The Dillinger Escape Plan - Miss Machine

Chronique CD album (40 : 00)

chronique The Dillinger Escape Plan - Miss Machine

Encore un poulain de relapse qui nous sort un album cette année, décidément ils auront été fournis en galette en cette moitié d´année du côté du label ricain. Mais là, c´est avec une certaine réticence qu´on peut aborder un album de Dillinger Escape Plan si l´on est pas un aficionados. En effet, et leur récent LP en compagnie du sieur Mike Patton ne me contredira pas sur ce point, leur musique est plutôt chaotique et très opaque pour qui ne s´y plonge pas entièrement...

 

Les deux 1ers titres de ce Miss Machine sont effectivement dans la même veine que les titres des précédents opus ; c-a-d touffus, avec 14 riffs à la minute, des changements de rythmes incessants... Mais dès le très bon « highway robbery » on se dit qu´il y a un petit quelque chose de changé chez DEP, un refrain compréhensible; une ouverture peut-être ? Oui, mais on garde la base alors : les riffs biens hardcore avec une batterie bien tremblante et qui assène des coups de caisse claire assommants ! Retour au H*C brutal sur « Van Damsel » où on ne fait pas de cadeau et on agresse ostensiblement l´auditeur en le rouant de guitares, de voix et de rythmes agressifs. La partie plus obscure et cachée de DEP réside dans tous ces autres titres, où justement le H*C pur jus disparaît au profit de passages avec samples (parfois des violons ? !) et de riffs plus nuancés : soit bien rocks soit franchement inclassables, mais beaucoup plus accessibles qu´à l´accoutumé chez ce combo. On se surprend même parfois à sifflé l´air d´une chanson (« unretrofied »)! Les titres sont vraiment plus compréhensibles et les parties calmes ou expérimentales sont décidément excellentes (la fin de « we are the storm » ou ). On peut même prendre le « vocaliste » en flagrant délit de chant caractérisé ( par ex. dans « baby´s new coffin » mais il y en a d´autres), ce qui est plus que rare chez DEP - et considéré comme un affront par les fans de DEP (qui pensent qu´ils devraient arrêter de fricoter avec Mike Patton). Il est vrai qu´entendre une voix chantée avec des riffs plus rock que H*C donne des passages plus que surprenants pour un groupe de relapse...C´est le cas si l´on prend ces passages isolément du reste, mais finalement l´ensemble nous donne du vrai PUTAIN de Dillinger Escape Plan pur souche et c´est bon ! ! ! Car tout ça est pris entre des matraquages de riffs saccadés accompagnés de batterie marteau-piqueur, de hurlements barbares entrecoupés de moults breaks (dont on ne sait d´ailleurs plus si ce sont des breaks ou des riffs à part entière), de samples divers et le tout saupoudré de cycles carrément rock´n´roll !

 

Et c´est tout ça Miss Machine : un entrelacs de riffs à 114 notes, de rythmes tout bonnement incaptables par moments, des mélanges de styles musicaux théoriquement immiscibles mais qui peuvent prendre forme dans les mains (ou cordes vocales) de génies - et je pèse mes mots - tels que les membres de DEP. Car c´est plus que du talent dont il est question ici ; il n´y a qu´eux pour accoucher avec une telle justesse, une telle inspiration d´un opus comme Miss Machine.

photo de Mat(taw)
le 24/12/2004

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