Puteraeon - Cult Cthulhu

Puteraeon - "Cult Cthulhu"
chronique Puteraeon - Cult Cthulhu

Guitare mélodique mais lugubre tournoyant inexorablement au-dessus d’un ronflement inquiétant et croissant… Ambiance occulte, malédiction millénaire en passe de se déchaîner... Bref, l’intro idéale. Et paf, au bout de la minute réglementaire de frissons glacés, les chiens sont lâchés: « The Great Epidemic of 1946 » nous offre la cavalcade bourbeusement joyeuse – façon old-Entombed – tant attendue, servie dans son étui sonore gras et grésillant. Aaaaaaaahh… Le bonheur, c’est simple comme un coup d’œil dans le rétro suédois.

 

Un an après The Esoteric Order, Puteraeon nous revient donc avec ses guitares basaltiques, ses compos mélodiquement marécageuses, son admiration sans fin pour la scène death suédoise des early 90s et son papier-peint Lovecraftien dont il tapisse de plus en plus systématiquement les murs de sa cave.

 

…Et toi non pluuuuus, tu n’as pas tchan-dgééééé, toujours les mêmes marécages oubliéééééés!

 

Fidèles à leur démarche de hérauts de la Old School DM Academy, canal Sunlight Studios, les suédois de Puteraeon font dans l’immobilisme classieux (ne pas lésiner sur les oxymores quand ils s’avèrent pertinents), reproduisant à l’identique la tambouille des Grands Anciens (les DEUG: Dismember.Entombed.Unleashed.Grave) avec toujours la même abnégation, le même amour du travail bien fait et la même habileté à exploiter au mieux les attentes des fans du genre. A ce titre, « The Great Epidemic of 1946 » est un exemple du genre, tout comme « A Bolt From The Grave », ces deux petits missiles nous donnant exactement ce que nous souhaitons au moment et à l'endroit où nous le souhaitons, sans pour autant que cela sente la facilité ou la supercherie. Cult Chtulhu, c’est en effet une fois de plus une musique hyper ciblée, extrêmement jouissive dès la première écoute (... du moins pour le public visé), et comportant ces caresses vicieuses qui font immanquablement mouche, comme ces ricochets abrasifs lancés à 3:22 sur « The Azathoth Cycle », ou ce sprint épique mettant « Walking With Shadows » sur orbite dès 0:26.

 

Comme sur l'opus précédent, Puteraeon varie régulièrement les tempos, son centre de gravité rythmique se situant néanmoins plutôt dans le mid-tempo, bien que la palette aille du sprint furieux frôlant le blast sans l’atteindre jusqu'aux méandres spongieux de lenteurs quasi-doomeuses. Autres invariants: on retrouve également les ambiances occultes auxquelles le groupe nous a habitués, ces leads-sirènes lugubres et glacées qui percent difficilement l’épais brouillard sonore, ainsi qu’Andy LaRoque, fidèle au poste derrière les manettes. Et comme la fois passée, le groupe agence avec ruse sa tracklist, entourant quelques morceaux un peu plus faibles (les trop convenus « Children of Dagon », « The Azathoth Cycle », « Flesh Architect » et « Conlaceratus », ainsi que le plus rock assagi « In The Vault ») de bonnes grosses claques revigorantes situées en des endroits-clés. Ainsi, en dehors du démarrage déjà évoqué, « Shoggoth » vous bloquera le youpimètre sur 10, et la fin d’album vous laissera sur une impression divine, du beau sprint glacé « Walking With Shadows » jusqu’à la classique vision de désolation conclusive qu’est « Liberation », en passant par un « Shapeshifter » cinématographique – qui n’est pas sans rappeler le « Hellraiser » de Entombed –, ainsi que par le précédemment évoqué « A Bolt From The Grave ».

 

Dans la famille des adorateurs du bon vieux death moulé à la louche suédoise d’antan, Puteraeon s'avère donc l’un des élèves les plus appliqués et les plus brillants, son classicisme ne l’empêchant pas de jouer la carte de la variété, ni de proposer des morceaux marquants. Par contre si vous me demandez lequel de ses 2 premiers albums choisir afin de se concentrer sur leur very meilleur, je serais bien embêté, la constance du groupe se vérifiant vraiment à tous les niveaux. Et pour les amateurs du genre, c’est une aubaine.

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Stockholm (old) School of death metal, Chtulhu, mid-tempo bourbeux, exercice imposé mais diversité, classe, efficacité… Ouais, ça résume bien Cult Chtulhu. Du même tonneau que leur petit précédent, The Esoteric Order.

photo de Cglaume
le 16/10/2012

4 COMMENTAIRES

el gep

el gep le 16/10/2012 à 14:56:20

C'est du bien bon, mon lapin, en effet!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 17/10/2012 à 22:46:26

Le Metôl de la Mort se conjugue à la vieille école pour moi et et le tapis de mon salon est importé de Providence alors celui-là il me plait bien !
Alliée à une puissance de feu certaine, une ambiance qui fout bien les shoggoths par moment.

cglaume

cglaume le 17/10/2012 à 23:09:27

Ouarf, "une ambiance qui fout bien les shoggoth": 'y a copyright ? :))))

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 18/10/2012 à 20:04:21

C'est cadeau pour toi Lapinou !!

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