Terrortory - City of Ghosts

Chronique mp3 (21:41)

chronique Terrortory - City of Ghosts

On peut penser ce qu’on veut de l'appellation, mais quand Azure Emote, Gire ou Disharmonic Orchestra se targuent de jouer de l’Avant-garde Death metal, 'y a pas à tortiller, ça veut quand même dire quelque-chose! C’est qu'en plus des habituels gargarismes au Destop, des riffs Kärcher-ov-Hell et des marteaux-piqueurs à double pédales, ils n'ont pas peur de balancer dans le blender de bonnes louches d'instruments exotiques, des idées pas banales, des structures innovantes et des orchestrations décalées. Par contre quand Terrortory vient nous coller son étiquette « Avantgarde melodic death metal » sous la truffe, on en vient à se demander si, fondamentalement, ce qu'ils souhaitaient signifier ça n'est pas plutôt qu’ils jouent un death mélo comme on en pratiquait avant que C. Lagarde n’entre en politique (promis: CoreAndCo va ouvrir un bureau des réclamations contre les jeux de mots moisis). Parce que leur côté expérimental est à peu près aussi développé que le business du tatouage tribal au Vatican.

 

Non c’est vrai: la musique proposée sur City of Ghosts – EP qui fait suite à un premier album (The Seed Left Behind) ayant obtenu pas mal d’échos positifs – est franchement facile à étiqueter: c’est du pur Arch Enemy période Angela Gossow. Que ce soit l’approche up-mid tempo, les leads heavy, le growl acide ou certains gimmicks de composition, tout nous rappelle leurs compatriotes de chez Century Media. D’ailleurs « New World Order » est un morceau tout à fait représentatif du style, catchy à souhait, gentiment incisif, la seule originalité notable consistant en l’incorporation d’élégants chœurs en chant clair sur le refrain, un peu comme – décidément la Scandinavie tient le haut du pavé dans le genre – sur le dernier In Vain. Du côté du morceau titre, nos suédois partent dans une veine un peu plus thrashy, façon Carnal Forge / The Crown, avant de réaffirmer leur attachement aux mélodies juteuses et de finalement raccrocher le wagon Arch Enemy / Decadence. Bref, on reste dans le classique de chez classique. « Dead Eyes In A Dying World » s’ancre dans un melodeath un brin plus gothembourgeois, avant de changer doucement sa trajectoire et de se mettre à moshi-mosher comme l’un de ces combos d’outre-Atlantique ayant découvert l’existence de la Suède sur le tard. Quatrième as du carré City of Ghosts, « Beheading The Serpent » ajoute un soupçon de glace pilée au shaker pour emmener ses mélodies et sa structure plus alambiquée sur les terres d’un death héroïque vaguement blackisant et assez plaisant.

 

Pour être tout à fait honnête, si le death mélodique de Terrortory n’a franchement rien de révolutionnaire, il s’avère néanmoins bien foutu et se déguste sans être gêné par aucun mauvais arrière-goût. Par contre j’avoue que les méthodes commerciales moisies consistant à tenter de nous refourguer des hamburgers en vendant ça sous l’appellation « Estouffade de buffle en croûte sous ses copeaux de truffes », ça aurait tendance à me donner envie de saquer l’album. Avant-garde? Mon cul! M’enfin allez, on attribuera quand même à l’album la note qu’il mérite vraiment (...oh et puis non tiens: un demi-point en moins !).

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: City of Ghosts est un EP d’« avant-garde melodic death metal » tout autant d’avant-garde que Jean-Marc Morandini est prix Nobel de Chimie, ou que Derrick a du sang ougandais. M’enfin ça reste du Arch Enemy-like assez plaisant.

photo de Cglaume
le 09/07/2013

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