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Benighted - "Asylum Cave"

Benighted - "Asylum Cave"
chronique Benighted - Asylum Cave
8/10 0
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CD album CD album (45:03)

 

Style musical : 

Death brutal grindy et coreux

 

Année : 

2011

 

Tracklist :

01. Asylum Cave
02. Let the Blood Spill between my Broken Teeth
03. Prey
04. Hostile
05. Fritzl
06. Unborn Infected Children
07. The Cold Remains
08. A Quiet Day
09. Shadows Descend
10. Swallow
11. Lethal Merycism
12. Drowning

 

Label : 

Season of Mist

 

Lieu d'enregistrement : 

Kohlekeller Studio
Dans le même style :
Abnormal Inhumane - Disgusting Cruelty of Homicide

Bîîîp, bîîîp, bîîîp… Réveil matin qui vrille les nerfs. Puis, contraste, musique mexicaine, soleil: « Good morning ladies & gentlement, it’s a beautiful day. Time to wake up ». Et hop, Bugs ramène sa fraise: « What’s up Doc?  » …

?? Tiens, je ne pensais pas avoir calé le dernier Manu Chao dans la platine?!!

Et puis d'un coup BAM!, explosion brutal death sous la couette, tsunami décibélique affichant un bon 9 sur l’échelle de Blaster: mazette, Benighted ça réveille plus fort que Zest, Benco et l’ami du petit déjeuner réunis! Déjà que jusqu’à Icon, le groupe n’avait pas trop été du genre à se vautrer dans la grasse mat' paresseuse, mais là bordel, ils ont bouffé du diable de Tasmanie enragé ou quoi?

 

Brutal death, deathcore, grind, death/grind, punk crustisant, thrash/death, hardcore nucléaire, Benighted use plus que jamais de toute l’artillerie lourde du metal extrême, en tire le substantifique mal et nous le rebalance dans la trogne en une violente déflagration qui nous roussit salement les rouflaquettes! Sûr que si le groupe avait choisi de continuer dans la série alphabétique des Insane Cephalic Production, Identisick et Icon – tel le Morbid Angel, ou plutôt le Dew-Scented de la blastosphère française – le groupe aurait tout aussi bien pu intituler son nouveau bébé Intense, ou Il te reste encore une dent? Ecoute le titre suivant alors

 

Mais leur 6e album s’intitule Asylum Cave, et il continue d’exploiter le filon de la thématique psycho-psychiatrique en nous emmenant cette fois à la cave, dans le 3e sous-sol de l’inconscient malade d’un schizophrène. Et si le propre d’un tel malade est de voir cohabiter dans sa caboche de multiples personnalités ayant souvent du mal à s'accepter les unes les autres, la coexistence des divers styles entreprise par le groupe se fait plutôt bien, merci pour eux. Pourtant Benighted colle un max de plans, de ruptures rythmiques et de breaks dans ses morceaux, ce qui – allié à des accès de furie épileptique fréquents – pourrait aboutir à un gros foutoir sans nom. Et pourtant il n’en est (presque) rien...

Bon allez, j’évacue la parenthèse vite fait bien fait: oui, « presque », parce que sur certains morceaux (« The Cold Remains » étant l’exemple le plus frappant), cette foultitude de plans sympatoches a du mal à maintenir une cohésion globale. Et – continuons la parenthèse critique – d’autres morceaux empilent les passages moins savoureux, ce qui conduit à un résultat forcément moins enthousiasmant (cf. « Unborn Infected Children » – malgré quelques plans superbes dont cette mosh part moderne à 1:44  – et « Shadows Descend » – trop plat et peu catchy). Là, comme ça c’est fait.

 

Parce que ce qu’on retient d’Asylum Cave, ce ne sont pas ces quelques menus défauts, mais bien cette attitude de jeune chien fou qui – paradoxalement – garde un contrôle total sur le déploiement de puissance à l’œuvre lors de ses assauts. C’est aussi l’apport de mélodies, en nombre réduit, mais toujours pour un effet maximum. Ce sont ces passages groovy et ces quelques mosh parts dantesques. Ce sont ces interventions lead ou ces mini-soli (on se laisse même aller avec bonheur à du tapping du meilleur effet) qui huilent les rouages de la machine de guerre. Enfin c’est cette énergie débordante qui laissera sur les rotules ceux qui essaieront de suivre ce rythme tout du long. Et rassurez-vous, Benighted reste Benighted: Julien continue de s'approprier les cordes vocales de pas loin de 5 vocalistes différents (et ça éructe, et ça grunte, et ça growle, et ça pig squeale, et ça shrieke, et ça glougloute, et ça …), les gratteux continuent de tailler dans la bidoche avec application, Eric continue de placer ses interventions à la basse en des moments rares mais stratégiques... Et la bonne nouvelle c’est que Kevin se sent maintenant clairement comme à la maison, et qu’il varie les plaisirs sans discontinuer, à en donner le tournis, mais en réussissant l'exploit de ne jamais nous refiler le mal de mer, ni de nous gaver de linéaires blasts bêtes.

 

Le millésime Benighted 2011, c'est donc un album qui démarre sur 4 titres coups de poing (dont un « Hostile » magistral qui commence dans la furie la plus grind … et attérit « en douceur » dans les profondeurs noires mais chaudes d’une mélodie ample) qui expédient un 1er round victorieux en deux temps trois mouvements. La suite est moins évidente, « Fritzl » et ses deux successeurs étant globalement moins accrocheurs – on notera quand même un featuring d’Asphodel de Pin-Up Went Down qui incarne ici l’exemple-type de la grande-sœur qui-se-veut-rassurante-mais-en-fait-non. Puis 3e round décisif avec un retour au plus haut sur « A Quiet Day », prétendant au titre du plus gros tube de l’album, aux côtés d’un « Lethal Merycism » peut-être encore un poil plus catchy. Le groupe finit sur « Drowning », tour de piste victorieux où il fait un bras d’honneur aux râleurs qui avaient craché sur le passage rappé de « Grind Wit » et leur colle un peu de scratching dans les dents, histoire de leur rappeler qu’ils expérimentent si ils veulent, et que ça n’affaiblit en rien leur propos, bien au contraire.

 

Etant un indécrottable nostalgique qui n’aura pas trouvé de véritable successeur aux hits que sont « Mourning Affliction » ou encore « Self-Proclaimed God », je ne prétendrai pas comme d’autres que Benighted signe ici son meilleur album. Sauf qu’Asylum Cave fait quand même bien mieux qu’Icon, qu’il dégage l’énergie et le potentiel meurtrier d’une centrale nucléaire japonaise ayant subi les derniers outrages sismiques, qu’il est varié, hyper dense mais très accessible, et qu’il livre une pleine brouette de munitions de 1er ordre qui devraient faire un maximum de dégât en live comme dans la boite crânienne des auditeurs de bon goût. Bref, 6e essai transformé: bravo Messieurs!

 

PS : à noter qu'Asylum Cave bénéficie de l’intervention de quelques invités de luxe parmi lesquels Sven d’Aborted et Mike de Devourment.

photo de Cglaume
le 24/03/2011

Note des commentateurs : 8/10 (sur 1 votes)

Commentaires

Domain-Of-Death

Domain-Of-Death le 24/03/2011 à 13:21:56

IP : 86.76.91.90

Bien Mieux qu'Icon? Sven et Mike qui squate le mic? Tu m'a convaincu, j'écoute ça de suite !!

cglaume

cglaume le 24/03/2011 à 14:31:21

IP : 90.80.1.75

... Et RDV au Nouveau Casino le 17/04 !!

Kurton

Sa note : 8/10

Kurton le 24/03/2011 à 15:30:47

IP : 216.94.210.146

Aie aie aie!!!!

vkng jzz

vkng jzz le 25/03/2011 à 10:25:03

IP : 90.12.76.164

j'avais trouvé Icon bien naze, celui me donne pas envie j'ai pas l'impression qu'ils se renouvellent et qu'ils apportent plus que ICP ou Identisick au final :o

cglaume

cglaume le 25/03/2011 à 10:40:40

IP : 83.157.57.25

Disons qu'ils n'ouvrent clairement pas la porte sur un autre monde, mais ils apportent de l'eau de feu au moulin de leurs prestations live (+ qq nouveaux titres bien sympas comme « A Quiet Day » et « Lethal Merycism »)

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