DEFTONES - Diamond eyesAutant planter le décor dès le début. Deftones c'est 10 ans d'amour, des cd's qui n'ont jamais pris la poussière, un accompagnement de tous les jours. Une admiration pour Chino Moreno si importante qu'elle exprime peut-être une forme d'homosexualité latente. Enfin, ce ne sont que deux concerts mais parmi les meilleurs de ma jeune vie. Alors pour ceux qui espèrent une chronique parfaitement objective, cela risque d'être compliqué...mais l'essai ne coûte rien.
On peut revenir rapidement sur le contexte d'écriture de cet album. Les compos proposées ont écrasé le projet Eros lié au sort de Chi (bassiste du groupe, victime d'un accident de voiture) puisque l'album dort aussi profondément que lui. Ce sont donc 11 titres écrits...un peu dans l'urgence...le travail ayant commencé en Juin 2009 avec Sergio Vega (ex-Quicksand) à la basse Le groupe s'enferme en studio avec Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Alice In Chains...) pendant deux mois et voici le résultat. Un Deftones comme les autres. Avec ses tueries, ses titres moyens voire soporiphiques et ses ratés. Les deux singles déjà sortis "Diamond Eyes" et "Rocket States" avaient laissé paraitre deux facettes de cet album : la première mélodique mais aussi lourde plutôt lente, en un mot surprenante. La seconde plus "old-school", du Deftones de haute volée, celui qui hurle qui nous marque en trois mots bien placés. Déjà 2 bonnes pistes sur 11... Rapidement Deftones va nous mettre en bouche avec "Royal" qui joue sur l'agressivité originelle du groupe, un très grosse guitare, une basse qui n'a jamais été aussi audible. L'impression est confirmée sur "CMND/CTRL" car, hormis son refrain clair, le reste est hurlé plutôt violent et sonne avec une certaine modernité. Par contre, dans le fond, on est pas dans l'ambiance fouillée d'un White Pony...
Puis le groupe lève le pied avec "You've seen the butcher" et "Beauty school", morceaux plus posés, qui tentent de nous faire pénétrer dans des ambiances plus glaciales et mélodiques...Et la sauce ne prend pas aussi bien, même si le chant de Moreno est des plus parfaits, que les machines servent enfin à quelque chose. Deux titres en deçà qui sont récupérés par les flamboyants "Prince" et "Rocket States". "Prince" est l'exemple même de ce que Deftones fait de mieux : une guitare massive, des machines qui s'activent en arrière fond sur le refrain, une basse simpliste mais très audible, un chant mélo/violent. Le topo est le même pour "Rocket States"... Hélas, il y a le raté : "Sextape", digne d'un sous-sous-Team Sleep, ennuyeux, sans saveur...Prévisible, avec un refrain insipide. Ce titre rock mélodique s'écoute une fois mais Deftones n'est vraiment pas dans son élément, n'a pas trouvé la recette magique pour cette piste. Et encore une fois le groupe joue aux montagnes russes puisque "Risk" redonne un peu de rythme sans atteindre des sommets. La compo n'est pas mauvaise mais peu passionnante... C'est à l'image de "976 Evil" qui s'en sort très correctement grâce à son refrain (qui ne sera pas aussi bien exécuté en live) et encore une fois la guitare est un régal... "This place is Death" trouve bien sa place comme dernière piste...
On se rend compte après 42 minutes que l'album défile facilement, regorge de qualités avec un très gros son moderne. Moreno a encore eu la grosse tête puisque son chant est fortement mis en avant...mais il demeure aussi un des arguments principal qui nous fait adorer le groupe. Pour un album bricolé, on retrouve pas mal de bonnes choses, et ce, malgré un essoufflement aux deux-tiers de l'oeuvre. Il y a finalement assez peu de nouveautés (hormis "Diamond Eyes" vraiment troublante)...mais les oreilles s'accomodent très bien du résultat et les californiens demeurent une valeur sûre. De toute façon on termine l'album avec la même question qu'au début : "Mais bon sang, à quoi ressemble Eros ?
Edit : à noter les reprises des titres "Do you believe", "Ghosts" et "Caress" dans la version deluxe... Les autres chroniques du groupe Deftones : - Deftones - Around the Fur (1997) |
![]()
[page du groupe Deftones] Support : CD album Tracklist : 1. Diamond Eyes Année : 2010 Label :Warner Bros Durée : 41 minutes |
commentaires
NOTE : Vos commentaires sont soumis à la lecture et à l'approbation des modérateurs. S'ils trouvent que votre message n'a pas à apparaitre ici, il sera supprimé. |
|