikon du pauvre sonnant comme un démo « rough mix / garage à Raymond edition »… Faut-il vraiment vous en dire plus?

photo de Cglaume
le 17/06/2020

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