Deicide - Once Upon The Cross

Deicide - "Once Upon The Cross"
chronique Deicide - Once Upon The Cross

Avec Once Upon The Cross, Deicide rentre dans la seconde ère de son parcours discographique, celle du règne. Après 2 explosions de death d’une intensité rare, le souverain Benton assied sa suprématie via un nouvel album où la fureur du jeune démon blasphémateur laisse place à la majesté maléfique d’un Prince des Ténèbres trônant au milieu des restes fumants de viscères chrétiens. Les accès de violence échevelés qui ont permis au suppo(/ôt) de Satan de rentrer dans les an(n)ales du metal méphitique sont devenus accélérations contrôlées et amples mouvements d’une armée sans pitié. Les vociférations criardes des diablotins hier chargés d'assurer les arrières vocaux d’un démon à la gorge abyssale ont disparu, Maître Benton growlant dorénavant seul, fort d’une autorité ne nécessitant plus le recours à de vils seconds couteaux…

 

… et tout ceci explique que, pour les plus intransigeants des amateurs de furie sonore, Once Upon The Cross marque le début de la fin de Deicide.

 

Mouais, ils dégainent quand même sacrément vite le cercueil ceux-là! Ils devraient pourtant se souvenir que le vieux mafieux aguerri est bien plus dangereux que la petite frappe à sang chaud qui joue du surin pour un regard de travers ou un RDV manqué. Je reconnais volontiers que la tracklist de l’album est entachée de quelques titres pas tout à fait au niveau d’excellence attendu d’un tel chef de file. « Trick or Betrayed » par exemple, est poussif et lourd de la fesse, et les quelques bons moments qu’il recèle rappellent d’autres compos en moins bien. De son côté « To Be Dead » fait dans le sinueux fadasse sans jamais laisser réellement la vapeur s'échapper, et le conclusif « Confessional Rape » ne propose rien de plus qu’un chouette écrin auquel il manque « juste » le refrain qui tue, l’explosion libératrice qui sert d’ordinaire de point de ralliement aux troupes de métalleux assoiffés d’adrénaline. Et ce ne sont pas les interventions solo des frères Hoffman – toujours aussi génériques et parodiques, avec notamment ce gimmick à la peau dure qui consiste à terminer l’éjaculation lead par une pointe de stridence aiguë qui disparait dans un écho en fade out – qui relèvent le niveau, même si la fin de « Behind the Light Thou Shall Rise » bénéficie d’un sympathique travail à 2 manches.

 

Mais ce sacré Satana Claus de Glen Benton est loin de sentir le sapin, et le gugusse nous sort cette fois encore de sa hotte de bons gros marrons chauds qui permettent à l’album de raviver l’ancien volcan que certains prétendaient trop vieux. Ainsi « Once Upon The Cross », sans être LE tube imparable, joue très convenablement son rôle d’apéritif orageux avec sa dynamique martiale « pète sec » typique du death des floridiens. Si « Christ Denied » se révèle un peu plus terne malgré quelques accélérations bien senties, le doute n’est plus permis sur un « When Satan Rules His World » enlevé, guerrier et fédérateur, qui ne lâche pas le morceau un seul instant et dont le refrain est taillé pour le live. Jetés quelques poignées de minutes plus loin sur la face B (‘tain ça sent la naphtaline ce genre de formule…) arrivent « They Are the Children of the Underworld » et « Behind the Light Thou Shall Rise » qui brandissent tous deux à la face de la chrétienté un refrain excellentissime, tout en descente mélodique et martellement jouissif pour le 1er, et en accroche imparable pour le 2nd. Bordel ne me dites pas que le Glen a besoin de viagra s’il peut encore hisser la grand voile avec autant de vigueur!

 

Alors OK, sur Once Upon The Cross, Deicide ne fait plus vraiment dans le priapisme death metal démoniaque. La sagesse du vieux démon sûr de son fait a pris le pas sur la fougue incontrôlée (quoique tout est relatif hein, on n’est pas chez Scorpions ici!), et l’inspiration connait des hauts et des bas… M’enfin les hauts sont toujours aussi impressionnants, noirs, imparables, fiers et secs comme des coups de trique. Non, il faudra encore attendre Insineratehymn pour que le sceptre du roi Benton montre des signes de ramollissement. Mais on en reparlera bientôt…

 

PS: à noter, pour ceux qui ne seraient pas déjà au courant, une double pochette avec une version censurée montrant un christ disséqué comme une vulgaire grenouille, et une version alternative, que vous pouvez voir en haut à droite de la présente chronique.

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: le jadis incontrôlable prince démon a pris place sur son trône. Son death metal a un poil perdu en fureur, mais par ailleurs gagné en assise et autorité. Malgré certains titres moins enthousiasmants, Deicide nous livre ici un 3e joyau noir contenant au bas mot 4 tubes définitifs.

photo de Cglaume
le 18/12/2011

3 COMMENTAIRES

geoff fat

geoff fat le 18/12/2011 à 11:52:02

Y'a bon patator!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 19/12/2011 à 20:51:55

Benton m'avais beaucoup fait rire à l'époque de chais plus quel album quand il disait qu'il allait se suicider à 33 ans (original!!).
Il a quoi maintenant ? 45 piges?

Cobra Commander

Cobra Commander le 20/12/2011 à 09:07:36

Le coup du suicide à 33 piges, j'ai toujours entendu dire que c'était le fait d'un journaleux qui avait pris une phrase hors de son contexte histoire de vendre son papier... Le reste et rentré dans la "légende"...

Ou alors, il s'est vraiment suicidé et a été remplacé par un sosie... ça expliquerait la série d'albums catastrophique...

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