Ulcerate - Of Fracture And Failure

Chronique CD album (45mn)

chronique Ulcerate - Of Fracture And Failure

Le death metal compte désormais une scène de plus dans l'hemisphere sud; après l'Amérique du sud c'est l'Oceanie qui s'y colle. L'an passé les tasmaniens de Psycroptic avaient fait irruption dans l'univers metal mondial avec un album fracassant et une identité propre; c'est maintenant au tour des néo-zélandais d'Ulcerate qui dans un registre un poil différent propose un savant mélange de technique, d'originalité et de bon gros death metal des bois pour un résultat surprenant et finalement jouissif ! La relève du death metal moderne se situe plus du coté des kangourous que des 4x4 ricains comme vous le constaterez après l'écoute de ce Of Fracture And Failure.

 

Si Ulcerate pratique une musique technique et assez complexe dans les structures et dans les breaks (un régal pour les oreilles !) elle n'en est pas pédante pour autant! Sachant ralentir avec des bons mids bien tassés ou accelerer grace a des blasts bien sentis, le groupe arrive a faire cohabiter furie, chaos, complexité et efficacité (chose plutot délicate a faire en general) Ne misant donc pas sur une grosse purée inaudible de shred et de blast (un peu a l'instar de Atheretic) avec des cris porcins et un univers gore; Ulcerate a un espece de feeling qui découlerait plus de groupes de metal technique ou de "mathcore" (type Psyopus, Ion Dissonance, Job For A Cowboy etc.). Le chant n'est pas du tout typé death "gruik" metal mais est plutot écorché en sachant se poser dans les graves quand il le faut. Le son est loin d'etre cradingue type "goregrind attitude" mais est étonemment super clean (sans pour autant perdre en personalité je trouve) surtout au niveau de la batterie qui est d'une subtilité incroyable. Contrairement a ses influences notoires que sont Suffocation, Hate Eternal, Deeds Of Flesh ou encore Immolation pour le coté dissonant très présent, Ulcerate ne se pose pas dans le jardin death metal et je pense peut ravir les fans de metal en general. L'interet de cet album est sa richesse de composition, car ces 9 titres proposent dans des formats variés (de 3 à 8minutes) un univers complexe et très fouillé. Preuve de sa diversité, on frole le post-hardcore sur le titre "Failure" alors que "Defeaco" cloture magnifiquement l'album avec ses 8minutes 40 (avec un fade-out bien emmené. Encore une chose: même le track-listing a été mis en place de facon judicieuse car on ne s'ennuie pas une seule seconde a l'écoute de cette galette et certains enchainements de titres son très bien vus (notemment au niveau de l'arrangement).

 

Alors évidemment, si vous preferez Six Feet Under à Necrophagist vous risquez de vous emmerder un peu à travers tous ces riffs et tous ces breaks techniques... Mais si ce versant du death metal vous intriguait, il n'est jamais trop tard pour s'y coller; car ici point de dégueulis ni d'intros de films gores et/ou pornos ! Ce coté plus "metal" que j'évoquais plus haut se ressent vraiment comme une nouvelle approche du genre, et autant dans l'univers musical que visuel (très belle pochette d'ailleurs) les stereotypes du "metol de la mort" sont soigneusement évités afin de proposer un disque chiadé et tout simplement très bon. Complexe et varié sans pour autant verser dans la démonstration de technique pure, digeste grace un son exceptionnel cet album est peut etre le point de départ d'un nouveau style de death metal technique, ou du moins un excellent départ pour ce groupe talentueux !

photo de Viking Jazz
le 05/03/2007

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