Melvins + Melvins Lite - Freak Puke

Melvins + Melvins Lite - "Freak Puke"
chronique Melvins + Melvins Lite - Freak Puke

CANADA BUZZ HAS A WAY TO SEE THROUGH MY EYES
 

Pour une vraie-fausse discographie des MELVINS - Chapitre 42 -
 

Pour tenter de comprendre le pourquoi de la démarche boiteuse obsessionnelle, se référer à l'introduction du chapitre 1...
 

Allez, passons tout de suite sur le nom : Melvins Lite, c'est comme les Melvins, cherchez pas. OK, c'est pas la formation habituelle, y'a juste Buzzo, Dale Crover et Trevor Dunn à la contrebasse. Pas de double batterie ni de nounours Warren cette fois-ci. Ah ! Oui, vous avez bien lu « contrebasse », juste avant. Acoustique, l'a même pas été branchée, la grosse. Reprise micro. Point. Trevor Dunn, c'est un peu un Melvin, de toutes manières. Bah oui, l'a déjà joué sur des tournées, sur des disques, et c'est un ami à Buzz. Il a fait tout un tas de choses que je ne me rabaisserai pas à rappeler, utilisez un moteur de recherche si vous ne le connaissez pas. Rappelez-vous : internet, ordinateur, c'est déjà le futur !
Donc voilà bien un nouvel album des Melvins, dans une énième configuration « autre ».
 

Certes, le choix de la contrebasse pourrait surprendre, et il surprend. Dès l'introduction, elle est jouée à l'archet pour des mélodies sombres qui laissent augurer du meilleur. « Mr. Rip-Off » est d'ailleurs l'un des meilleurs titres du disque, avec sa chanson Pop droguée à la Pink Floyd époque Syd, qui suit donc la mise en bouche glauque. On entend à nouveau des chants clairs éthérés, chose que les Melvins ne pratiquaient plus beaucoup ces derniers temps, et qui rappellera les bons moments planants de Stag, Honky ou The Bootlicker.
Suit une plage interludaire lunatique appelée « Inner Ear Rupture » (ça c'est du titre qui pique), qui met encore en première ligne l'archet psychotique du pépère Dunn. Moi, le bruit, j'aime bien, mais c'est à vous de voir clair dans leur jeu.
 

L'archet. L'archet permet à Trevor de nous sortir des sonorités bien folles et ça c'est bien chouette. Par contre, jouée aux doigts, la contrebasse pâtit sérieusement d'un mix qui l'enterre un peu. Le tout sonne creux car, comme souvent chez les Melvins, on n'entend pas assez la basse, ce qui est plutôt fâcheux quand en plus elle est acoustique et possède donc un son très creusé. Tous les médiums sont utilisés par la guitare (beaucoup trop nasale, d'ailleurs, c'est carrément énervant par moments) et les voix. On subit donc, sans faire dans le décryptage technique abusé, un disque au mix plutôt déséquilibré.
Dommage.
 

Oui, dommage, surtout que les trous ne s'arrêtent pas au son pur. Les compositions paraissent parfois manquer de... Quelque chose. D'âme ? Satan seul le sait.
Le Rock Redneck de « Baby Won't You Weird Me Out », par exemple, s'il possède des riffs assez inventifs, manque de ce petit quelque chose indéfinissable qui aurait pu le transformer en très bon titre.
En gros, l'oreille décroche.
Il en sera de même sur la première partie de « Worm Farm Waltz » (ce nom !, ahahahah!), qui possède cette même couleur Rock classique déviée vers le limite parodique. Heureusement que sa deuxième partie retombe dans la Pop psychose, avec une petite touche sécession qui rappelle peut-être un peu trop le final classieux de « Roadbull », sur Stoner Witch. Ou alors c'est moi qui scotche. Possible...
 

« A Growing Disgust » aurait pu être composée/enregistrée avec la formation quatuor, et ils ne se gênent d'ailleurs pas : ils la jouent en live avec Jared et Coady. La compo n'est pas fantastique et le chant traînant de Crover est un peu irritant, comme sur le dernier disque de son autre groupe Altamont, The Monkee's Uncle.
« Leon Versus The Revolution » sort du même tonneau Rock'N'Roll sudiste, avec des riffs de gratte tournoyants. La contrebasse n'apporte ici aucun intérêt particulier.
 

Et donc les titre s'enchaînent, passent, trépassent. Je suis souvent revenu en arrière en me disant « déjà la plage 7 ! J'ai dû rater quelque chose, je n'écoutais plus ! ». Eh bien malheureusement, non, j'avais pas raté grand-chose.
Oh, c'est bon, y'a toujours quelques passages intéressants et le tout n'est pas une catastrophe, mais, comme je dis souvent, les Melvins, faut croire, m'ont rendu exigeant. Si le précédent EP de ce printemps, The Bulls And The Bees, s'était bonifié au fil des écoutes, celui-ci présente un effet inverse : la surprise passée, le constat d'une fusion ratée avec la contrebasse de Dunn s'impose petit à petit.
Et ainsi vont « Freak Puke » et « Holy Barabarians » : rien ne fait vraiment rêver dans ces morceaux, on se fait un peu chier. Oh, la bizarrerie est toujours de mise, biaisant tout à la base, ça ne ressemble à rien d'autre que du Melvins, mais voilà les gars, vous vous amusez, c'est bien, tant mieux pour vous. Moi je crois que je vais me remettre un p'tit Hostile Ambient Takeover, par exemple. Celui-là aussi, il est zarby, il déchire les oreilles, mais au moins ils est habité. Il vit.
 

Oh ! Haaaa ! Nooon ?! Une reprise nous sauve de la torpeur, c'est « Let Me Roll It » des Wings, avec ce bon pépère McCartney ! La chansonnette un brin sucrée se voit transformée en véritable hymne à boire, on se tient les coudes enlacés et on se balance tous ensemble, la pinte à la main, le sourire aux lèvres et nos voix beuglent le refrain en chœur.
Rassérénant, revigorant, ce morceau fait un bien fou.
Par contre, Buzzo, c'est quoi ce putain de delayyyyy sur ta gratte, là ? C'est quoi ça ?! Ça devrait être interdit. Ah ça te fait rire, hein... Gros malin, va.
 

« Tommy Goes Berserk » nous achève dans le kitsh chantilly à l'acide, cocktail LSD/MDMA, creusant à nouveau dans la Pop branque aux atmosphères nauséeuses. Déjà entendue, et pas la plus réussie du lot, tout bien considéré... Ensuite, on se paiera les trois fausses fins quasi habituelles. Trevor se venge à l'archet, là au moins on l'entend.
 

Rires mécaniques malsains, fin.
 

Voilà, voilà, en gros j'ai fait le tour, d'une façon un peu nonchalante, je le concède. Mais ce disque ne me passionne pas. Non. Ce n'est pas horrible. Je salue la tentative. Il y a des choses inédites là-dedans ! Mais le résultat n'est pas incroyable.
Les Melvins faisaient peur, il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui, alors qu'ils n'ont jamais été aussi populaires, ils essaient toujours, expérimentent, s'amusent et font exactement ce qu'ils ont envie de faire. Respect toujours.
Mais ils sont où les frissons ?
"Thrill is gone, baby. The thrill is gone".

 

Oh shit.

photo de El Gep
le 22/07/2012

1 COMMENTAIRE

el gep

el gep le 25/03/2015 à 19:17:05

Re-re-re-récouté ce week-end.
C'est quand-même classe.
Finalement.

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