David Bowie - Blackstar

Chronique CD album (41:17)

chronique David Bowie - Blackstar

2016 se sera ouverte et clôturée sous le signe de l'étoile noire.

 

Fin octobre 2015, l'annonce d'un nouvel album de David Bowie surprend. Si tôt après The Next Day de 2013, et la triple compilation multi-formats Nothing Has Changed de 2014 avec un nouveau morceau ("Sue (Or in a Season of Crime)"), et la même année, un autre nouveau titre en single ("'Tis a Pity She Was a Whore"). David Bowie revient de 10 années de silence discographique avec l'idée d'en découdre. C'est ce qu'on attendait. Parce qu'on attend toujours facilement.

 

Après quelques secondes, mystérieuses, lâchées sur le net en octobre 2015 d'un titre qui ferait office de générique pour la série Panthers, tombe le premier véritable morceau du futur nouvel album. C'est ainsi qu'en novembre les 10 minutes de "Blackstar" se répandent sur la toile. Un morceau tout simplement imprévu, et imprévisible. Démentiel. Alors et toujours maintenant. Définitivement, avec The Next Day il avait repris son histoire là où il l'avait laissée 10 années auparavant, mais avec ce titre, et la vision du aujourd'hui d'hier, on se rend compte qu'il l'avait reprise pour mieux la clôturer. Il avait encore énormément à dire et à faire. Si les deux nouveaux titres de 2014 indiquaient un chemin différent des précédents enregistrements, davantage jazz plutôt que pop, aucun d'eux ne laissaient présager de ce qui allait suivre.

 

Après cette claque démentielle d'ouverture, musicale et visuelle, arrive "Lazarus". D'abord en audio en décembre. Puis en vidéo la veille de la sortie de l'album le 7 janvier 2016. À genoux. "Blackstar" nous parlait d'un autre monde, d'autres voix, obscures, troubles, "Lazarus" est sur la résurrection (« Everybody knows me now »). Avec ces deux morceaux, sa musique est déjà au-delà du personnage. Le gentil chanteur pop s'est arrêté aux portes de The Next Day. La résurrection, demain, c'était ici et maintenant. Ses textes et sa voix ont une puissance troublante. Et ces images. Codées. Croisant les références et les espaces temps. Tout est dans le son, les paroles, les images. Regardez ce cadre. Regardez. Regardez. On regarde. On ne fait que regarder. (« I've got scars that can't be seen »). Nous sommes tous malades. Il ressort un costume des sessions de l'époque Station To Station. Les sessions photos d'alors le représentaient traçant l'arbre de vie Kabbalistique. Tout est déjà écrit. Et avec "Lazarus", il signe son titre le plus fort jamais écrit. (« This way or no way you know I'll be free »). Chacun sera libre de le prendre comme il le veut.

 

Et puis il y a l'album. ★

 

La durée du titre d'ouverture, le peu de morceaux (ici 7), le costume évoqué ci-avant, sont beaucoup d'éléments qui ramènent donc à Station To Station. Pourquoi. Pourtant le tracklisting, l'ordre et le positionnement des morceaux, n'est pour moi pas aussi efficace. ★ n'a peut-être lui, pas été pensé au format vinyl. On sera également surpris de voir deux titres déjà précédemment entendus, les alors inédits de 2014, même si ré-enregistrés et interprétés différemment. Ils n'en restent pas moins excellents. Mais il n'en va pas là de la même surprise que celle des deux morceaux offerts en amont de la sortie de l'album. On sera même tenté de se raccrocher à ce que l'on connaît, déjà, quand plus loin on croit identifier des éléments connus, comme cette rythmique batterie presque jungle de EART HL I NG, ce beat electro de 1.Outside, cette nappe de Hours coupée à l'harmonica de Low. Mais quand on croit que ★ n'était qu'un album, l'Histoire se charge de relever le trouble – comme initialement avec "Blackstar" et "Lazarus" – dans les paroles de "Dollar Days" et "I Can't Give Everything Away". Ok, nous en avons pour des décennies à tout déchiffrer. Mais il n'y aura, comme toujours, qu'une seule personne à avoir la clé.

 

Il y a cet album, il y a la musique, il y a les paroles, il y a les images, il y a ce que chacun en dira. 2016 est morte. Il y a David Bowie.

photo de R.Savary
le 01/01/2017

2 COMMENTAIRES

Taz

Taz le 01/01/2017 à 14:51:12

Un album vraiment stupéfiant à tout point de vue, d'une profondeur et d'une richesse rare. Tout confine au sublime sur cet ultime et merveilleux disque !

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 02/01/2017 à 11:04:42

hors normes.

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