Thy Worshiper - Bajki o staruchu

Chronique CD album

chronique Thy Worshiper - Bajki o staruchu

Là où la nuit touche le jour et où la lumière se transforme en nuit. Ici où les peurs léthargiques se réveillent de leur sommeil inquiétant et où les bêtes se révèlent. Là où, dans les ténèbres de l'âme, naît la peur et la mort, le dernier souffle quitte le corps et exhale une fable. Ce qui était censé être un conte de fées devient un cauchemar personnifié par un vieil homme en robe noire.

Il parcourt le monde et sème la peste. Lentement, il détruit et effraie. Il vole la lumière. Il vole le destin de ceux qui le croisent.

Ainsi, thématiquement parlant Thy Worshiper nous transporte dans des lieux jusqu'alors seulement accessibles aux chamans, aux sorcières et aux possédés.

 

Bajki o Staruchu ("Contes de fées du vieil homme") nous, empoigne, alors, dès ses premiers accords. La patte du groupe est désormais bien assise malgré un menu changement de line up. La nouvelle banshee se fait plus câline. Le contraste est d’autant plus saisissant avec la barbarie du chant de son homonyme masculin.

 

La glace et le feu en rafale.

 

On se prend du minéral et du végétal, encore, dans nos oreilles.

 

La construction parfois limite jazzy, souvent progressive, baigne toujours dans le noirceur du Black Metal le plus tripé.

Pas facile de ne pas plagier les mots de mon collègue Xuartec dans sa chronique de l’album précédent... Les Polonais se dérobent, alors, à toute tentative de rationalisation. Cette langue est si tellurique que vu d’ici, elle ressemble à celle d’un autre monde, plus chthonien. Et d’un autre Temps. Quand les premiers hommes descendaient dans les profondeurs de la Terre pour accoucher de chef-d’œuvre rendant hommage à on ne sait quelle puissance ou énergie.

Pas facile non plus de décrire des morceaux tout en circonvolutions. Ils se dérobent, glissent dans l’humus, et pointe vers le ciel, hurlant à la Lune, au détour d’un break tout en finesse.

 

Pourtant Thy Worshiper n’oublie pas que son album va être écouté. C’est bien le but de toute musique non ? A part les percus d’un pagan man bourré, j’veux dire...

L’album ne parlera pas à tout le monde et ne se fera complexe mais jamais hermétique ou prétentieux.

Alors, on frémit et on ne comprend pas tout. Mais on sait que le propos est chevillé à l’âme humaine comme toutes les histoires racontées pendant notre enfance. Celles qui nous imprimaient des images, la Barbe Bleue, "Baba Yaga" (lugubre septième morceau), celles des frères Grimm et du gorissisme Charles Perrault.

 

Je pense qu’au moins un membre du groupe va s’amuser à traduire ma chronique. Je le lui souhaite bien du courage comme il m’en a fallu pour écrire sur cet odyssée musicale décidément à part.

photo de Crom-Cruach
le 22/11/2021

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