Psykup - Le Temps de la Réflexion (Réédition)

Psykup - "Le Temps de la Réflexion (Réédition)"
chronique Psykup - Le Temps de la Réflexion (Réédition)

« Une réédition du Temps de la Réflexion? Nom de nom mais… OUIII! Ce sera l’occase de remplacer ma vieille K7 copiée à l’arrache chez je-sais-p’us-qui. Et de me faire une bonne petite chro-stalgique dans les pages de CoreAndCo! »

 

… qu’il croyait, ce vieil Alzheimerien de cglaume. Parce qu’en fait, la vieille K7 en question c’était celle de Sors la Tête! Dire que j'étais persuadé que – bien sûr, tu penses! – j’avais fait le tour du répertoire Psykupien, et que je pourrai donc jouer au vétéran qui se rappelle du bon vieux temps… Tu parles ouais: en fait ce sont 7 "nouveaux anciens morceaux" qu’il découvre soudain, le crouton. Un peu comme si je me rendais compte sur le tard que mon antique K7 de Ride The Lightning (...copiée celle-là aussi) ne contenait en fait que la face A! Du coup je comprends mieux pourquoi je me sentais parfois un peu largué, lors du concert donné par le groupe en 2014 au Nouveau Casino. Ce n’était pas seulement parce que ça faisait un sacré bail que je n’avais pas réécouté mes classiques, ni parce que j’avais trop abusé de la binouze, ni parce que le groupe reprenait d’anciennes faces B de 45 tours uniquement sortis au Japon.

 

Ah le boulet…

 

En même temps, pour vous ça n’est pas si mal. Car plutôt que de vous livrer l’habituelle déclaration d’amour du fan transi pour qui chaque défaut objectif du skeud n’est qu’un élément de folklore génialissime, je vais pouvoir vous mitonner un papier « agent double », avec un pied dans la fièvre nostalgique, et l’autre dans la dissection impitoyable de nouveauté.

 

Exécutons-nous donc.

 

Si l’album dont on parle aujourd’hui est une réédition toute fraîche du 1er album des Toulousains de Psykup – rendue possible grâce à l’enthousiasme inaltéré d’une fan base qui peut dorénavant crowdfunder sans faire fondre au soleil l’argent de poche amassé pendant 2 pleines semaines –, il faut en fait remonter en 2002 pour se remettre dans les baskets de l’époque qui a vu naître ce petit classique du Metal hexagonal. Ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de jeter une oreille à la démo précédente découvraient alors un mélange de Hardcore vénère, de Néo jumpy, d’inventivité à la RATM, de folie à la SOAD… Et de bulles plus loungy, plus atmosphériques, plus introspectives. Plus bobo en fait. Mais oui. C’est la réflexion que j'ai eu le temps (... forcément) de me faire en ré-enfourchant ce pur-sang métallique trop longtemps laissé dans son box. Car en parallèle de ce côté complètement barré et de ces petites trouvailles hyper sexy, il y a un net côté avant-garde / dandy chez Psykup que j’avais totalement occulté à l’époque. Et cette prise de conscience tardive me rend plus compréhensible le rejet d’une certaine frange de la Metalosphère – rejet que je mettais initialement sur le dos de l’étiquette « Néo », et de ces voix aiguës/ado à fort potentiel irritant.

 

C’est d’ailleurs cet aspect qui me rend assez pénible l’écoute de « Martin X (part 1) », de la longue planerie qui émerge vers 3:40 sur « Or Not To Be », ainsi que du final « Rebirth et Récession » (Ah non... Merde quoi: pas le dernier morceau!). D’ailleurs j’aurais dû me méfier: c’est vrai que sur la démo déjà, en plein milieu de « La Peur du Vide », il y avait cette coupure atmo-minimaliste assez léthargique. Mais le truc ne m’avait alors pas franchement frappé, perdu qu’il était dans la pétillante exubérance de ce premier manifeste discographique… En même temps il faut savoir que le canasson qui vous cause ici n’apprécie pas des masses les pourtant unanimement salués Hypno5e à cause de cette même propension à diluer son énergie au cours de phases de somnolente apesanteur… Là, ça vous replace le présent article dans son contexte critique, et évitera ainsi les inutiles bains de sang de fond de commentaires...

 

Maintenant, cette parenthèse j’suis-un-dur-j’suis-un-trve-je-casse-même-les-classiques étant à présent fermée, difficile de dire beaucoup de mal de ce Temps de la Réflexion, même quand on n’est fan ni de Néo, ni de Hardcore. Car de cet album, ce que l’on retient c’est la fertile liberté artistique, la complicité des loustics, l’énergie débordante, la déconnographie décomplexée (… qui mériterait presque qu’on rattache le groupe à la grande famille du Nawak Metal), ainsi que les petites pépites bien accrocheuses. Enfin je dis « petites »… Mais sur 11 morceaux, nos amis en pondent 7 durant autour de 7 minutes chacune, quand ce n’est pas carrément plus, comme l’« Autruche » qui cavale pendant près d’un quart d’heure! Cela rend évidemment le propos moins direct, moins « Motörheadien ». Mais cela n’empêche nullement « La Peur du Vide », « Time & Space », « Teacher » et « L’Autruche » – les 4 rescapés de la démo – d’être des pièces d’anthologie... Les 2 derniers étant sans doute mes préférées. Et parmi les « nouveautés » (puisque, je vous le rappelle: au final, ici, je découvre), « Libido » est largement au niveau de ses aînés, tout comme le magnifique « Martin X (part 2) » (littéralement porté par sa thématique et la « mise en scène » du morceau) et le surexcité « Insipid » (qui aurait néanmoins été encore plus percutant s’il avait fini un peu après la barre des 3 minutes).

 

Petit plus pour un grand Mmmh-MIAM: la présente réédition ajoute quelques choux supplémentaires à cette imposante pièce montée sous la forme des 4 titres de la démo maintes fois citée au sein des lignes précédentes, et de 3 titres live datant de 1999. Du coup, en se replongeant dans Sors La Tête on constate que le groupe n’a pas foncièrement changé la donne en incluant les morceaux au sein de son premier album, si ce n’est via l’inclusion de zouaveries additionnelles à la fin de la 1e moitié de « L’Autruche » – parmi lesquelles une petite séance de vomito, une mini-reprise du « Ladies Night » de Kool & The Gang, et le micro-sketch « Et sinon, vous venez souvent ici? ». Par ailleurs en se passant le court set live, on découvre un Psykup plus sauvage, plus cru, avec un son de batterie qui bouffe un peu trop le reste (rien d’anormal pour un concert capté à l’arrache), et surtout un titre inédit, « Syk’ Your Mind », bien plus basiquement Néo-core que la moyenne.

 

Alors évidemment, le contexte fait que je continue de porter l’Ombre et La Proie un peu plus haut dans mon cœur que ce tout premier album… Mais celui-ci vient néanmoins se loger un petit poil au-dessus de We Love You All sur le podium des Psykuperies! Cette réédition est donc l’occasion ou jamais – si ce n’est déjà fait – d’aller à la rencontre de ce groupe dément. Surtout si vous appréciez Toumaï ou Human Vacuum, formations qui ont clairement bu à la généreuse fontaine toulousaine.

 

« Sex-sex-sex… Pornography! »

(... si si, finissons-là-dessus)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: parmi les tous premiers groupes hexagonaux à avoir mérité leur affiliation à la mafia Nawak, on ne peut échapper à Psykup. Car dès ce 1er album, aujourd’hui réédité avec leur 1e démo et quelques archives live, leur tambouille Néo/Hardcore barré – qui puise par ailleurs à pleines brouettes chez RATM, chez SOAD, ainsi que dans le Prog introspectif – a retourné bien des cervicales et des cortex à force d’inventivité et d’énergie communicative.

photo de Cglaume
le 17/05/2016

1 COMMENTAIRE

Xuaterc

Xuaterc le 17/05/2016 à 09:59:25

Sors la tête, fais pas l'autruche!

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