Aborym - Shifting.Negative

Chronique CD album (48:00)

chronique Aborym - Shifting.Negative

Nom de Zeus, qu'il est difficile aux premières écoutes, de croire que ce Shifting.Negative est bien le nouvel album d'Aborym. Le groupe de Fabban a toujours été radical, mais de là à offrir un changement stylistique aussi.. radical... Un petit retour en arrière historique s'impose : en 1992, Aborym est fondé par l'ancien bassiste de Funeral Oration et son premier album, Kali Yuga Bizarre, sorti en 1999, est une pure bombe de Black Indus empiétant largement sur les plate-bandes avant-gardistes. Les cinq albums suivants, marqués par des line-ups à géométrie variable, poursuivent dans cette voie, en abandonnant cependant une parie de l'aspect expérimental. Le dernier en date, Dirty, ne dérogeait pas à la règle, même si le second CD bonus, composé de titres réenregistrés et de reprises, pouvait laisser entrevoir l'orientation qu'allait prendre Shifting.Negative. On retrouvait effectivement des relectures de « Hurt » (Nine Inch Nails) et de « Comfortably Numb » (Pink Floyd).

 

Lorsque l'album a été annoncé il y a quelques mois, une liste d'invités à faire pâlir Al Jourgensen (plus qu'un shot d'héro) : Sin Quirin (ex-Ministry), Riktor (The Electric HellFire Club), PierMarzano, Andrea Mazzuca, les chanteurs Victor Love (Dope Star Inc),  Cain Cressall (The Amenta), Nicola Favaretto, Greg Watkins (Static of Masses, Order Sixty Six), Luciano Lamanna aux synthé modulaires,  Kelly Bogues (Zogthorgven), Joel Gilardini (The Land Of The Snow, Mulo Muto, Black Machineries), Ben Hall (Silent Eretic), Tor-Helge Skei (Manes), Youko Heidy et Leja Siv Harju. Bref, beaucoup de figures connues des scènes indus voire EBM. Un nouvel indice du changement musical qui nous attendait. Car, cessons de tourner autour du pole, si vous vous attendiez à un Dirty II ou un Fire Walk with Us bis, vous allez en être pour vos frais. C'est plutôt à un voyage vers les années 90 que la bande de Fabban nous convie, à l'époque où Trent Treznor, Ministry et leurs machines dominaient le monde, où les guitares faisaient danser les ondes radio, où Marilyn Manson faisant encore peur.

 

Soyons clair sur ce point tout de suite, Shifting.Negative n'est pas un mauvais album, et loin de là. Mais, pour le fan historique, le pilule va être dure à avaler, même pour les plus ouverts d'esprit. Revirement quasi complet donc au programme avec l'aspect indus qui prend le dessus, la volonté de faire trémousser le cul des fans sur les dancefloors underground d'Europe qui a envoyé balader le côté gras du riff qui caractérisait le combo jusqu'à présent. On se situe donc maintenant sur des terres proches de The Downward Spiral, Burn, Baby, Burn! ou Angst que de In the Streams of Inferno. La patte du groupe reste reconnaissable en dépit de cela, ce qui conforte l'idée qu'il s'agit bien d'un disque d'Aborym. Le travail sur le son est monstrueux, la production sans failles, ce qui décuple l'impact des titres, au sein desquels les traces de Black Metal se font rares (l'intro de « Slipping Through The Cracks »). Et malgré une longue liste de participants extérieurs, le tout reste d'une très forte cohérence.

 

Un pari audacieux, voilà ce que les italiens balancent avec Shifting.Negative, aux allures de bombe à retardement. C'est sûr, il y aura des déçus et des mécontents, aux rangs desquels je ne m'inscris pas.

photo de Xuaterc
le 23/01/2017

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