Failure - Fantastic planet

Failure - "Fantastic planet"
chronique Failure - Fantastic planet

 

Pour tout ceux qui n’on pas la chance et le bon goût d’avoir lu ma biographie, je suis né dans le début es 80’s mais suis tout de même passé à coté du gros de la scène alternative 90’s si l’on exclue le triumvirat Nirvana / Alice In Chains / Soudgarden (j’ai jamais pu encadrer Pearl jam). Après ce ne fut que partie remise car grâce à la presse spécialisée, aux revivals divers et à certaines rééditions salutaires, j’ai pu tardivement prendre les mandales qui m’étaient dues. Mais dans le sillage des perles hype que sont Tad, Dinosaur Jr, Melvins et autres Mudhoney, j’ai toujours eu la fâcheuse impression d’avoir tout de même raté des trucs… Et je déteste rater des trucs.

 

Ce que j’avais raté (parmi 10000 autres trucs), ça s’appelle Failure et si Dieu existe, il a forcément béni le jour où le testament phonographique du groupe m’est tombé dans les mains, comme ça, par hasard (ou presque). Je sais, je sais, ma subjectivité et moi même y allons sûrement un peu fort mais véritablement peu d’albums de rock au sens large peuvent se targuer d’être à la fois si équilibrés et variés, à la fois si catchy et subtils, à la fois si longs et digestes, à la fois si accessibles et conceptuels. Conceptuel oui puisque Fantastic Planet est intégralement basé sur la planète sauvage de René Laloux (très bon film au passage)… Fait rare, surtout dans un style où le mot d’ordre était souvent de privilégier la sueur et l’urgence sur l’intellectualisation abusive des riffs à trois accords. Pour la petite remarque, et en prévision de la levée de boucliers des puristes, Failure ne sont pas forcément catalogué grunge mais « space rock » justement en raison de leur gros cerveau surement (mais aussi à cause du nombre excessif d’effets utilisés par compo)… C’est d’ailleurs le dénominatif qu’endossera Cave In à ses heures les plus calmes (ces derniers se réclament d’ailleurs pas mal de Failure, tiens tiens).

 

La rondelle se compose donc de 17 pistes (dont trois petites instrumentales) partagées entre tubes gonflés aux guitares viriles, plages planantes et interludes étranges. Oui, c’est très long, très varié mais surtout très inspiré. On commence donc avec un bruit de boite à musique fatiguée qui tourne en boucle puis arrive un Saturday Savior faussement calme et mélancolique puisqu’il débouche sur un refrain pachydermique et carrément mémorable. Chaque titre de ce disque contient en effet au moins un riff démentiel, un arrangement ultime, une idée ultra-pertinente. Clairement, on ne compte pas le nombre de refrains qu’on aimerait voir tourner à l’infini. Concernant le travail en studio, il a du lui aussi être titanesque tant on dénombre de guitares différentes, d’effets imbriqués les uns dans les autres, d’instruments variés et d’arrangements plus subtils qu'un sketch de Pierre Desproges (qu'est ce qu'il vient foutre là dedans lui d'ailleurs?).

 

Au rayon des titres qui auraient pu (et auraient du) marquer les esprits autant qu’un Smell like teen spirit (par exemple), on retrouve donc ce fameux « Saturday Savior » introductif mais aussi « Smoking Umbrella » et son refrain absolument imparable, « Solaris » et sa fin à vous donner envie de fumer un kilo entier de marie-jeanne (en chialant si possible), « Pitiful » et son couplet galopant, « Stuck on you » et son inoubliable gimmick de synthé… et bien sûr ce putain de « Daylight » conclusif tout en lourdeur et en soli noyés de fuzz et de wah wah : le genre de chanson qu’on aimerait ne jamais voir se terminer… JAMAIS.

 

A noter que la pochette est hideuse, que A Perfect Circle a fait une merveilleuse reprise de « the nurse who loved me » et que Paramore en a fait une calamiteuse de « Stuck On You ». Voilà, c’était ma chronique oldie ultra subjective et monomaniaque. J’écoute ce disque en boucle depuis des mois et je vous emmerde.

photo de Swarm
le 06/05/2012

4 COMMENTAIRES

Sam

Sam le 06/05/2012 à 18:41:41

Quel son de basse pour l'époque, quel son...

el gep

el gep le 06/05/2012 à 19:19:44

Tu me mets l'eau à la bouche, c't'échec total m'est inconnu, va falloir que je me penche dessus.

swarm

swarm le 06/05/2012 à 20:33:17

ouais, j'aurais pu écrire au moins 10.000 caractères sur ce putain de son de basse en effet (d'autant plus vrai pour l'album précédent dont la chro est également à venir, héhé !).

Et tu me diras ce que tu en as pensé Gep, je suis curieux.

dropshot

dropshot le 16/12/2018 à 16:17:24

L'injustice du milieu du disque. Cet album contient 8 à 10 tubes pour remplir les stades de l'époque! Même parcours musical que Swarm, même gros loupé sur ce projet californien, et bloqué sur Failure depuis 3 ans. Le dernier LP sorti en 4 Eps est superbe aussi. Un grand groupe de rock, qui me fait penser aux Suisses de Ventura, trop rares eux aussi...

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