Arcturus - Aspera Hiems Symfonia

Arcturus - "Aspera Hiems Symfonia"
chronique Arcturus - Aspera Hiems Symfonia

Après avoir imposé lors de la première moitié des 90's au reste de la planète ce que les musicologues avertis ont nommé la seconde vague de black metal, grâce à une grosse poignée d'albums aussi cultes qu'indispensables et quelques faits divers qui ont défrayé la chronique, la Norvège, au cours des années suivantes, a pu montrer qu'elle pouvait faire autre chose. C'était là la grande force de cette scène à l'époque, les musiciens des formations fondatrices (Mayhem, Darkthrone, Emperor, Immortal...) se sont appliqués à démontrer qu'ils pouvaient sortir de la course à la noirceur et à la misanthropie et brûler des stavkirkes, au sein d'une multitude de projets annexes. C'est dans ce contexte qu'Arcturus publie en 1996 Aspera Hiems Symfonia, qui fait suite à l'E.-P. Constellation, paru deux ans auparavant. A cette époque, le groupe est constitué de Carl August Tiedmann aux guitares, de Skold (Fimbulwinter) à la basse, de Garm (Ulver) au chant, de Sverd (qui tenait les claviers sur Shadowsthrone de Satyricon et sur le premier Ulver) et de Hellhammer (Mayhem) à la batterie. Ces deux derniers musiciens avaient joué ensemble dans Mortem, groupe de death dégueulasse qui a uniquement publié Slow Death en 1989.

 

Loin d'être des manchots et des néophytes, tous ces musiciens se sont réunis pour livrer ce qui allait devenir un mètre étalon en matière de black symphonique. Car ce premier album de ces fans des thèmes astraux ne verse pas encore dans le décadent, le grandiloquent voire le nawak qui fera sa marque de fabrique à partir de l'album suivant. En grande partie composé par Sverd, Aspera Hiems Symfonia fait la part belle aux nappes et sons de claviers spatiaux mais n'oublie pas pour autant de proposer son lot de riffs costauds et de patterns de batterie à couper le souffle. Hormis le bassiste (comme souvent, même si Skold délivre une prestation des plus solides), les compo permettent de mettre en valeur chaque musicien sans virer à l'exercice démonstratif.

 

Ce premier opus regroupe les quatre titres ré-enregistrés de l'E.-P. Constellation agrémentés de quatre nouveaux titres. De nombreuses versions, avec des tracklistings différents circulent (parfois avec les deux chansons du single My Angel) et il est difficile de démêler l’écheveau, car même le digipak initial sorti chez Ancient Lore comporte une coquille et n'indique que sept morceaux. La composition est solide, du fait de l'expérience des musiciens et la personnalité du groupe est déjà très affirmée, même si le style sera amené à changer encore et encore. Mais certains éléments clés de l'identité "Arcturus", communs à tous ses albums sont là: des synthé virtuoses aux sonorités fouillées, des parties de batterie à la fois fines et puissantes et des lignes de chants complexes, relevant de la haute voltige, avec des notes parfois haut perchées. A cela s'ajoute une volonté de repousser les limites du genre et de ne pas se laisser enfermer dans un carcan stylistique. A l'heure actuelle, "Wintry Grey", "Raudt Og Svart" et « Du nordavind » font encore partie des setlists de concert, sans dénoter parmi les titres plus avantgardistes. Preuve s'il en est que le style unique du groupe était déjà bien défini, pour prendre une toute autre dimension un an plus tard sur La Masquerade Infernale, dont je vous parlerai certainement un de ces jours (si je ne me fais pas griller la politesse par mon collègue Cyril).

 

photo de Xuaterc
le 01/05/2016

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 01/05/2016 à 10:04:04

Pas de danger mon Xuxu: Arcturus, Actarus, Goldorak et ses amis sont tout à toi ! :)

Xuaterc

Xuaterc le 01/05/2016 à 12:09:38

C'est ça... Tu veux qu'on parle du dernier Solefald? :-)

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