Polkadot Cadaver - Purgatory Dance Party (remake)

Chronique CD album (42:50)

chronique Polkadot Cadaver - Purgatory Dance Party (remake)

Oh la belle occasion de remplir les trous! ...Non, il ne s'agit pas d'un CDI de surveillant de douche en milieu pénitentiaire: je vous parle du réenregistrement de Purgatory Dance Party, le tout-premier-tout-culte album de Polkadot Cavader. C’est que, hier encore, le constat était tristoune: toute la discographie du Cadavre à Pois était consciencieusement chroniquée en ces pages… à l’exception de ce point de départ, traité à l’époque au sein de la précédente crèmerie où je m’agitais alors.

 

Avec un brin de jugeote, on aurait toutefois pu se douter que la chose allait arriver. Parce que Todd Smith et Jasan Stepp ont entrepris de se réapproprier les droits sur TOUS les albums dont ils ont abandonné les bandes tantôt à Spitfire records, tantôt à Rotten Records. Donc, logiquement, après avoir réenregistré – et parfois embeautifulé – l’ensemble des albums de Dog Fashion Disco (Ah tiens non: Adultery n’y a pas encore eu droit…. Bizarre!?), les voilà qui continuent avec le groupe d’après – Polkadot Cadaver – qui a été formé suite au split du toutou à paillettes, afin de continuer une aventure artistique brièvement interrompue pour cause de dégoût profond du business.

 

Alors soyons clair: Purgatory Dance Party est quasiment aussi haut dans mon petit cœur de nawakophile que California (Mr. Bungle) et Viva La Vida (Carnival in Coal). Au moins les trois quarts de ses 12 pistes abritent des tubes d’un Nawak Metal certes méchamment psychotique mais incroyablement séduisant. Pour ce qui est de l’ambiance globale, l’auditeur s’y trouve plongé dans un monde où des danseuses mécaniques défraîchies tournent tristement dans leurs boîtes à musique, la chorégraphie se déroulant – ça on ne le découvre que quand la caméra élargit le champs – dans une chambre d’enfant au sein de laquelle le père noël a été égorgé au couteau de boucher. Ecoutez « Haunted Holiday »: vous verrez immédiatement la hotte ensanglantée. Jetez également une oreille au merveilleusement atroce « Chlorofom Girl » pour descendre à la cave et y découvrir les yeux cernés de la fameuse danseuse, ligotée, brutalisée et moult fois abusée. Sordide pensez-vous, oui mais voilà: des Bugs Bunny disco et des clowns lubriques montés sur ressorts ne cessent de traverser ces scènes, embarquant avec eux la fanfare de Toonville au grand complet à chacun de leur passage.

 

Vous voyez le tableau?

 

Difficile de résister à l’envie de vous en dévoiler plus, notamment ces morceaux qui provoquent des palpitations sous mon épiderme délicatement duveteux. Tiens: « A Wolf In Jesus Skin », qui desserre un peu la camisole le temps de quelques accès forains particulièrement bondissants (quelle basse!). « Purgatory Dance Party » est également de ces titres qui font frétiller des babouches: tendu, sournoisement groovy, le videur à l’entrée du morceau laisse entrer tout l’asile dans la boîte de nuit… Forcément le dancefloor finit méchamment souillé! « Phantom Limb » fait encore dans le psycho bon teint dissimulé derrière un beau sourire et une chemise propre. Mais des accès plus « cabaret » conduisent vite vers un refrain ascendant qui retourne la boîte cardiaque sens dessus-dessous. Sur « Long Strange Trip To Paradise », le groupe marie la gouaille dandy de Mindless Self Indulgence avec un décor New Wave pour un résultat hyper catchy. « Bring Me The Head Of Andy Warhol » fait cohabiter quelques poussées métalliques à la violence toute SYLienne avec de la Funk psyché renvoyant à Prince, tandis que « Pure Bedlam For Halfbreeds » nous fait refaire un tour de grand huit pendant lequel son entêtant « Say Hello to my little friend, My God it’s so good to see you again » se retrouve gravé dans notre crâne pour les 3 jours qui suivent.

 

Si l'on est un tant soit peu honnête, on se doit de reconnaître que plus ça va, plus la valeur ajoutée des réenregistrements effectués par le couple Smith & Stepp s’amoindrit. Le duo ne donne quasiment plus un coup de scalpel ni n'adoucit les lignes à la gomme – en même temps, sur un tel album, on leur en aurait voulu! Il ne s’agit plus de remettre au goût du jour des vieilleries datées, mais juste de faire un petit upgrade côté prod’ et de remettre un coup de laque vite fait à gauche, un coup de peigne léger à droite. Et n’attendez pas un livret de 16 pages sur papier glacé avec des anecdotes et des photos de flyers d’époque: le packaging est propre, réactualisé, mais sans fioriture. Cette sortie sera par contre l’occasion pour les newbeees de découvrir un vrai classique, et pour les lapins jaunes de compléter une discographie jusqu’alors en ces lieux étêtée. Et ça suffit donc largement à justifier ce petit coup de frais!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Purgatory Dance Party est un classique parmi les classiques du Nawak Metal. Pour être très honnête le présent réenregistrement n’apporte pas grand-chose à l’original. Mais il a au moins le bon goût de ne pas le dénaturer, et le mérite de servir de piqure de rappel pour tous ceux qui seraient passés à côté.

photo de Cglaume
le 26/10/2020

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