S'inscrire sur COREandCO
Webzine musical COREandCO : hardcore, metal, rock et leurs dérives

Les interviews Ingrina - Interview du 01/05/2018

Ingrina - Interview du 01/05/2018 | COREandCO

Membre(s) interviewé(s) :
Ingrina

Les interviews Ingrina
Ingrina

Attention il ne faut pas confondre sextet et sextape, ni Tulle et Tuc. Maintenant que tout est clair, Ingrina est un sextet originaire de Tulle qui sort son premier album, le très réussi Etter Lys. Aux pays du post-rock / post-hardcore, des chemins qui vont de Gantz à Cult Of Luna, en passant par Aussitôt Mort, ils tracent leurs voies, de force et de sueur. De France jusqu'au Japon. Et ils ont beaucoup à dire. La preuve par les 50 minutes de l'album, pas moins qu'un double vinyl, et les mots ci-dessous suite à l'échange par mail avec le groupe.

 

Si on me dit 3 guitares je réponds Iron Maiden. Ou Year of No Light (même si d'autres diraient Caspian, Cult Of Luna ou Radiohead). Pour 2 batteries, Godspeed You! Black Emperor ou les Melvins. Vous, vous combinez les deux ! Qu'est-ce qui vous a amené à une telle configuration et des groupes comme GY!BE - qui a déjà tourné sous cette même forme - ont-ils pu être une inspiration quant à la faisabilité de la chose ?

 

Nico : Question faisabilité, on a découvert au fur et à mesure l'ampleur du bordel. On avait quand même eu l'expérience en 2012 d'une tournée à 2 batteries avec LD.Kharst, suite à un accident du batteur (on avait dû en rajouter un deuxième vu que le premier avait une main en moins). C'est surtout pour ça qu'on s'est dit que c'était jouable. Mais ce que l'on a rencontré avec Ingrina c'était nouveau : composer à 6, enregistrer et mixer autant de pistes, le camion en surcharge qui racle par terre, tous les soirs emboucaner la scène des punks avec notre attirail de bourgeois... Y'a des moments où on s'est senti davantage comme un orchestre symphonique que comme un groupe de rock DIY. Mais on se fait à tout !

 

Flo : Ce qui est drôle c’est que la tendance générale est plutôt à la réduction des configs. Beaucoup de projets se forment en solo ou à 2, et nous c’est une équipe de basket avec un remplaçant. Donc oui, moins de place dans les camions et sur scène, moins de gâteaux dans les loges mais plus de bruit à l’arrivée, ce qui est foncièrement beaucoup plus cool. Concernant les groupes que tu cites, je ne sais pas si c’est une influence directe, dans le sens où on ne s’est pas dit “on va mettre 2 batteries comme tel groupe, ou 3 guitares comme celui là…”. Pour tout te dire, au départ du projet le premier titre ("Stolidity") a été écrit avec deux guitares mais il y avait beaucoup de parties, difficilement jouables sur scène à “seulement” deux grattes. Donc je suis arrivé dans le groupe pour faire la troisième. Les 2 batteries, ça me fait aussi penser à Fugazi sur The Argument, et du coup pour Maiden... moi je suis pour les 3 guitares harmonisées hein, mais va falloir que je bataille un bon moment pour que ça se fasse!

 

Anto : Puis ça fait une joyeuse petite colo en tournée, où chacun prend bien soin de préserver ses neurones.

 

Cela ne fait-il pas de vous d'emblée la bête noire des sondiers des salles de concerts ?

 

Nico : C'est sans compter sur l'amour éternel des sondiers pour la technique ! Quand ils nous voient débarquer, certains perçoivent notre configuration comme un défi à relever, un truc qui change leur routine... D'autres sont un peu désemparés avec leurs 4 micros face à nos 24 pistes. Mais on est flex, on sait bien qu'on peut pas débouler et exiger une sonorisation complète, donc on fait en sorte que ca sonne au maximum sans sono, pour ennuyer personne, vite finir les balances et boire des bières. La première tournée par exemple, on n'avait même pas de micro voix, on criait en l'air dans les ténèbres ! Puis bon, on va pas se la raconter, on joue souvent dans des endroits où l’on ne sonorise qu’un kick et deux voix... Et les sondiers, dans ces cas là, c'est nous.

 

D'ailleurs, tout s'est-il bien passé lors de cette tournée fin 2017 en Europe/Europe de l'est ? Et pour les concerts en général, avez-vous un souvenir incroyable et un autre horrible à partager ?

 

Nico : En terme de souvenir incroyable, y'a eu cette date en 2016 à Brno en République Tchèque, lors de notre première tournée. Une classique cave voûtée et humide qui colle aux pieds. Des gens autant en sueur que nous se sont tous mis à chanter un des rares titres qu'on avait postés sur internet à cette époque (Stolidity). Ils le connaissaient mieux que nous d'ailleurs ces tocards, c'était d'autant plus cool que c'était la fameuse tournée sans micro chant. C'est toujours surprenant que des gens d'un bled à 1500 bornes de chez toi apprennent des lyrics et les crient. Alors que nous à ce moment là on se demandait si notre musique n'était pas une bête immonde trop fraîchement sortie du bois. Le reste de la soirée était un tournant historique dans notre alcoolisme, mais ça ne se raconte pas plus que ça.

 

Anto : Ah Brno, c’était magique ! Sinon en souvenir stressant  il y a la fois où on s’est fait arrêté par la police allemande avec le camion en surpoids de 300 kg, malgré des tentatives de lévitation d’objets. On aurait dû y laisser une bonne partie du matériel sur place et finir la tournée en air guitare. Pourtant la police fut clémente, pour une fois.

 

Adri : On touche du bois mais rien d'horrible jusque là. La tournée c'est un peu l'endroit où toutes les sensations convergent. On devient tous un peu sensibles, joyeux, irritables et mélancoliques. Ce qui nous paraît horrible sur l'instant, comme dormir dans un dortoir humides plein de merde ou se faire hurler dessus en Tchèque sans trop savoir si le gars veut t'arracher la tronche ou simplement te dire très fort qu’il a kiffé le concert, se révèle avec le temps être quelque chose de super, un bon souvenir. Ça a le mérite de nous faire sortir de notre zone de confort, de notre quotidien, de notre bourgeoisie.

 

 

Pour qu'un groupe perdure il faut sûrement que tout le monde s'entende, là avec autant de musiciens et tant d'instruments en commun n'y a-t-il pas un risque plus important pour l'un d'empiéter sur les pieds de l'autre, ou l'un d'entre-vous est-il considéré comme le « chef d'orchestre » ?

 

Nico : On n'a pas de chef d'orchestre non. On pourrait en prendre un d'ailleurs, on serait 7, on jouerait au conservatoire et on ramasserait tous les petits fours dans les théâtres. Mais bon, faudrait qu'il ne soit qu'un prête-nom, parce que les chefs, en général, c'est un peu comme la police ou le capitalisme, c'est toujours mieux aboli.

 

Anto : Ni dieudonné, ni maître gims !

 

Nico : Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas de prises de pouvoirs, de bras de fer, de chantages crapuleux et de dominations implicites... En réalité, oui on se marche souvent dessus, musicalement, physiquement, humainement, on a tenté toutes les façons de se piétiner ! Mais il suffit d'être deux pour que ça se passe déjà comme ça. Ce qu'on essaye de faire, c'est de se sentir tous conscients qu'on ne peut pas plomber les 5 autres avec ses obsessions perso, et qu'il faut bien construire quelque chose de commun. Donc chacun fait l'effort, à sa manière, de trier en amont, dans sa tête, ce qu'il souhaite ouvertement partager aux autres ou critiquer. Ca demande juste beaucoup de temps et d'énergie à affiner pour que tout le monde s'y retrouve. Et sûrement quelques frustrations, aussi. Une sorte d'auto-contrôle... Ah merde c'est pire que la police ça !! Mais finalement rien de radicalement différent de ce qui se passe dans un groupe à 3 ou 4. On s'efforce en tout cas de trouver de l'équilibre, entre les instrus, les goûts, l'espace physique de chacun, les personnalités, les aspirations, les odeurs... Ça se fluidifie avec le temps. Et pour ce qui est de perdurer... Un groupe de rock c'est toujours fait pour mourir à la base non ?

 

Anto : Six musiciens c’est aussi l’occasion d’avoir plein de points de vue, d'âges et de goûts différents. Certains se connaissent depuis la maternelle, et d’autres se découvrent. C’est pas toujours simple, mais se confronter à une telle entreprise collective ça permet d’avancer. Puis chacun a son lot de blagues de merde, alors on rigole bien quand même.

 

Flo : Effectivement , point de vue écrasage de petons, je pense que le fait qu’on soit 6 n’y change pas grand chose. Après, cela pousse plus à aller à l’essentiel, dans le sens, “on est nombreux, faisons le tri en amont de ce qui nous tient à cœur dans une composition donnée”, ça va au final souvent plus vite quand chacun met son égo de côté, en prenant un peu de recul. C’est le côté “collectif” qui veut ça plus que le fonctionnement standard d’un groupe à 6.

Après je rejoins Nico et Antonin, c’est un équilibre à trouver, respecter l’autre dans ses qualités et ses défauts, les âges, les expériences et les goûts différents, on y travaille en tout cas. Et les blagues de merde, évidemment.

 

Et comment se sont passées les phases d'écriture et d'enregistrement pour ce très réussi Etter Lys ?

 

Nico : La composition d’Etter Lys a commencé dès novembre 2015, quand on a créé le groupe. En fait, on a tenté d'enregistrer l'album en juillet 2016, c’était un échec. On n'était pas du tout satisfaits des morceaux tels qu'ils sont sortis. Trop loin de ce qu'on ressentait à les jouer. Au final, de ce record, nous n'avons gardé que les nouvelles compos créées en un souffle quelques jours avant d’enregistrer. C'est à dire "Casual" et "Frozen", qui ont constitué le premier EP-ST. Les autres morceaux, plus anciens donc, on a attendu de les jouer pendant 9 mois de plus en live, avant de les enregistrer de Mai à Août 2017, on avait besoin des les éprouver. Donc le processus s'est étalé sur un an et demi, avec des pics de dépressions productives pendant les beaux jours, enfermés à arranger les grattes, les transitions entre les morceaux, à l'écriture de la courte nouvelle qui est le fil rouge narratif de cet album et qui prête une partie de son verbe pour le chant... Beaucoup de détails à peaufiner, à agencer, à faire, refaire et défaire. Surtout quand on se charge nous-mêmes du mix et du mastering.

 

Anto : En gros on a passé nos derniers étés dans nos locaux de répète pour enregistrer, pendant que nos potes buvaient des mojitos en terrasse quoi. Chacun sa peine.

 

Y a-t-il eu un instrument ou un morceau plus compliqué qu'un autre à finaliser ?

 

Nico : Les instrus, ça allait, même si tous ne demandent pas le même type d’effort. Les batteries c'est un boulot très rapide, mais intense et pressurisant. Y'a des gros blocs de 12 minutes à jouer d'une traite, à deux batteurs, et le moindre pain fout tout en l'air, surtout celui à 11'59. C’est une sorte de perf, d’autant plus à deux batteries… Mais une fois que c'est dans la boite, on n’y touche plus, “y’a plus qu’à” mixer. La basse, c'est bouclé en un après-midi... (Le bassiste te dira que c'est le talent qui veut ça !). Et les grattes, contrairement à la batterie, y'a zéro pression, zéro perf. Mais on cherche tellement le truc qui nous fait kiffer, qu'il y a des jours où on n'a pas réussi à enregistrer plus d'un riff de 30s sur 8h de taf... Et le lendemain quand on le réécoute, on l'efface direct, et on recommence pendant 12h de plus !

Niveau morceau, "Resilience" c'était pour moi le plus dur, le plus étrange. Un morceau fulgurant qu'on a composé sur un coup de tête en répète et qu'on n’a jamais vraiment réussi à recorder comme on l'a vécu le jour de cette répète magique. C’est un pattern lent et progressif, très monolithique, avec peu de rupture, ce qui est loin de nos habitudes, et ce qui nous a déstabilisés au moment de choisir quelle intention mettre, à tel ou tel passage. Là je viens de le réécouter, histoire de ne pas dire de conneries. Je le trouve super, et pourtant je m'y sens étranger, comme si j'écoutais un autre groupe. On ne l'a joué en live qu'une ou deux fois. Au final, c'est resté un interlude, une respiration, qui ne sera qu’un morceau sur disque, et ça, on ne l'avait pas exactement vu venir au moment du record.

 

Anto : On a aussi composé et enregistré un morceau bonus pour la version Japonaise en quelques semaines. C’était un peu la course, à l’opposé de tous les autres morceaux où l’on a pris notre temps. Pourtant le résultat est plutôt cool. D’ailleurs peut-être qu’on se lancera dans un album grind de dix minutes la prochaine fois.

 

Était-ce une continuité avec vos musiques sorties en 2016 ou y a-t-il eu une évolution ?

 

Anto : Ce qui change aussi sur l’album c’est le travail sur les interludes, les ambiances etc.. On a pris le temps, d’ajouter des choses petit à petit comme on construit un puzzle. Pour donner un truc moins “urgent” qu’en live, où ça crépite de partout. L’idée était d’avoir un récit qui ait du sens, et non un ensemble de morceaux façon compile. Par contre on ne risque pas de passer à la radio tout de suite. C’est tant pis !

 

Nico : Comme on le disait plus haut, les morceaux sortis sur l'EP éponyme en 2016 ont été composés bien après une bonne partie de ceux d'Etter Lys. Ouais, en plus d'être 6, on fait pas toujours les choses dans l'ordre ! Du coup dans "Casual" et "Frozen" qui sont sur l'EP, il y a une fraîcheur que l'on peut retrouver dans "Leeway" ou "Black Hole", les deux morceaux « nouveaux » que l'on a fait pour Etter Lys. Le reste ("Fluent", "Coil", "Resilience", "Surrender") a été mis en chantier dès 2015 bien avant le premier EP. Ce sont donc des titres plus cérébraux, plus pensés. Des morceaux « à tiroirs » comme dirait Flo.

 

Et ce premier véritable album, en êtes-vous satisfait maintenant qu'il est sorti ?

 

Nico : Etter Lys représente deux ans et demi de taf, donc je suis à la fois soulagé et content que ça sorte, surtout sur double vinyle, en grand quoi ! Et à la fois impatient de recommencer à composer l’Ingrina du futur.

 

Anto : Satisfait, jamais. Mais heureux que ça sorte oui. C’est la première fois qu’on travaille autant sur un disque, d’habitude on envoie ça dans le chaos du web un dimanche soir, on grave quelques disques avant de partir en tournée, et c’est tout. Là on s’est entouré d’une tripoté de labels, qui sont le fruits de rencontres avec nos anciens groupes. On a fait un beau clip live, on a une chouette tournée, et l’album sort dans plein de versions différentes. Bref on en oublierai presque qu’au fond on est une belle bande de branleurs !

 

Flo : Oui satisfait et soulagé, grosse somme de travail, ça sort en plusieurs formats, avec des labels bien cools, on va pouvoir jouer tout ça sur scène, que du positif! C’est excitant avec le recul, de voir le projet aboutir enfin. J’ai envie de citer les poètes d’HatebreedSatisfaction is the death of desire”.

 

D'ailleurs, comment voyez-vous aujourd'hui tous vos enregistrements, si vous deviez les reprendre, les feriez-vous de la même façon ?

 

Nico : On a enregistré un live dans les bois cet hiver (cf. Clip). Avec une approche du record assez "brutasse" et sans finesse, mais il y a du naturel et du vivant dans le son. En l'occurrence c'était beaucoup plus facile de le mixer que l'album, car il n'y avait pas cette exigence qui nous taraude plus ou moins explicitement, de faire en sorte que ça sonne « studio » et propre. On pourrait peut-être tendre vers ce genre de son, plus brut, vivant, fragile... D'autant plus qu'on n’a pas foule de matos, donc le son de ce clip est proche de nous, de ce qu'on sait faire, de ce qu'on peut faire. Ce serait génial que les oreilles des gens ne soient pas accoutumées aux sons de studios improbables et lisses, et qu'on puisse tranquillement sortir des records crasseux avec 2 micros scotchés au plafond en répète.

Pour nos enregistrements passés, je crois qu'on les referait pareil, même si on essayait de faire autrement ! Ils sont marqués par l’instant, par leur saison… On a peu de prise dessus. On est entièrement déterminés par nos compétences apprises sur le tas, notre matériel bidouillé et nos états d'âmes du moment. Quand on enregistre, on compose avec les moyens du bord et l'humeur du bord aussi. Il y a quelques chose d'un peu incontrôlable là dedans, ça nous dépasse. Ce qui pourrait changer c'est d'aller en studio... Mais une bonne partie d'entre nous, après 20 ans à faire de la musique, n'y a jamais mis les pieds.

 

Ces anciens morceaux, tout comme les nouveaux, ont-ils une deuxième vie en live, continuent-ils d'évoluer ?

 

Flo : Des petits détails oui, c’est un poil plus abrasif que sur l’album. Ça crie plus, ça bouge plus, ça déborde dans tous les sens. Donc oui, une deuxième vie en live, ça sent plus la transpi' que sur vinyle au final, moins post rock contemplatif, sans vouloir vexer personne.

 

Un album, un clip, des concerts… on sait bien que tout cela a un coût, argent et temps. Comment vous en sortez-vous, avez-vous des soutiens, un réseau pour vous appuyer ?

 

Nico : Pour l'enregistrement, filmer les clips, et tourner, on fait tout nous-mêmes, donc ça coûte peu, mais ça prend du temps. Et pour financer la fabrication d'Etter Lys (double vinyle qui coûte les yeux de la tête), une myriade de labels-amis nous aide, ce qui permet de payer un bon tiers de la facture de l'usine, et notre asso paye les deux tiers restant.

Depuis 2009 on essaye de s'autonomiser sur tous les plans, avec notre asso Medication Time. On a mis là dedans tout ce qu'on sait (presque) faire (de la musique, de l'électronique, de la menuiserie, de la mécanique, du cinéma, du jardin, de la recherche en sciences sociales...), et on tente d'en donner une forme commune pour que chacun puisse faire ce qu'il a envie de faire, et avoir un minimum de fric et de temps libre. Pour éviter de perdre notre vie sur des jobs à la con. Il y a notamment dans ce collectif les groupes Hinin (post punk) et Motional (electro ambiant), et même le rappeur L'1consolable, avec qui on partage plein d'analyses, sur le travail notamment. On « s'en sort » plus ou moins bien, comme ça. Quand la musique ramène de l'argent, c'est réengagé dans le collectif et ça profite à tout le monde. Pour les tournées, on cherche les dates, à l'ancienne, à la main, par des nuits de mails, vers le réseau « diy ». Et pour tous les endroits où l'on ne nous laisse pas entrer facilement, car ils nous perçoivent comme trop DIY, trop dissonants ou pas assez connus, on bosse avec l'association CVE, des collègues de par chez nous, des as de la technique du pied dans la porte.

 

Sur une vidéo live vous portez un t-shirt Deathwish et vous allez jouer avec Birds In Row, y a-t-il déjà quelque chose en cours de ce côté pour une sortie aux Etats-Unis ?

 

Flo : Rien de prévu non, mais si porter un t-shirt Deathwish nous fait jouer avec Birds In Row, prochaine tournée on tente les tish Scorpions et Deep Purple pour finir sur la mainstage du Hellfest !

 

C'est déjà chouette cette sortie de l'album au Japon, le pays de Envy, Mono et Corrupted. Le fait de trouver des points communs musicaux avec ces groupes est-il lié à cette collaboration avec le label ?

 

Anto : On a beaucoup écouté des groupes comme Envy, Mono, voir Heaven In Her Arms, mais il faudrait demander au label ce qui lui a plu chez nous. Une prochaine interview peut-être ?!

 

Sans vouloir aller trop loin, le label Waiting For An Angel avait sorti de superbes splits entre groupes français et japonais. Est-ce prévu pour vous ?

 

Flo : C’est vrai qu’ils étaient classieux ces splits avec Envy, Vanilla etc. Donc pourquoi pas, mais rien sous le coude pour l’instant !

 

Attention grosse question, quelle est votre ambition avec Ingrina ?

 

Nico : Notre ambition ultime est évidemment de jouer sur le toit de la tour administrative de Tulle. Après on pourra mourir. Pendant même.

 

Flo : Comme le dernier concert des Beatles sur un toit à Londres mais en première partie de Scorpions sur le toit de la tour administrative de Tulle ?

 

Anto : Ouais mais plutôt Converge en guest, non ?

 

Flo : Banco !

 

Et puis, nous n'en avons pas parlé avant, mais vous ne devez pas sortir de nulle part, étiez-vous dans d'autres groupes que nous pourrions connaître avant Ingrina ?

 

Nico : Notre spécialité depuis 10-15 ans, c'est de faire des groupes inconnus qui meurent vite ! Mais voici un petit listing. Antonin jouait dans un trio noise qui s'appelait UNS, ils ont fait des très beaux disques. Aujourd'hui il joue aussi dans HININ (post punk à roulettes russes). Adrien et moi, on avait fait un groupe  screamo qui s'appelait The NY-Hill Stillness, puis ensuite un plan post-hardcore instrumental, c'était LD.Kharst. Steph a eu plusieurs groupes de hardcore et de punk sur Limoges (dont Murdhock, Nothing Lasts, et Roquette, le dernier en date). Flo aussi, il a joué dans tous les groupes de Limoges (New Rose Hotel, Purgatory, 7Weeks...) et là il est dans Death Cult, un truc hardcore metal qui fait peur. Raph, lui, il avait un duo jouissif de matheux qui s'appelait Machine Mall, et là il exploite son filon electro-bricolage en solo: Motional.

 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

 

Flo : Plus de concerts, plus de gens aux concerts, plus d’amour dans le monde et plus de pédales de delay.

 

Nico : La fin imminente de ce régime et des ZAD PARTOUT.

 

Anto : Pleins de tournées !

 

Merci !

photo de R.Savary
le 09/05/2018

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Pseudo : e-mail :

Commentaire :

NOTE : Vos commentaires sont soumis à la lecture et à l'approbation des modérateurs. S'ils trouvent que votre message n'a pas à apparaitre ici, il sera supprimé.

Jeux-concours

TENDINITE : 1 vinyle à gagner !

Dernières news

Chronique au Hasard

Eths - Samantha

Évènements

NO ONE IS INNOCENT + LES SALES MAJESTES + TAGADA JONES au Stereolux à Nantes le 25 octobre 2018