Exodus To Infinity - Archetype Asylum

Chronique CD album (45:01)

chronique Exodus To Infinity - Archetype Asylum

Attention: alertes combinées « Pépite débarquant de nulle part » / « Petit génie touche-à-tout »!

 

Pour vous la faire courte, en mettant le doigt – et l’oreille qui lui est reliée tout au bout – sur Exodus to Infinity, c’est à un Toehider-bis que vous ouvrez la porte… « Ouh le vilain raccourci! », oui je sais… Mais ceux-ci sont parfois nécessaires pour marquer les esprits et hameçonner le lecteur pressé. Et vous avouerez qu’en l’occurrence on fait plus insultant et moins descriptif comme comparaison.

 

Les points communs sont en effet nombreux entre les 2 groupes. Si Danny Mulligan vit à Detroit plutôt qu’à Melbourne, il fait comme Mike Mills absolument tout au sein de son groupe / projet, excepté les artworks. Comme Michael Mills, il déchire tout autant à la guitare (qu’il a appris seul) qu’au chant (il a fait parti des Fundamentally Sound, formation a capella qui bénéficie d’une certaine reconnaissance). Et comme Michael Mills, s’il commence à faire parler de lui ici, c’est notamment grâce à un tiers plus renommé: quand Arjen Anthony Lucassen (Monsieur Ayreon) avait aidé à booster l’attention portée à l’Australien, c’est Brett Caldas-Lima (Monsieur Kalisia, maître des Tower Studios) qui a commencé à parler de l’Américain. Du moins est-ce ainsi que Archetype Asylum – dont Brett a fait le mastering – est arrivé jusqu’à mon terrier. Et d’ailleurs tout se recoupe quand on y pense: car dans les Tower Studios en question sont également passés Cynic, Between The Buried And Me (ces noms-là, je vous les livre surtout pour la frime…), Devin Townsend (ha?) ou encore Ayreon (…haha, comme par zazard… Nous sachons!).

 

Etant donné que je ne maîtrise pas sur le bout du bulbe rachidien les références qui ont fait de Danny Mulligan le musicien qu’il est aujourd’hui, je vais vous en livrer une poignée, par lui mise en avant. Car il s’agit en bonne partie de références Prog, voire carrément non Metal, et qu’a priori celles-ci imprègnent les 8 compos de ce premier album. Vous me connaissez: je ne voudrais pas vous priver d’infos pertinentes permettant de cerner le zigoto. Parmi les artistes qui ont profondément marqué Exodus to Infinity figurent donc Dream Theater (là ok), Pain of Salvation, Coheed & Cambria (Danny a baptisé son groupe en essayant de faire encore plus too-much que les titres des albums des Américains) ainsi que la comédie musicale Jesus Christ Superstar. Une fois ces influences posées et la musique résultante passée au filtre de mon oreille poilue, on invoquera encore, outre Toehider, les noms de Major Parkinson, Devin Townsend, mais aussi The Onironauts, For The Imperium ou encore The Doors… Qu’en charmante compagnie nous voilà donc!

 

Vous le comprenez à ces références: Archetype Asylum n’est pas à ranger sur l’étagère des opus de l’extrême. Quand les éléments se fâchent, au plus fort de l’orage c’est tout au plus un Heavy flamboyant que l’on peut entendre ici (cf. au début de « Trickster ») – ce qui fait un point commun supplémentaire avec Toehider. Ce que ces noms livrés en pagaille révèlent également, c’est qu’il ne s’agit pas ici de Prog cérébral et technico-technicien (pourtant entre son Doctorat en Psychologie clinique et ses années à étudier la Composition, Danny pourrait), mais d’un génial fourre-tout où le Blues croise les boucles électroniques, où les mélodies tropicales se mêlent au Doo-wop, où la Funk s’acoquine aux orchestrations typées B.O… Et où les incartades Nawak ne sont pas interdites (allez vérifier ça en priorité sur le génial « King Other »). Ce côté foufou, cette écriture souvent lumineuse, parfois profondément touchante, et toujours maîtrisée à l’extrême: voilà ce qui, avant tout, rapproche autant le groupe de Toehider. Et ce qui le rend aussi attachant qu'addictif.

 

Avec un album de ce calibre, impossible de dédier un paragraphe aux imperfections et aux quelques réclamations qui pourraient en découler… J’ai cherché pourtant, mais rien de sérieux à vous exposer. Il nous faut donc directement sauter à cet instant de communion presque sensuel où le chroniqueur prend le lecteur par la main pour effectuer avec lui une écoute sélective de l’œuvre (On se fait un petit caprice? Tous… Tous les 2?). Après l’incontournable « King Other », tranche de Cabaret Metal trépidant follement aux frontières du Nawak, il faudra respecter l’ordre de la tracklist et continuer avec « Shadow Self », morceau-univers démarrant comme de la Fusion un peu planante et terminant sur un langoureux ensemble de cordes classiques. « The Body, the Drive, and the Dreamer » plante sa graine dans un Blues Rock en apparence standard, avant de se mettre à développer un groove psychédélique qui, la maîtrise des chœurs développée par Danny aidant, atteint des sommets de divine sensibilité: collez le curseur à 2:22 sur votre lecteur, et laissez le charme agir… Seule les grosses brutasses resteront insensibles à ce genre de caresse! Dernier morceau choisi qu’on ne peut décemment passer sous silence, « Right Now » fait de formidables grands écarts, entre le Toehider fiévreux de « Died of Dancing », Mika (mais oui), et une ambiance générale sunny / funky / psyché dont l’apport en vitamines couvrira aisément vos besoin hebdomadaires en la matière. Alors, elle est pas belle la vie?

 

Dire que cet album a failli ne jamais voir le jour, l’ordi de Danny ayant crashé début 2017, emportant avec lui une œuvre finalisée aux trois quarts après 5 ans de travail acharné! Heureusement le bonhomme a su surmonter l'abattement résultant fatalement d’une telle expérience, et a recommencé le boulot pour nous livrer cette petite merveille… qui n’est à présent plus qu’à un clic de vos oreilles! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: sorti de nulle part (quoiqu'en passant quand même par les Tower Studios), Archetype Asylum est un album de Prog multi-facettes dépassant largement les clichés du genre, fruit d’années d’écriture et d’une pléthore d’influences variées (the man behind the band aime autant Hendrix que Dream Theater, l’Electro que le chant a capella). Si vous aimez Toehider, vous allez forcément craquer pour Exodus to Infinity.

photo de Cglaume
le 17/02/2021

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