Wolfbrigade - Comalive

Chronique CD album

chronique Wolfbrigade - Comalive

La machine de guerre Wolfbrigade se forme en 1995 en Suède sous le nom de Wolfpack grâce à la réunion de membres d'Anti Cimex (légendes du Hardcore/Crust suédois), Infinity Obscure (Death Metal) et Harlequin (Punk Folk).

Après quelques années de maturation, l'alliance de ces influences donne naissance au plus formidable défourailleur D-Beat de l'histoire du mouvement.

Suite à quelques albums de qualité  et une pelletée de EP's, un nouveau chanteur rejoint la horde en 1998 en la personne de Micke. Et c'est une des meilleures choses qui va arriver au groupe, posant ainsi une signature vocale désormais inimitable. Certes le brailleur n'est pas un technicien. On peut même trouver une certaine redondance dans ses vocaux. Mais la rage et la conviction chevillées au corps, Micke semble, sur chaque morceau, poser son chant comme si c'était la dernière fois qu'il avait cette chance. Une tempête de fureur parfois soutenue par les chœurs de ses complices et vous avez dans les oreilles sans nul doute le meilleur chanteur de toute une scène. Wattie doit apprécier de voir une telle relève assurée dans le milieu punk.

En 2000, le groupe décide de changer de blase pour éviter le quiproquo avec le nom d'un gang néo-nazi et opte pour Wolfbrigade. Je passe sur les quelques péripéties de leur odyssée D-Beat, notamment la sortie du terrible  In darkness, you feel no regrets pour arriver à l'année 2008.

En Décembre 2008, l'album Comalive sort. S'en suit alors une énorme tournée (du moins pour les standards punks) pour promouvoir l'album avec comme summum, leur présence au Baltimore Deathfest, aux USA.

 

Maintenant que le décor est planté, ouvrons la Bête pour voir ce qu'elle a dans le ventre. Après les sirènes d'usage (ressemblant à des hurlements de loups) en guise d'intro, "Adrenaline" déboule dans vos enceintes avec une violence inouïe donnant le ton de l'album. "Ride for a fall" suit de près, la bave au lèvres, les crocs dénudés comme s'il n'y avait qu'un seul et même morceau. Voilà, pour les ignorants, les présentations sont faites, sonnez la curée.

"Unknow Road" introduit d'emblée une des marques de fabrique du groupe : la mélodie. Oui vous avez bien lu ! Car sous cette couche de sons abrasifs et massifs se cache sans cesse la volonté de rendre les morceaux lisibles (écoutables donc) par des riffs ou des solos courts que vous pourrez presque siffloter.

La section rythmique, elle, est en mode « pas de quartier », à tel point que l'on se demande s'il y a des humains derrière les instruments.

Les morceaux défilent, vous gorgeant d'une hargne galvanisante tournée contre la connerie ambiante, l'hypocrisie et l'égoïsme de notre espèce puis vient Barren Dreams. Et là on se dit que l'on tutoie le parfait. Rarement un morceau arrive à me filer une telle énergie. Car la musique de Wolfbrigade, bien que profondément désenchantée, nous fait nous dresser, le poing levé plutôt que nous recroqueviller dans notre coin pour nous appesantir sur notre sort.

 

Comalive est une pépite de désespoir dans un écrin blanc comme pour nous signifier que rien n'est jamais perdu tant qu'on a du cœur et des tripes. L'année 2012 confirmera la recette du groupe et sa position de leader avec la sortie de Damned  chez Southern Lord.

photo de Crom-Cruach
le 16/01/2013

3 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 16/01/2013 à 10:37:09

Ça fait envie. Je crois que je vais me laisser tenter, histoire de me cultiver...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/01/2013 à 11:23:30

Coooool !
Vas-y les yeux fermés, c'est le groupe qui m'a le plus retourné depuis ces 10 dernières années et Comalive est un petit bijou !!

daminoux

daminoux le 16/01/2013 à 12:33:29

Wolfbrigade ou the groupe de crust a l'heure actuel.... bon Kro mon Crom-Cruach pour un album qui pue la bière , la sueur et le chien mouillé.... un album indispensable pour le fan de crust...

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