King Buzzo - (with Trevor Dunn) - Gift Of Sacrifice

Chronique CD album (34:36)

chronique King Buzzo - (with Trevor Dunn) - Gift Of Sacrifice

La vraie force du premier album de King Buzzo m'était apparue bien après sa sortie. Je regrettais à l'époque un petit manque de folie et d'audace – compte tenu qu'il s'agit là justement d'un musicien spécialement fou et audacieux.

Alors que la sécheresse de ce disque est devenue son authentique intérêt, et que le projet en lui-même est de toutes manières totalement décalé par rapport à ce qu'il se fait. Juste une guitare sèche, de la voix, rien d'autre. Rien, pas de réenregistrements de parties, que dale, sécheresse, je vous dis !

(Post-it à moi-même : j'ai toujours pas enregistré ce projet de disque solo guitare acoustique/chant, pas de re-re et tout mixé en... MONO. A faire avant de mourir.)

C'est donc moi qui ai manqué de vision et de capacité de compréhension / appréhension rapide.

Lent mutant je suis...

 

Bref et donc, ce nouvel album enregistré cette fois en duo avec son ami le contrebassiste fou et audacieux Trevor Dunn (qu'on ne présente plus, non, non, pas moyen, faites vos recherches, ignares!), je l'appréhende lentement ou bien ?

Eh bien, je crois que c'est ce que j'aurais aimé entendre lorsque j'ai découvert le premier.

J'ai été surpris, plus que surpris, et chamboulé en d'dans, en dehors, sur les bords.

 

Déjà, « la deux », ''Housing, Luxury, Energy'', juste après quelques secondes de vomi mental introductif, BOUM : putain de Dark Folk.

Cordes à la Apocalyptica, presque sans rire, et on ne rigole pas dans celle-là, mais presque un peu caricaturale s'il n'y avait pas la suite – et, donc, le contexte. Car le contexte dans une compo comme dans beaucoup de choses, ça fait tout et ça peut tout changer.

Buzzo nous sort sa plus douce et belle voix claire de poitrine, pour une première partie qui pose une ambiance tellement triste qu'on dirait une chanson sur Chris Cornell. C'est dire ! Chagrin.

Mais le truc, c'est que la rage et la revanche se ramènent, progressivement injectées dans le morceau qui enfle, qui enfle, bombe le torse, toise de haut et serre les poings, partant dans une sorte de Metal acoustique menaçant et punitif. Même que Buzz se mettra à héler tous les diables de ses accents terrifiés (donc, par empathie, terrifiants), qui atteint des aigus jamais approchés auparavant. Mais sans jamais chopper la voix de tête, pas de falsetto ici, pas de fausset, oh non, mais un colosse qui semble devenir de plus en plus puissant avec l'âge.

Scotchant.

Le morceal doit taper les plus de six minutes, cependant ici le temps se fait défoncer la rondelle et tombe vite sur une autre surprise.

 

« Je suis content d'avoir pu être utile », bon, mais non mais vl'à t-y pas qu'ils s'tapent le Monstro Blues ?!?

Buzz transforme encore sa voix, et là elle n'a plus rien de terrifié. Plus du tout.

Excellent titre encore une fois puissant dans ses couplets et étonnamment aérien dans son, humn refrain instrumental – ou petit pont-pont-pont la jolie marionnette d'oncle Buzzy. Une légèreté totalement impromptue et imprévue, qui contraste tellement avec ces couplets d'oursodile maniaque qui vient de bouffer Tom Waits. Un bon bol de fraîcheur là aussi pas très courante chez notre bon Roi des Ténèbres (réécoutez l'album Honky des Melvins, pour les ténèbres).

 

Ah mais tu te dis, cher lecteur, que ça y'est je suis parti pour te faire une chronique titre-par-titre (comme dit mon traducteur automatique quand je ne veux plus parler frenglish). Y paraît qu'IL NE FAUT PAS FAIRE DE CHRO TRACK-BY-TRACK !!! C'EST LE... MAL !

Ben ? Pourquoi ? Pourquoi pas ? Parce que c'est chiant ? Bah, tu connais quelque chose de plus chiant que lire une chronique de disque, toi ? Ceux qui ne veulent pas faire de chronique titre-par-titre sont des grosses feignasses qui ne veulent pas parler de musique, voilà tout, j'te l'dis comme j'le pense. Y préfèrent faire une vague description de l'ensemble (une description est-elle une chronique ou juste une minable paraphrase?) et quelques commentaires personnels que, personnellement, j'abhorre et je peux vous assurer que jamais, jamais je ne suis tombé dans ce panneau. Tous comme l'usage de digressions et autres subterfuges laissant peut-être croire qu'on a quelque chose à dire alors que...

 

Mais non, non, non cher lecteur, je viens de me rendre compte que...

 

Je n'ai pas encore parlé de Trevor.

Il apporte vraiment quelque chose qui n'est pas rien, sans tirer la nappe à lui, l'humilité musicale dont il fait généralement preuve n'ayant d'égal que sa virtuosité et sa versatilité. Il peut jouer ''Eye Flys'' comme un Goliath, taper le bœuf ou jouer au quart de soupir prêt les partitions de John Zorn, que ce dernier soit en mode brutal ou smooth Jazzy Cool, ou encore comme ici, accompagner son ami de longue date avec une classe et un aplomb, une retenue aussi, qui transpirent l'intelligence et, donc, la dignité.

Sa contrebasse, comme sur le par-moi-même-mésestimé-aussi-pendant-les-12-premières-écoutes Freak Puke (croyez pas ma chronique, ce disque est taré, en fait), serait enregistrée en mode total acoustique. Ca ne l'empêche pas de sortir des sons de l'espace.

Je discutais de Mr. Dunn avec un autre contrebassiste, Suisse de son état, qui me disait que Trevor savait faire des trucs – avec sa contrebasse – qu'il était le seul à savoir faire.

Je veux bien le croire ! Je me demandais par exemple si les sons sur l'intro de ''Housin, Luxury, Energy'' n'étaient pas du violon, plutôt. Je ne suis pas un spécialiste, mais il semblerait que non. Entre des mains expertes, ce formidable instrument, « Grand-Mère », peut avoir une tessiture impressionnante ! Foi de veau !

Et tu peux même reprendre ''Six Pack'' de Black Flag en jouant là-dessus (cf. leur EP éponyme sorti un peu avant l'album chez AmRep).

 

En parlant de reprise, ils dézinguent (encore!) Kiss sur le jeu de massacre de ''Mock She''. Et c'est réussi ! Putain, ils nous font même le coup du duel de solos de contre répondant aux staccatos de guitare. Très drôle !

 

Concernant les interludes, je suis plus partagé. En fait, certains ne durent pas assez longtemps. Notamment le délire avec le Moog... D'autres sont plus des anecdotes qui n'entachent en rien la qualité de ce disque colossal. L'amusement est aussi une marque d'humilité face à la musique, trouve-je.

 

On peut noter que Buzzo n'a aucun complexe à ne s'accompagner parfois que de quelques accords joués avec des accents souvent déjà entendus chez lui – sur le premier temps, sur la croche du deuxième temps et sur le quatrième temps. C'est vraiment devenu une signature automatique. Pas gênant pour un rond, les morceaux sont beaux et portés avec force... et dignité.

Un bijou. Un futur classique atypique, ahah ! Mais n'oubliez pas de respirer ! (« Qu'est-ce que tu veux dire, mes poumons vont très bien ! »)

 

Ce qui est dingue, c'est qu'il y a aussi ce parfum de liberté psychédélique digne des fin 60's et 70's, dans un délire acoustique. Ca aurait plu à Janis Joplin, que je rêve d'entendre en invitée de supaluxe sur quelques morceaux.

Roger et Trevor n'étant pas, à ma connaissance, spécialement portés sur la substance ou la boutanche, on rappellera ici que le psychédélisme en musique n'a pas forcément besoin de drogues. La drogue, c'est bon pour les gens qui n'ont aucune imagination, comme, comme, comme... Jimi Hendrix par exemple !

Bon, le LSD, ça ne compte pas vraiment.

PRENEZ DU LSDééééé !

PRENEZ DU LSDééééééééééééééé !

 

Je ne sais si je rends bien justice à ce formidable disque. J'crois pas.

Mais j'ai cité Janis Joplin et je suis bien content.

Allez m'écouter ça, les enfants, et rêvez, rêvez, c'est du psyché bon à la santé, les jeunes !

Et soufflez un coup, j'arrête d'écrire mes conneries pour un bon moment au moins.

photo de El Gep
le 14/11/2020

6 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 14/11/2020 à 11:15:24

Reste avec nous Gepetto, reste avec nouuuuuuuuuuus !!!!

Seisachtheion

Seisachtheion le 14/11/2020 à 11:42:17

Bye bye baby! 

el gep

el gep le 14/11/2020 à 13:02:07

Glaume:
https://www.youtube.com/watch?v=m5QnDg0bPuw

Seisacht:
Ahahahah, comme Janis!
Pour y rester: "Cry baby, cry baby!"
https://www.youtube.com/watch?v=VfGSd-tikH4

Freaks

Freaks le 14/11/2020 à 13:02:57

J'suis prêt à arrêter le LSDéééééééééé si tu restes. C'est bien plus dure de décrocher de tes petites sorties fantaisistes :p

sepulturastaman

sepulturastaman le 14/11/2020 à 15:39:14

L'année 2020 continue vraiment d'être une année de merde ; lsd ou pas !

el gep

el gep le 14/11/2020 à 21:32:09

Le temps est un décor en carton pâte.
Sccrrrriiaaaatch!

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