Morgue - Doors Of No Return

Morgue - "Doors Of No Return"
chronique Morgue - Doors Of No Return

Le retour tant attendu des sudistes de MORGUE après une looooooongue pause qui avait laissé la France orpheline d'un de ses plus gros talents en matière de bûche sonore. Si les membres actuels ont eu le loisir de nous sortir un super bon album avec 400 The Cat pour patienter, on sait que la recette ne sera pas du tout la même ici, et on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. Exit la bouffe pour chat, bonjour la bouillabaisse radioactive.

Morgue c'est un peu le pendant auditif au fait de se faire un bain de bouche avec de l'agent orange, de se passer du barbelé en guise de fil dentaire avant de s'essuyer ce qui nous reste de bouche avec du papier de verre. Ça fait mal, ça irrite, ça saigne et à la fin on choppe tout un tas de maladies bien pourries dont on ne se remet jamais vraiment. En prime, on reste quoi, bouche bée (ou béante au choix), sans voix tant la violence se fait éloquente.
Ce Doors Of No Return est la définition du mot sévices et nous fait nous rappeler pourquoi on apprécie autant les musiques extrêmes. Tout au long de ces 30mn d'agression sonore, les mots lames de rasoirs, soude, goudron, cancer nous viennent à l'esprit, et restent bien accrochés à nos tympans. Si bien qu'on aurait tendance par pur masochisme à en remettre une couche histoire d'être certain de s'être bien fait labourer une fois pour toute.
Que ça soit les blasts frénétiques ("Transcend The Acheron", "Down Syndrom"), les mid-tempos remplis de dissonances ("House Of The Diparted", "Roads To Gehenna") ou les parties d'une lourdeur pachydermique ("Safe In Gods Care") qui parsèment ce disque, chaque élément est intégré pour y être létal et est manié d'une main de maître.
L'art de la guerre, de l'oblitération, de la mise en jachère de nos oreilles en seulement une demie-heure (le meilleur format possible pour cette musique) en évitant les redondances, les lourdeurs ou même la surenchère, ça relève de l'orfèvrerie de destruction massive.

En allant puiser autant dans le death metal sombre et poisseux que dans le noisecore agressif et brut de décoffrage, Morgue sait toujours autant nous enterrer vivant depuis A Process To Define... part son ambiance sulfureuse et caustique autant que part sa brutalité constante et protéiforme.
Finalement on souffre tous du syndrome de Stockholm. Notre amour pour ces bourreaux sonores, est rudement mis à l'épreuve par autant de cassage de dents sur ce nouveau disque, et on en redemande. Pas dans 8ans le prochain s'il vous plaît les gars !!

photo de Viking Jazz
le 16/02/2016

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/02/2016 à 11:56:20

Primesautier : vais creuser.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/02/2016 à 12:03:39

En plus pas cher : https://morguecult.bandcamp.com/album/doors-of-no-return

Cobra Commander

Cobra Commander le 01/07/2016 à 13:49:39

Moi j'y trouve un goût d'Angelcorpse...

... Y en a.

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