Year Of No Light - Consolamentum

Chronique CD album (55:17)

chronique Year Of No Light - Consolamentum

Ecouter un album de Year of No Light, c’est se plonger dans la bande son d’un film. Rien d’étonnant quand on sait que les Bordelais ont, au cours de leur carrière, signé des partitions pour accompagner les projections d’œuvres comme Vampyr de Carl Theodor Dreyer, par exemple. Projet qui deviendra un album. C’est donc en fermant les yeux, à l’écoute de Consolamentum, qu’on peut laisser le voyage débuter au milieu de paysages au fort pouvoir visuel. La force de la musique qui ne s’encombre d’aucune ligne de chant, contrairement au début de la carrière du groupe. D’ailleurs, à bien y réfléchir, presque chaque titre de cet album se construit comme un film à twist. Chacun instaure sa propre ambiance, pose son dispositif, installe l’auditeur dans le confort de son atmosphère, avant d’atteindre un climax, surprenant par rapport au début du morceau, s’autorisant des flambées d’étincelles et autres déflagrations telluriques comme autant de coulées de lave dévastatrices. La richesse de l’opus tient alors dans l’identité même de chacune de ses pistes et dans la subtilité de ses arrangements.

 

Si l’album débute en terre connue, des motifs de post-metal suldgesques, somme toute fort conventionnels, mais déjà bien séduisants avec ce savant équilibre entre lourdeur et envolées éthérées, succédant à une longue intro atmosphérique tout en nappes de synthés, c’est pour mieux surprendre dès le 2e titre, avec sa mélodie rythmique accrocheuse et mélancolique qui cache le jaillissement soudain des énergies dévastatrices. "Alètheia" monte progressivement en puissance, grâce au travail subtil des percussions, qui gagnent en tribalité au fur et à mesure que le titre ouvre son cœur sur ses blessures. L’émotion jusqu’alors tapie, saute soudainement à la gorge, lorsque le morceau atteint son rythme de croisière. Et c’est lorsqu’on pense qu’il nous a menés vers son acmé, qu’il monte d’un ton supplémentaire, tout en fureur à s’en arracher les cheveux. L’ensemble se mue alors en machine infernale à la mécanique implacable poussée à plein régime. Lorsque, fauché dans sa course folle, le titre semble nous laisser reprendre notre souffle, c’est pour enchaîner avec "Interdit aux vivants, aux morts et aux chiens", à la fois tendu et rampant. Avant que celui-ci, comme les 2 premières pistes, change de tempo pour adopter une allure plus soutenue mais qui ne se déprend pas de sa solennité.

 

L’évocation des titres mêmes des morceaux fournit des pistes pour appréhender la musique de YONL sur cet opus. Il y a quelque chose de l’ordre du dogme, le consolamentum étant un sacrement censé assurer le retour de l’esprit au royaume des cieux. Ainsi, même si chaque titre mène à un final violent, qu’on peut envisager dans sa dimension cathartique, il garde sa charge spirituelle qui s’équilibre au gré des différentes parties. Et ce, par le truchement des apports aux claviers, essentiels dans leur participation à l’aspect mystique de la musique. Même si YONL trace depuis belle lurette sa route, on identifie encore les influences qu’il va puiser chez d’illustres aînés tels que Cult of Luna ou Isis. Des maîtres dans l’art d’allier lourdeur incandescentes et respirations cristallines au sein d’un même schéma.

 

Le film, donc, ou le voyage, ou encore la cérémonie, auxquels nous convie Consolamentum, se divisent en 5 chapitres, 5 mouvements, 5 parties relativement distinctes mais qui ne livrent pas leurs mystères aussi facilement. Suffisamment hypnotiques et patients pour imprégner l’esprit de l’auditeur, chacun apporte sa part d’ombre et de lumière, de délivrance dans la souffrance. D’ailleurs, le final d’une extrême intensité de "Came" sonne comme une envolée collective des âmes, dans la douleur et au son des cloches liturgiques. A la fois beau et effrayant.

photo de Moland Fengkov
le 07/07/2021

1 COMMENTAIRE

pidji

pidji le 16/07/2021 à 16:39:20

Bon bah je viens encore d'essayer et il me fait vraiment ni chaud ni froid cet album 😞

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