End + Cult Leader - Gather & Mourn

Chronique CD album (13:10)

chronique End + Cult Leader - Gather & Mourn

Bon, vous voyez, End.

Avec dedans Brendan Murphy de Counterparts, Billy Rymer de The Dillinger Escape Plan (décidément dans pas mal de bons coups, voir le dernier Thoughtcrimes), Will Putney de Fit For An Autopsy (en plus d'être producteur de nombre de groupes que vous écoutez probablement si vous lisez ceci, en plus de la première partie du split ci présent).

Pas trop le temps d'être là pour rigoler, hein. Si vous n'êtes pas encore tombé·e sur leur dernier album (ou plutôt si celui-ci ne vous est pas encore tombé dessus), remédiez à ça et lisez la super chronique de 8oris sur Splinters From an Ever-changing Face.

 

Ensuite, vous voyez, hein, Cult Leader. C'est Gaza après Gaza. Donc pas tout à fait exactement le temps d'être là pour se muscler les zygomatiques non plus. Leur dernier album, A Patient Man, a retourné plus d'une gueule.

 

Alors quand Closed Casket Activities et Deathwish (en même temps, au vu de l'artwork, qui aurait douté de l'implication du label du frontman de Converge ?) collaborent pour sortir un split entre les deux formations, on se dit que les actions Swatch et Carambar (pour le temps et pour la rigolade) vont dégringoler d'une seconde à l'autre et que les actionnaires vont retourner jouer au château de sable, château que les treize minutes d'assaut sonore de ces quatre morceaux ne manqueront pas de faire s'écrouler à son tour. Ou alors ajouter quelques dents en guise de meurtrières, au choix.

 

Treize minutes, ce n'est pas bien long, mais il y a là assez de violence concentrée pour pouvoir dire sans trop se tromper : « ok ».

« We don't need the key, we'll break in », disait Zack de la Rocha il y a déjà une trentaine d'années. Et c'est à peu près le concept en place sur ce split : avec une paire de morceaux chacune, les deux formations ne s'embarassent pas trop de préliminaires.

 

Ironiquement, End débutent les hostilités, presque grindcore dans l'âme, se dirigeant en fait vers les terres arpentées par Cult Leader. Dès les vingt premières secondes, on se dit que ce n'est pas tout à fait un hasard si les deux escadrons se sont réunis ici. Et mazette, Brendan est décidément plus énervé sur les morceaux de End que sur ceux de Counterparts (les -probables- pistes doublées aident, aussi). Chaque ralentissement est une prise d'élan, chaque accélération annule la moindre parcelle de feel-good music qu'il vous restait : ça relaxe. On se laisse même surprendre par l'intro à tendance indus du second morceau « The Host Will Soon Decay », bien foutue et nouveauté fort appréciable, pour la création d'ambiances qu'on ne leur connaissait pas trop.

Pour le reste, vous connaissez la chanson : ça fracasse dans un hardcore grindisant très largement porté sur la violence. Et bordel, ce break écrasant à mi-morceau, il va faire mal, mal, mal, mal, MAL en concert. Aïe + ouch donc sur ces deux morceaux, le contrat est déjà rempli.

 

Et voilà que, armés de leur blouson en cuir et de leur cow-boy chords (c'est-à-dire avec le pouce qui revient par-dessus le manche, ooooooyéééééééaaa), Cult Leader fracassent la porte des sept minutes depuis le début du split, en déboulant come se non ci fosse un domani, comme s'il n'y avait pas de lendemain. Et à les écouter, on y croit volontiers, à cette absence de perspective, à ce no future renouvelé dans la destruction sensorielle (produite par Kurt Ballou pour leur part). Mis à part leur dernier album, les dernières nouvelles que l'on avait des très légèrement énervés membres du combo venaient d'une participation à une compil de soutien à Black Lives Matters et plusieurs organisations affiliées.

 

La voix d'Anthony est toujours aussi profonde et particulière, le style un peu moins chaotique et un poil plus hardcore/grind que celle de End, mais le résultat est sensiblement le même : essayez donc de comparer deux machins identiques détruits en morceaux avec deux méthodes différentes, mais toutes deux très directes. Bon, ben c'est tout pété, quoi. Donc on valide. Et ici encore, sur le deuxième morceau vient un petit détail auquel on était peu habitué, quelques notes de guitares plus claires qui survolent parfois la noirceur, lui donnant un air encore plus possédée.

 

Bref, on ne va pas s'étendre des heures, quatre morceaux, c'est court, mais c'est excessivement appréciable. Ce split est une réussite de bout en bout et me fait ardemment espérer qu'il s'agit d'une sorte de répétition générale avant albums à venir des deux formations. Dans tous les cas, il prouve que Cult Leader comme End sont encore bien vivaces et ne sont pas là pour tricoter des barbelés. Et si j'ai une petite préférence personnelle pour les titres de CL, du fait des directions un peu crusty, les quatre pistent glissent toutes seules et se répondent bien.

 

Et la proximité stylistique aide à rendre l'ensemble très cohérent, avec les quelques variations nécessaires pour que l'on fasse néanmoins bien la différence. Mais la logique de l'effort est évidente.

 

Alors amateurs de hardcore violent, amatrices de saturation à bout de nerfs, n'hésitez pas à vous aiguiser les tympans avec ce petit split des familles (des familles un poil habituées à l'exercice tout de même).

 

A écouter parce que même si les splits peuvent parfois avoir l'air d'être des trucs de collectionneurs, celui-ci fera littéralement fureur au milieu de vos expos de timbre-poste et de figurines d'hippopotames en porcelaine.

photo de Pingouins
le 21/09/2022

2 COMMENTAIRES

All

All le 21/09/2022 à 09:26:22

Moi quand j'étais minot j'distribuais mes bombecs, maintenant je suis grand je distille mes gros break

Pingouins

Pingouins le 21/09/2022 à 10:30:13

Tout à fait All ! Et puis il y a une certaine forme de continuité : les deux font mal aux dents.

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