Anatomy Of I - Substratum (réédition)

Chronique CD album (52:46)

chronique Anatomy Of I - Substratum (réédition)

Même s’il est loin d’être submergé sous un flot raz-de-maresque de nouveautés, le fan de Death technique canal Chuck Schuldiner a largement de quoi procéder à ses ablutions auriculaires quotidiennes sans que la lassitude ne le guette trop vilainement. La preuve: rien qu’en ces pages – où l’on ne s’attache pas particulièrement à couvrir avec exhaustivité les sorties du genre – vous avez vu défiler quelques grosses poignées de ces formations (Dungortheb, Resumed, Obscura, Beyond Creation, Alkaloid, Fractal Universe, Sentence, Gorod) qui, sans toujours s’inscrire à 100% dans les traces du père Chuck, ni réussir à systématiquement offrir des choses fantastabuleuses, ont opté pour une approche technique subtile évitant les excès de l’ultra-blastance et de la course à celui qu’a la plus grosse.

 

Eh bien avec Anatomy of I, la famille s’agrandit encore un peu pour accueillir cette fois non pas un cousin éloigné aux genoux crouteux et au verbe approximatif, mais au contraire un super Tonton d’Amérique roulant en décapotable rutilante et arborant un sourire Ultra Bright de candidat républicain victorieux. Du genre la Classe avec un grand C, pour Casting de folie. Car, mazette, matez donc la liste des gugusses embarqués dans l'aventure: Michael Dorrian (bon là c’est l’inconnu de service, mais également la tête pensante de ce super-groupe), Dirk Verbeuren (12057 groupes dont Soilwork, Scarve et Devin Townsend Project) et Steve DiGiorgio (8659 groupes parmi lesquels Sadus, Testament et Death). Sans compter que des membres d’Exivious, Houwitser et Cliteater (vous l’avez peut-être compris: le groupe n'est pas "d'Amérique", mais des Pays-Bas) sont déjà passés par là avant eux.

 

Si vous n’avez pas lu le premier paragraphe trop en diagonale, vous aurez saisi quel est le créneau du groupe: la petite sauterie de presque une heure à laquelle nous sommes ici conviés laboure les terres de Death (énormément) et Atheist (pas mal), en faisant par contre usage d’un chant à l’acidité très nettement connoté Black Metal. Mais le groupe brasse des influences plus larges encore: ainsi les rares nappes de synthé et l’attaque de la guitare peuvent rappeler Nocturnus, la basse mutinement spatiale évoque Cynic, tandis que le penchant mélodique allié au chant acrimonieux semble parfois puiser dans le puit du Carcass millésime "early 90s". Et pour n’oublier personne, on notera que le groove de « Bound In Flesh » caressera les fans de Gorod dans le sens du poil.

 

Maintenance le nombre des références ne fait pas la qualité de la pitance. Sauf que – joie! – bien que Substratum recèle de grosses quantités de déjà-entendu, tout cela est accommodé avec goût, et toujours amené de manière à maintenir l’appétit au top. C’est donc de la grande dentelle technico-mélodique à laquelle vous vous exposez en vous passant « Organic Machine », « Harvest The Fallen », « Dimensions », le très bon « Fluid River » ou encore le croustillant « Bound In Flesh ». J’avoue par contre trouver « Drowning » un chouia trop accidenté, et « Washed Away » trop tortillonneux. M’enfin rien d’indélébile. A noter également, pour ceux qui avaient déjà mis la main sur l’album en 2011 (car il s’agit là en fait d’une réédition), que la tracklist se voit aujourd'hui agrémentée de versions remixées et remasterisées des morceaux « Organic Machine » et « Dimensions » (… pour un résultat qui ne justifie nullement un nouvel achat), ainsi que d’un instrumental nouveau, « In Memoriam », qui développe de sympathiques atmosphères spatio-bucolico-éthérées.

 

Substratum est donc une bien belle bête, qui ne justifie certes pas que soit chamboulé le podium actuel des champions du Death « Dentelles & Eprouvettes », mais qui graissera avec pertinence les conduits auditifs des fans de Guitares Bac+12.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte:  Du Death technique inspiré par Death et Atheist, équipé d’un chant acrimonieux-limite-Black, et interprété entre autres par Dirk Verbeuren et Steve DiGiorgio… On fait moins sexy comme vitrine, pas vrai? En plus il n’y a pas d’arnaque: le produit est vraiment de qualité. 

photo de Cglaume
le 30/10/2015

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