Slimey Things - Quantum Reality TV

Chronique mp3 (40:11)

chronique Slimey Things - Quantum Reality TV

Ça faisait un sacré bail que Quantum Reality TV traînait au fin fond de ma TOBEREVIEWED playlist, et que – de ce fait – je tournais autour sans trop oser investir le temps d’écoute nécessaire à sa domestication… C’est que, si d’un côté l’album est certes sorti chez Bird’s Robe Records (l’excellente maison-mère de Toehider, Shanghai, The Barons of Tang), de l’autre les trépidations incessantes parcourant ces 15 titres, tout comme l’auto-attribution d'un label « Sci-fi Rock » ne m’avaient pas forcément mis en confiance… Et pour ne rien vous cacher, en effet, l’approche de la chose n’est pas simple. Pourtant la liste des groupes auxquels la musique des australiens fait penser est sacrément alléchante pour le Nawak freak: Primus, les trublions du Math-Rock sautillant Chromb! et Ultra Zook, les Nawak robots de Tub Ring, les zappeurs fous de Darth Vegas… Ça fait chaud dans le slip kangourous (ou la culotte choupinette) de telles références, non? Le Tarantino Surf Rock de « Death Ray » (dont la superbe vidéo a été réalisée par le responsable des clips de Shanghai) peut même évoquer That Handsome Devil. Sans parler de « More Pop » qui fleure bon la vieille Fusion des origines, quelque part entre Living Colour, Mucky Pup, Nuclear Rabbit et Sykotik Sinfoney.

 

... Alors quoi: pourquoi il fait sa mijaurée le cglaume?

 

Disons juste que les australiens usent et abusent d’une approche télégraphique de la rythmique qui, sur la longue, fatigue un peu. Car tout – le chant de canard-robot scandé tel un automate bloqué en mode Repeat, la basse en caoutchouc renforcé, la guitare et le saxo barjot à l’unisson – contribue à faire de ces morceaux des sortes de cartoons synthétiques parcourus de décharges nawako-musicalo-électriques... Alors que nous autres, à la longue, on ne dirait pas non à un peu plus de fluidité (… ce qu’apporte, finalement, en comparaison, le déjà cité « Death Ray »). Du coup on a un peu l’impression que ce Math-Rock (... parce que la chose est pointue, ne nous y trompons pas) dadaïste est interprété par des Shadoks qui pompent à s’en brûler la rondelle. D’autant que – pour finir d'électriser le biniou – la chose est copieusement arrosée d’interférences bruitistes et autres bruitages made in Tex Avery.

 

C'est la fête à Zébulon quoi, ce dernier ayant pour l'occas' un peu forcé sur le speed!

 

Du coup, logiquement, ce qui doit arriver arrive: tout ce remue-ménage aboutit à une 2e moitié d’album qui finit par nous casser parfois un peu les bonbons. Et ce dès « Grumpy Computer », trop monolithiquement en mode marteau-piqueur rebrousse-poil. Et c’est encore pire sur « Whitegoods of Destiny », titre lors duquel – certes – le groupe décide d’arrêter le trampoline, mais pour – en échange – nous coller un mouchoir plein de chloroforme sur les naseaux… Non mais eh ho?!? Et ça repart dès « Who Will Save The Boy » dans des excès de zappeur nawak extrémiste qui font mal à l’estomac, sans pour autant réussir à flatter le palais. Tout ça pour finir en eau de boudin sur 1) « Teddy's All Nite Interdimensional Portal and Bistro » qui cache à peine 3 minutes de smooth Jazz somnolent au milieu de plus de 10 minutes de barbiturique musical 2) puis « Quantum Reality TV », morceau-titre qui zappe de plus belle, avec toujours aussi peu de miam à se mettre sous la dent en fin de course…

 

Heureusement, ce que ne dit pas ce début de chronique élaboré selon un odieux stratagème critique frôlant la diffamation, c’est qu’hormis les 5 morceaux qui sont épinglés là, juste au-dessus, le reste de la tracklist (autrement dit 10 morceaux courts mais intenses) est tout à fait jouissif – du moins si l’on passe outre le côté tachycardique de la chose. On appréciera entre autres les bons vieux relents Fusion de « More Pop » (le mec qui se répète, oui, je sais…), le côté flipper Primussien de « Photon Rock », la nawakerie retorsement funky « Am I Weird? », ainsi que le trop court « Superdupercollider ». Ce qui compense largement la fin d’album en demi-teinte.

 

En quittant Quantum Reality TV, on reste donc finalement sur une bonne impression, et on se met à regretter que le groupe n’ait pas donné beaucoup de nouvelles depuis lors… ‘doivent être trop occupés à mater des films de nanotubes & boules sur les chaînes cryptées de leur télé quantique!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: un saxo qui déblatère en morse, main dans la main avec une guitare et une basse trampoline tout droit issues de chez Primus. La folie et les ressorts des zébulons Chromb! et Ultra Zook. Une bonne grosse facette Nawak old school à la croisée de Darth Vegas et Nuclear Rabbit, le tout teinté de penchants robotiques vintage. C’est la formule osée, éreintante et sympathiquement barrée que propose Slimey Things sur Quantum Reality TV.   

photo de Cglaume
le 05/02/2016

1 COMMENTAIRE

cglaume

cglaume le 05/02/2016 à 09:54:50

Information prise à la source: il semblerait qu'un nouvel album soit prévu pour cette année !

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