Tombstoner - Descent to Madness

Chronique CD album (20:20)

chronique Tombstoner - Descent to Madness

Quand on découvre le nom de la bonne fée qui s’est penchée sur le berceau de Tombstoner (i.e. Redefining Darkness Records), qu’on mate la pochette, puis qu’on pénètre sur Descent to Madness par la porte d’entrée – autrement dit par la piste #1, « Tombstoner », dont les riffs lugubres nous font bien sentir qu’on n’est pas seul dans la brume, accompagné par quelque menace larvée, à la limite de notre champ de vision – on se dit que youpi, c’est parti pour une nouvelle tranche de Swedeath A.O.C. Et puis rapidement on découvre que la goule au micro a le growl tirant sur le grunt musculeux, et qu’elle est secondée dans son travail de Mr Loyal par un thrasheur de terrain vague qui doit s'enfourner plus souvent des hamburgers au gras que des Krisprolls aux Daims.

 

Et en effet, derrière le blaze Tombstoner ce sont des p’tits jeunes fwom Nouyo’k qui s’agitent: deux paires de frangins pour être exact. Si ceux-ci savent manifestement de quoi il est question quand on leur cause de Left Hand Path, ils doivent également avoir une longue pratique du Skate’n’Thrash, ainsi que l’habitude de se la jouer gros dur « youTalkinToMe? » devant la glace sur fond de NY Hardcore. Parce que ce tout premier EP nous immerge jusqu’à la tonsure dans la mode américaine du « 1 doigt de Swedeath pour 2 gouttes de Hardcore » – recette popularisée par les Gatecreeper et autres Fuming Mouth, et déclinée par tout un tas de jeunots depuis.

 

Sur « Tombstoner », donc, on reste principalement dans les marais, on headbangue lourdement avec les défunts, mais on remarque quand même une virulence combative qui n’est pas forcément ce à quoi le visiteur de caveaux suédois est habitué. D’ailleurs, peu après la barre des 3 minutes, le morceau se met à piétiner en mode gare-au-gorille... Le cul entre deux chaises, l’auditeur tente de trouver satisfaction au sein de « Filth Hole » en se focalisant sur ces quelques petits gimmicks Metallica-ophiles qui en ornent certains riffs. Mais las, trop plate, trop visqueuse, cette courte tranche de pâté de 3 minutes-et-des-brindilles ventile les voies respiratoires sans vraiment mettre à contribution le CPU de l’auditeur. Et l’entreprise d’enCorification de se prolonger sur « M.Y.F.B. », morceau sur lequel notre quarteron de métalleux remonte les manches pour asséner un refrain « Mind Your Fu-ckin’ Biz-neeeeesss » tous tatouages apparents, qu’on croirait presque que les dudes de Biohazard sont passés boire une bière lors de l’enregistrement.

 

‘de Dieu, j’ai vraiment du mal avec ces énergumènes qui portent des loques de vieux cadavre HM-2isé mais qui posent, bandana à l’air, sous le pont de Brooklyn…

 

« Guts » continue de décliner le registre de Slayer à l’ombre du H, de la petite croix et du C des urban guerriers trop chanmés, la chose étant gentiment encouillifiée sous l’épaisse pilosité du Death Metal, avec en bonus quelques bonnes grosses saccades, un refrain point levé, et un petit solo des familles – parce qu’on est des métalleux ou bien? « Descent To Madness » prétend – à juste titre – remonter le niveau avec une intro pleine de cordes lugubres, une belle guitare lead servie avec son supplément de profondeur… Mais une base relativement grumeleuse, assez basique, toujours aussi éloignée des studios Sunlight que ses copines logées plus haut dans la tracklist… Le premier titre était une exception, finalement.

 

Alors c’est sûr, cet EP est vraiment efficace. Mais il est aussi original qu’un filet de bave coulant d’une mâchoire prognathe dans une tribune du Stade de France. Ce qui n’est pas un problème en soit. N’empêche, autant vous prévenir qu’il faut quasiment plus aimer Hatebreed qu’Entombed pour apprécier pleinement Descent to Madness.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: nouveau venu sur la scène Swedeath / Hardcore Metal US, Tombstoner nous explique la vie sur un premier EP qui sent finalement plus la rue – le Thrash urbain, le Hardcore de mec-qu’en-a – que les vieux cimetières. Si vous êtes fans de cette scène qui fait au Death de papa Entombed ce que les héritiers de Killswitch Engage ont fait au Melodeath from Göteborg, vous allez sans doute kiffer…

photo de Cglaume
le 06/07/2020

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 06/07/2020 à 12:28:55

Bof bof...

8oris

8oris le 06/07/2020 à 16:31:22

J'apprends des mots rigolos avec le lapin de CoreandCo. Aujourd'hui: "encouillifié"!  

cglaume

cglaume le 06/07/2020 à 16:37:21

Validé par Maître Crapulo !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 06/07/2020 à 19:44:21

La voix est compétemment à côté de la plaque, c'est dommage.

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